Fonds pour les changements climatiques en Afrique

Contexte

La contribution de l’Afrique aux émissions globales de gaz à effet de serre est minime. Pourtant, la combinaison de certains facteurs géographiques et économiques, ainsi que la dépendance à l’égard des ressources naturelles, font de l’Afrique le continent le plus vulnérable face aux effets néfastes des changements climatiques. Cette vulnérabilité compromet le développement du continent et met en péril des millions d’Africains et leurs moyens de subsistance. Selon les estimations actuelles, les effets négatifs des changements climatiques réduisent d’ores et déjà le PIB de l’Afrique de 1,4 % environ, et les coûts induits par l’adaptation aux changements climatiques devraient atteindre 3 % du PIB par an en 2030.

En 2011, la Banque africaine de développement (BAD) a mobilisé, au profit de ses pays membres régionaux (PMR), 596 millions de dollars EU pour des projets d’adaptation et 925 autres millions  pour des projets d’atténuation. Des chiffres, qui, en 2012, ont été portés à 523 millions de dollars EU pour l’adaptation et à 1708 millions pour l’atténuation, faisant ainsi de la BAD la première institution de financement pour le développement à faible émission de carbone sur le continent. Cette évolution a été rendue possible grâce aux instruments de financement climatique créés et/ou administrés par la Banque, à l’instar des fonds d’investissement climatiques (FIC), du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), du Fonds des énergies durables pour l’Afrique (SEFA), de la Facilité africaine de l’eau (FAE) et du Fonds forestier du Bassin du Congo (FFBC). La Banque a déjà accompli d’importantes réalisations en finançant une croissance résiliente aux changements climatiques et à faible émission de carbone dans la région. Cependant, à comparer avec les autres continents, l’Afrique ne bénéficie que d’une maigre part des financements climatiques.

Aussi, dans la droite ligne de sa stratégie décennale 2013-2022, qui vise notamment une transition vers une croissance plus verte, le Conseil d’administration de la Banque a approuvé, en avril 2014, la création du Fonds pour les changements climatiques en Afrique (FCCA). Le FCCA vient compléter les ressources propres de la BAD et les fonds fiduciaires relatifs aux changements climatiques que gère la Banque (SEFA, CBFF, Clim-Dev, etc.). Le FCCA entend accroître les financements climatiques mobilisés au profit d’activités qui tiennent compte des changements climatiques dans les pays africains. Le fonds a ainsi été conçu pour devenir un instrument catalyseur, dont le champ d’action soit suffisamment large pour couvrir une gamme variée d’activités relatives à la résilience climatique et à la croissance à faible émission de carbone.

Présentation et objectifs

Fonds fiduciaire thématique et bilatéral, doté à l’origine de 4,725 millions d’euros octroyés par l’Allemagne, le Fonds pour les changements climatiques en Afrique vise à accompagner les pays africains dans leur transition vers un mode de développement plus résilient aux changements climatiques et à faible émission de carbone. Le FCCA est hébergé et géré par la division de l’environnement et du changement climatique de la Banque africaine de développement. Il est mis en œuvre en collaboration avec d’autres départements de la Banque.

Le FCCA vise spécifiquement à :

  • accompagner les pays  africains, afin qu’ils accèdent à des volumes de financements climatiques plus importants et qu’ils utilisent les fonds alloués de manière plus efficace ;
  • aider les pays africains à tenir compte des  changements climatiques dans leurs stratégies et politiques de croissance, à travers des diagnostics réalisés en amont et une assistance technique qui leur est prodiguée ;
  • faciliter le développement, par les pays africains, de plans d’investissement et de projets résilients aux changements climatiques et à faible émission de carbone ;
  • cofinancer des projets et programmes résilients aux changements climatiques et à faible émission de carbone ;
  • recueillir, consolider, analyser et diffuser les informations et les connaissances relatives au développement résilient aux changements climatiques et à faible émission de carbone ;
  • fournir un renforcement des capacités aux pays africains et aux parties prenantes à l’échelle tant nationale que régionale, en matière de changement climatique et de croissance verte ;
  • aider les pays africains à se préparer aux conférences des parties de la convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique.

Les bénéficiaires

Les bénéficiaires directs du FCCA incluent les gouvernements africains, des ONG, des organismes de recherche et les institutions régionales. La Banque peut également être un bénéficiaire indirect du fonds. L’éligibilité des ONG et des organismes de recherche aux financements du FCCA dépend  – entre autres critères – de leur crédibilité et de leurs résultats en matière de gouvernance financière. Celles-ci doivent également être basées en Afrique.

Champs d’activités éligibles

Le champ d’application du FCCA est suffisamment large pour permettre une gamme variée d’activités, incluant : la préparation de l’accès aux financements climatiques ; l’intégration du changement climatique et de la croissance verte dans les documents stratégiques et/ou les projets ; la préparation et le financement de projets d’adaptation et d’atténuation ; la gestion des connaissances et le partage des informations relatives au changement climatique ; le renforcement des capacités ; la préparation de stratégies et politiques résilientes au changement climatique et à faible émission de carbone ; le travail d’analyse sur la croissance verte ; le plaidoyer et la sensibilisation.

Département technique et responsable
Louise Brown, Coordonnatrice du FCCA