Fonds pour la santé en Afrique

L’IFC, institution membre du Groupe de la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), la Bill & Melinda Gates Foundation et  l’institution allemande DEG pour le financement du développement (Deutsche Investitions-und Entwicklungsgesellschaft mbH) ont annoncé le 4 juin 2009 la création d’un nouveau fonds de participation privé qui investira dans le secteur de la santé en Afrique.

Le Fonds pour la santé en Afrique administré par Aureos Capital  investira dans de petites et moyennes entreprises d’Afrique subsaharienne, les dispensaires et centres de diagnostic par exemple ; le but visé est de faciliter l’accès des populations africaines à faible revenu à des services de santé abordables et de qualité. L’évaluation du fonds se mesurera non seulement à l’aune de ses résultats financiers, mais aussi au regard de sa capacité d’aider les entreprises qui se mettent au service des pauvres.

Le Fonds pour la santé en Afrique contribuera à faciliter la mise en œuvre de recommandations clés émanant du rapport historique de l’IFC intitulé Investir dans la santé en Afrique – Le secteur privé : un partenaire pour améliorer les conditions de vie des populations. Il ressort de ce rapport que le secteur privé participe déjà pour près de 50 % à la quasi-totalité des prestations de services et fournitures de biens liées à la santé en Afrique et que l’accroissement de l’investissement dans les entreprises privées du secteur santé pourrait avoir, pour les Africains qui perçoivent des revenus faibles,  des avantages considérables au plan de l’économie et de la santé.

Le fonds ciblera des engagements de 100 à 120 millions de dollars en deux étapes de clôture. Le montant correspondant à la première date de clôture actuelle s’élève à 57 millions de dollars provenant respectivement de l’IFC (20 millions de dollars), la Banque africaine de développement (20 millions de dollars), la Bill and Gates Foundation (7 millions de dollars) et la DEG (10 millions de dollars). La date de la clôture finale interviendra dans un an.

« C’est une excellente occasion de fournir des prestations de santé là où on en a besoin, » affirme M. Lars Thunell, vice-président exécutif et directeur général de l’IFC. « Le Fonds  pour la santé en Afrique est une composante clé de la stratégie de l’IFC pour le secteur santé en Afrique, dont le coût se chiffre à un milliard de dollars ; elle couvre à la fois l’amélioration du cadre d’activité des entreprises et la mise à disposition de financements ».

Le fonds effectuera des investissements à long terme sous forme de prises de participation et de quasi-participations dans des entreprises privées citoyennes et financièrement viables du secteur santé, afin de promouvoir les sociétés promises au succès, de faire profiter à d’autres régions les modèles de gestion ayant fait leur preuve, et d’ identifier les domaines en proie à des carences fondamentales et y investir.

M. Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement, fait remarquer : « Le Fonds  pour la santé en Afrique devrait connaître une forte croissance en dépit du ralentissement de l’économie mondiale ; et nous sommes déterminés à appuyer cette initiative historique. »

Le fonds investira dans une large gamme d’entreprises prestataires de services de santé  (dispensaires, hôpitaux, centres de diagnostic et laboratoires), d’instruments de partage des risques et de financement (organismes de gestion des services de santé, compagnies d’assurance), d’entités spécialisées dans la distribution et les services de détail (services de consultation ophtalmologique, chaînes de pharmacies, sociétés de logistique), d’entreprises de fabrication de produits pharmaceutiques et paramédicaux, ainsi que dans l’éducation médicale et la prestation de services de formation médicale.

« Pour lutter contre les maladies et sauver des vies en Afrique subsaharienne, il est important d’améliorer les possibilités offertes aux pauvres en termes de soins de santé, aussi bien dans le public que le privé, » déclare M. Tachi Yamada, Président du programme mondial pour la santé de la Bill & Melinda Gates Foundation. « Dans la mesure où de nombreux Africains à faible revenu ont déjà recours au secteur privé pour leurs soins, le fonds contribuera à améliorer la qualité et la quantité de ces soins, tout en appuyant directement les économies locales ».

M. Winfried Polte, président du Conseil de direction de DEG de renchérir : « Nous sommes fiers de soutenir une initiative qui permet de lancer des méthodes d’approches novatrices pour faire face aux défis posés par la santé en Afrique ; une action qui pourrait aider à réduire la pauvreté ».

