Tenir ses promesses : Tirer profit des ressources naturelles pour accélérer le développement humain en Afrique

À PROPOS DU RAPPORT

Malgré une croissance économique impressionnante ces dernières années, les progrès qu’ont enregistrés de nombreux pays d’Afrique réalisés en matière d’amélioration de la santé, de l’éducation et d’autres acquis sociaux s’avèrent inégaux.

Aussi est-il de plus en plus crucial de financer ces besoins au moyen des ressources nationales. Et la découverte de nouveaux gisements – pétrole, minerais et gaz – offre de nouvelles sources de revenus pour faire progresser le développement humain et soutenir les pays sur la voie de l’autosuffisance.

La plupart des gouvernements africains ont dit leur engagement à orienter les nouveaux revenus tirés des ressources naturelles vers l’amélioration des acquis sociaux et la création d’emplois et d’opportunités d’affaires plus nombreux et de meilleure qualité. Mais plusieurs pays de la région éprouvent des difficultés à augmenter les investissements au niveau approprié. La contribution des industries extractives au développement socio-économique risque donc de rester lettre morte, à moins que les engagements qui ont été pris n’aient une place importante dans leurs programmes nationaux de développement respectifs.

Les décideurs politiques des pays concernés savent qu’ils sont face à des choix difficiles et souvent complexes : trouver un équilibre entre investissements sociaux et besoins dans d’autres secteurs de l’économie ; faire preuve de transparence et savoir gérer les attentes des citoyens ; mais aussi s’assurer que les populations – tant ceux qui travaillent dans les industries extractives, que les autres – en tirent avantage, ainsi que les générations futures.

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A voir l’ampleur des défis, la Banque africaine de développement (BAD) et la Fondation Bill & Melinda Gates ont produit un rapport conjoint, intitulé Tenir ses promesses : tirer profit des ressources naturelles pour accélérer le développement humain en Afrique. Comment gérer les revenus tirés des industries extractives pour faire en sorte qu’ils aient un plus grand impact social Ce rapport apporte sa contribution au débat, une contribution qui se décline en trois grands axes :

  • est fournie une estimation globale de l’ampleur et de l’échéancier des nouveaux revenus que génèrent les industries extractives au Ghana, au Libéria, au Mozambique, en Sierra Leone, en Tanzanie et en Ouganda – six pays qui ont récemment découvert des réserves de pétrole, de gaz ou de minerais. Le rapport montre que, malgré les récentes chutes des prix des matières premières, ces réserves pourraient accroître les revenus des gouvernements de 9 % à 31 %.
  • est proposé un cadre politique à même de financer les secteurs sociaux, d’absorber et gérer les revenus tout en maintenant une stabilité économique, et de créer les règles fiscales appropriées. Le rapport fournit également un aperçu des différents types de programmes de dépenses et leurs points forts respectifs.
  • sont mis en exergue les moyens de tirer parti des dépenses directes des entreprises extractives – ainsi que des passations de marchés, du transfert de compétences et de l’investissement social – tout au long du cycle de vie des projets d’extraction. Ce, pour s’assurer que les avantages dont entreprises et individus en bénéficient permettent, in fine, de faire progresser le développement humain.

Les recherches, les discussions et les consultations menées pour donner forme à ce rapport font ressortir des priorités politiques certaines :

  • définir et s’engager sur des objectifs de développement humain clairs et réalisables, qui soient associés aux revenus tirés des ressources naturelles ;
  • recourir à des canaux multiples pour axer les ressources extractives sur des résultats de développement humain ;
  • faire preuve de réalisme quant à l’échéancier et l’ampleur des nouveaux revenus ainsi obtenus et communiquer autour de ces attentes de manière appropriée ;
  • identifier des priorités en matière de développement humain, ainsi que et les interventions à la fois les meilleures et les plus réalisables, au vu des prévisions de revenus ;
  • gérer les risques macroéconomiques et résister à la tentation de dépenser les revenus avant de les engranger ;
  • tirer profit des investissements du secteur privé sur les sites des projets ;
  • nouer le dialogue avec des entreprises de tous les secteurs économiques.

Documents de référence

Le développement humain et ses liens avec les ressources naturelles

Ce document étudie de quelles façons les projets des industries extractives peuvent contribuer au développement humain. Il y est donc question notamment des dépenses publiques, qu’elles proviennent du gouvernement directement (dépenses consacrées à la santé, à l’éducation ou à la protection sociale) ou indirectement (dépenses consacrées aux infrastructures ou au développement économique). Mais aussi des activités industrielles, un volet important mais parfois négligé. Deux types de dépenses commises par les entreprises extractives peuvent améliorer le développement humain : les dépenses en activités de projets (infrastructures, passation de marchés, emploi) et l’investissement social. Dans les deux cas, l’impact peut être amplifié par des politiques et des pratiques gouvernementales.

L’échelonnement et l’ampleur des recettes générées par les ressources naturelles en Afrique
Ce document évalue l’étendue et l’échéancier des revenus issus des ressources naturelles découvertes récemment dans six pays : Mozambique, Tanzanie, Ghana, Ouganda, Sierra Leone et Libéria. Ces pays ont été choisis car il existe suffisamment de données pour établir des prévisions, et les découvertes ont été faites dans des secteurs dans pour lesquels ces pays n’ont pas encore élaboré de cadre politique – d’où l’opportunité d’axer ces ressources sur le développement humain., Les nouveaux revenus devraient être importants, mais pas de nature à transformer les choses, selon les prévisions – +2 % du PIB en Tanzanie à +6 % au Libéria sur les dix premières années de production.

