Pays à revenu intermédiaire
Treize pays membres régionaux (PMR) sont considérés comme pays à revenu intermédiaire (PRI). Toutefois, il existe d’importantes disparités entre ces pays en ce qui concerne le niveau de développement économique, tel que mesuré, entre autres indicateurs, par le revenu par habitant, la compétitivité économique, le développement du secteur privé et le niveau d’intégration dans l’économie mondiale. Il existe également des différences liées au niveau de développement du marché financier et à la facilité de la pratique des affaires dans le pays. Ces divergences expliquent les importants écarts et inégalités de revenu, ainsi que les différences de niveaux de pauvreté, de flux d’investissement et de performance en termes de croissance.
Les niveaux des PRI présentent des intervalles étendues, les Seychelles ayant affiché le revenu par habitant le plus élevé en 2005, soit 8 180 dollars EU, tandis que celui de l’Égypte s’établissait à 1 260 dollars EU. Le revenu par habitant pour quatre autres pays, à savoir le Botswana, le Gabon, la Libye et Maurice oscillait entre 5 000 dollars EU et 6 000 dollars EU. Quant à l’Afrique du Sud et la Tunisie, elles ont enregistré des niveaux de revenu par habitant de 4 700 dollars EU et 2 800 dollars EU, respectivement.
En ce qui concerne la compétitivité au plan mondial, la Tunisie se classait au premier rang (4,7), selon l’étude 2006. Elle était suivie de l’Afrique du Sud (4,4) et de Maurice (4,2) ; Les autres pays qui ont obtenu une note d’au moins 4 points pour l’indice sont l’Égypte (4,1) et le Maroc (4,0). En ce qui concerne la diversification de l’économie, une fois de plus, le Maroc se classait en tête, avec un indice de diversification des exportations de
36,2, suivie de la Tunisie (31) de l’Égypte (29,3) et de l’Afrique du Sud (27,7). Parmi les autres pays dont les notes étaient élevées figurent le Swaziland (15,7) et Maurice (11,8). Les PRI présentent des différences également en ce qui concerne la facilité de la pratique des affaires au niveau national. Dans cette catégorie, l’Afrique du Sud occupe le premier rang, se classant au 29e rang sur 175 pays. Elle est suivie de Maurice (32e), de la Namibie (42e) et du Botswana (48e). Le Swaziland et la Tunisie se classent aux 76e et 80e rangs, respectivement.
S’agissant de l’importance du secteur privé (mesuré en fonction des créances du système bancaire sur le secteur), Maurice et l’Afrique du Sud se classaient en tête du groupe, avec plus de 70 %, tandis que la Guinée équatoriale, la Libye et le Gabon se trouvaient en bas de l’échelle, avec moins de 10 %. En ce qui concerne l’intégration dans l’économie mondiale, mesurée à l’aune du volume total du commerce extérieur, les Seychelles caracolaient en tête du groupe, avec plus de 250 % du PIB, suivies du Swaziland avec 166 % du PIB, tandis que l’Afrique du Sud et l’Égypte se retrouvaient en queue de peloton, avec chacun 65 % du PIB. Enfin, pour ce qui concerne l’intégration dans l’économie mondiale, mesurée en fonction du volume de l’investissement direct étranger, la Guinée équatoriale est en tête du groupe avec 25 % du PIB, suivie des Seychelles avec 11 % du PIB, tandis que la Libye, Maurice et le Swaziland fermaient la marche avec moins de 1 % du PIB (ce dernier enregistrant même une sortie nette d’investissements).
Les défis du développement des PRI
En dépit de leur statut de PRI, ces pays sont confrontés à nombre des problèmes que connaissent les pays à faible revenu (PFR), notamment la faiblesse du taux de croissance et le niveau élevé du taux de chômage ; la vulnérabilité aux chocs extérieurs ; et la faible intégration dans l’économie mondiale. Les indicateurs des PRI en ce qui concerne le niveau de développement humain, en particulier le taux de pauvreté et le pourcentage de la population n’ayant pas accès aux opportunités, laissent à désirer, ce qui hypothèque leurs chances d’atteindre les objectifs de développement du millénaire (ODM). Ces questions appellent des réponses positives de la part des partenaires au développement et il y a lieu d’attirer les PRI, notamment vers la Banque, qui est disposée à les aider à pallier leurs faiblesses.
Les PRI qui bénéficient de flux financiers et de retombées importants, notamment ceux liés à l’envolée des cours des produits de base dans les industries extractives, ont besoin de soutien pour faire face aux importantes fluctuations de niveaux de ressources. La plupart des PRI africains demeurent vulnérables aux chocs extérieurs et intérieurs dus à des facteurs tels que le faible niveau de diversification des produits/marchés d’exportation et les aléas climatiques.
Les PRI connaissent des obstacles à la « pratique des affaires » et à la création d’un cadre d’investissement propice pour le secteur privé. Ceux-ci se présentent sous forme d’une faible application des normes juridiques et d’importantes lacunes en matière de gouvernance d’entreprise ; d’un régime foncier et de droits de propriété mal définis ; d’un faible niveau de développement du marché financier ; de l’inefficacité de la mise en oeuvre des règles en matière de protection de l’environnement ; et de l’inefficacité des processus commerciaux.
Vision du Groupe de la BAD
La stratégie de la BAD vise à faire de la Banque un partenaire privilégié des PRI, compte tenu de ses produits financiers et de son avantage comparatif en ce qui concerne la connaissance et l’expérience du pays. Pour ce faire, elle doit redéfinir le rôle de l’institution en ce qui concerne les PRI, en mettant l’accent sur les mesures nécessaires pour assurer une croissance et une réduction de la pauvreté durables. La stratégie doit prendre en compte également les défis de développement auxquels la Banque doit faire face dans les pays qui ont acquis le statut de PRI, mais demeurent confrontés à certains problèmes spécifiques aux PFR, ainsi que les différents défis entre et au sein des PRI, en particulier en ce qui concerne les différences de niveaux de développement et les inégalités.
Cette nouvelle approche des PRI, qui est alignée sur la stratégie de la Banque pour le développement du secteur privé, vise les objectifs suivants :
- Accroître la compétitivité des PRI en soutenant le développement de l’infrastructure;
- Intensifier les investissements et les transactions du secteur privé servant de catalyseurs en assurant l’interface entre investissements publics et privés, par la promotion de l’investissement direct et des prises de participation, et en nouant le dialogue avec des entreprises privées, des institutions financières et des entreprises d’État ;
- Stimuler l’investissement et le commerce à l’échelle régionale en appuyant les partenariats entre PRI et pays FAD voisins, par le biais d’opérations faisant appel aux partenariats public-privé (PPP) ;
- Intensifier les efforts de renforcement des capacités et de promotion du savoir, par l’investissement dans les secteurs productifs ; et
- Diffuser les meilleures pratiques auprès des acteurs du développement pour renforcer la gestion et les capacités institutionnelles.
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