Le fonds prévoit d’effectuer une trentaine d’investissements de 250 000 à 5 millions de dollars. S’il est vrai que les opportunités d’investissement viable émanant de l’ensemble du continent seront envisagées, la priorité ira aux pays suivants : Côte d’Ivoire, Ghana, Kenya, Nigéria, Ouganda, Sénégal, Tanzanie.  Ensuite devraient suivre l’Afrique du Sud, l’Angola, le Burundi, l’Éthiopie, le Mozambique, la République démocratique du Congo, le Rwanda et la Zambie.

« Aureos se réjouit d’administrer un fonds de participation privé centré sur la promotion de l’accès à des services financiers et commerciaux par des PME du secteur santé en Afrique, » observe Sev Vettivetpillai, directeur général d’Aureos Advisers Limited. Et d’ajouter que le gérant de fonds apportera des services à valeur ajoutée aux entreprises bénéficiaires d’investissements, notamment l’aide à la gestion des activités liées au VIH/SIDA, la promotion des entreprises, le contrôle de la qualité, le marketing, le gouvernement d’entreprise et l’aide à l’exploitation.

Le Fonds pour la santé en Afrique fait partie de l’initiative de l’IFC pour la santé en Afrique au titre de laquelle la Société entend mobiliser jusqu’à un milliard de dollars en services d’investissement et de conseil sur une période de cinq ans, par suite de la publication en 2007 de son rapport intitulé Investir dans la santé en Afrique. L’axe central de ce rapport a trait aux voies et moyens d’améliorer les conditions de vie des populations en nouant des partenariats avec le secteur privé. En plus de l’instrument de prise de participation, l’IFC procède à l’amélioration de l’accès au financement durable pour les microentreprises opérant dans le secteur par le biais d’intermédiaires financiers locaux. De concert avec la Banque mondiale et d’autres partenaires, l’IFC collabore avec les gouvernements pour les aider à mieux tirer parti du secteur privé pour atteindre leurs objectifs nationaux dans le domaine de la santé. L’IFC prépare actuellement le premier rapport biennal sur le climat de l’investissement dans le secteur de la santé en Afrique.

Membre du Groupe de la Banque mondiale, l’IFC se donne de fournir aux individus la possibilité d’échapper à la pauvreté et d’améliorer leurs conditions de vie. Elle s’emploie pour cela à promouvoir une croissance économique durable dans les pays en développement, en finançant des investissements dans le secteur privé, en mobilisant des capitaux privés et en fournissant des services de conseil et d’atténuation des risques aux entreprises et aux gouvernements. Ses nouveaux investissements pour l’exercice 08 se sont chiffrés au total à 16,2 milliards de dollars, ce qui représente une progression de 34 % sur l’exercice précédent.

Membre du groupe bancaire KfW Bankengruppe, la DEG est l’une des  plus grandes institutions européennes de financement du développement. Elle investit dans des projets rentables qui contribuent au développement durable dans tous les secteurs économiques, de l’agroindustrie à l’infrastructure en passant par le secteur manufacturier et les services. L’objectif visé par la DEG est de contribuer à créer et promouvoir des entreprises privées dans les pays en développement et les pays émergents et, de cette manière, jeter les bases d’une croissance économique durable et contribuer à améliorer les conditions de vie des populations locales à long terme. En 2008, la DEG a investi environ 1,22 milliard d’euros, soit quelque 1,6 % de plus que l’année précédente.

Aureos Capital Ltd. est une société de gestion de fonds de participation privé spécialisée dans la mise à disposition de financements pour l’expansion ou le rachat, en particulier par les petites et moyennes entreprises en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Depuis sa création en 2001, Aureos a augmenté les fonds qu’elle administre à plus d’un milliard de dollars et mis en place 15 fonds régionaux de participation privés. La société a élargi sont aire géographique d’activité à plus de 50 marchés émergents en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Au nombre de ceux qui investissent dans les fonds d’Aureos figurent des investisseurs institutionnels, des institutions bilatérales et multilatérales de financement du développement, des caisses de retraite, des fonds souverains, des fonds de fonds, des fondations et des individus très fortunés.