Recettes générées par les ressources naturelles et choix en matière de politique macroéconomique
Ce document explore les choix en matière de politique fiscale qui détermineront l’impact des revenus tirés des nouvelles ressources naturelles sur l’ensemble de l’économie – et, à long terme, sur le développement humain. Ces choix portent notamment sur la décision de générer ou pas les revenus prévus en recourant à des emprunts ; sur la façon d’équilibrer dépenses et épargne concernant les revenus tirés des ressources naturelles, de sorte d’éviter de dépasser la capacité d’absorption de l’économie et de risquer le « syndrome hollandais » ; sur l’opportunité d’épargner par le biais des réserves des banques centrales ou d’un fonds souverain ; et sur la façon d’équilibrer investissements et dépenses de consommation, en procédant à une évaluation de projets solides, qui tiennent compte des activités ultérieures et des frais d’entretien.

Comment utiliser les recettes des ressources naturelles pour améliorer la santé et l’éducation en Afrique ?
Il est démontré ici qu’il faut investir les revenus tirés des nouvelles ressources naturelles dans la santé et l’éducation. Les faits avèrent que ces investissements ont de fortes retombées économiques, et la plupart des gouvernements ont inscrit leurs ambitions dans leurs plans nationaux de développement. Ce document compare les prévisions (par rapport au document précédent) sur l’ampleur et l’échéancier probables des revenus tirés des ressources naturelles au Mozambique, en Tanzanie, au Ghana, en Ouganda, en Sierra Leone et au Libéria. Et il fournit l’estimation des déficits de financement dans les secteurs de la santé et de l’éducation, tout en montrant que l’on pourrait les combler en partie. . Il offre également un cadre de réflexion sur les choix à opérer en fonction du contexte respectif de chaque pays.

Comment utiliser les recettes générées par les ressources naturelles pour stimuler la demande de services publics par le biais de la protection sociale ?
Sont examinées les possibilités d’allouer une partie des revenus tirés des nouvelles ressources naturelles à la création ou l’élargissement de programmes de protection sociale non contributive, notamment ceux de transferts d’argent. De tels programmes peuvent favoriser le développement humain en luttant contre la pauvreté et en stimulant une croissance économique inclusive. Le document explore les spécificités de la conception des programmes de transferts monétaires qui s’attaquent aux obstacles liés à la demande, qui restreignent l’accès aux services de santé et d’éducation. Il compare également les prévisions (par rapport au document ci-dessus, intitulé « Recettes générées par les ressources naturelles et choix en matière de politique macroéconomique ») sur l’ampleur et l’échéancier probables des revenus tirés des ressources naturelles au Mozambique, en Tanzanie, au Ghana, en Ouganda, en Sierra Leone et au Libéria, avec le coût d’un ensemble de prestations de protection sociale de base.

Mettre l’accent sur le contenu local pour le développement humain des pays africains riches en ressources naturelles
De quelles façons les gouvernements peuvent-ils tirer profit des dépenses des entreprises extractives pour stimuler le développement économique à travers des politiques de « contenu local » ? Tel est l’objet d’étude de ce rapport. Ces politiques visent à élargir les avantages – pour les entreprises et la main-d’œuvre locales –, tirés des dépenses de projets consacrées à l’emploi, à la passation des marchés et aux infrastructures. Des études montrent que les exigences de contenu local sont souvent inefficaces sur le plan économique et qu’il serait plus utile sans doute de s’attacher à créer un environnement favorable – travailler avec les entreprises extractives pour identifier les besoins futurs, analyser les lacunes existantes et tenter de les combler ces lacunes par la formation et le renforcement des capacités (en aidant, par exemple, les entreprises locales à comprendre les procédures de passation de marchés et à respecter les normes internationales de qualité).

Mobilisation des industries extractives pour le développement de compétences, pour maximiser une croissance et des emplois durables
Ce document examine en quoi les projets des industries extractives peuvent contribuer au développement des compétences. Alors que certaines compétences que ces projets exigent sont très spécialisées, d’autres – comme la gestion de projets, la comptabilité, l’ingénierie et la construction – sont largement répandues. Si la population locale peut être formée à ces qualifications, l’embaucher et la capacité qu’elle aura par la suite mettre ces compétences au service d’autres secteurs profiteront à l’économie locale. L’industrie pourra elle aussi en bénéficier, car la main-d’œuvre locale peut être moins coûteuse que la main-d’œuvre internationale. Le document se penche sur les opportunités qu’ont les gouvernements de travailler avec l’industrie au développement des compétences.

Les industries extractives et l’investissement social : principes pour un développement durable et mesures d’appui
Ce document se concentre sur les investissements sociaux que font souvent les entreprises extractives dans les localités touchées par des activités de projets et qui visent à obtenir le « permis social d’exploitation » de l’entreprise. Bien que ces investissements ne représentent en général qu’environ 1 % des dépenses totales des projets, leur impact peut être considérable sur le développement humain. Le document met en exergue l’importance du développement durable, de la participation et de l’inclusivité. S’aligner sur les plans gouvernementaux est également crucial : les entreprises pourraient, par exemple, s’engager à construire des écoles ou des hôpitaux si le gouvernement s’engage à couvrir les frais récurrents ; ou le gouvernement pourrait assouplir la réglementation pour favoriser l’investissement social ciblant le développement des petites entreprises locales.


Contacts

Banque africaine de développement

Pietro Toigo, macro-économiste en chef
Centre africain des ressources naturelles
P.toigo@afdb.org

Fondation Bill & Melinda Gates

Rodrigo Salvado, Agent principal du programme,
Rodrigo.Salvado@gatesfoundation.org

Jessica Brinton, chargée adjointe de la sensibilisation politique,
Jessica.Brinton@gatesfoundation.org

Pour toute requête média : media@gatesfoundation.org