La BAD et les transferts d’argent des migrants africains

Voilà plusieurs années déjà que la BAD a décidé de s’emparer des enjeux que recouvre la question des transferts d’argent des migrants.

L’initiative Migration et développement de la Banque africaine de développement couvre un large éventail de publications, de rapports, d’ateliers de diffusion du savoir publiés ou organisés par les différents départements de la banque.

Les principales initiatives sont résumées dans cette section.

L’étude « Migrations et développement, un enjeu de développement » (2007-2008)

Il s’agit de la première étude du genre, sur les transferts de fonds des migrants en direction de quatre pays représentés en France par une diaspora importante : les Comores, le Mali, le Maroc et le Sénégal. L’étude a permis de mieux approcher les volumes transférés, d’identifier les canaux de transferts de ces fonds et d’améliorer la connaissance des logiques qui fondent leur utilisation. Elle a ainsi montré le rôle potentiellement important de ces ressources au service du développement, à travers le renforcement de l’investissement dans les pays africains concernés.

A la suite des conclusions de cette étude, en janvier 2008, un groupe d’action comprenant la France, la BAD, le Fida (Fonds international de développement agricole) et la BEI (Banque européenne d’investissement) a été créé pour la mise en œuvre des recommandations de l’étude.

Le Groupe a retenu le thème des cadres réglementaires et des produits financiers innovants comme une priorité pour les actions à entreprendre et a choisi les régions du Maghreb et de la Zone Franc pour débuter ses travaux.

Création en 2009 du Fonds Migration et développement

En 2009, la Banque africaine de développement héberge le fonds fiduciaire multidonateurs Migration et développement, en appui à son initiative « Migration et développement ».

Initiative conjointe de la BAD et de la France, le Fonds a pour objectif de financer des actions permettant de contribuer : à l’amélioration des connaissances sur les transferts des fonds des migrants en Afrique ; à l’accompagnement des réformes des cadres règlementaires nécessaires à l’amélioration des conditions de transfert ; au développement de produits financiers susceptibles de répondre aux attentes des migrants ; enfin, à l’appui aux initiatives des migrants en matière d’investissement productif et de développement local dans leur pays d’origine.

En ce sens, il s’inscrit en parfaite harmonie avec les recommandations du G20 en matière de réduction du coût des transferts et de promotion de l’inclusion financière.

Les donateurs initiaux en sont la France (6 millions d’euros) et le Fida (200 000 dollars).

Renforcement des capacités des opérateurs de transfert de fonds, 2009

Toujours en 2009, la BAD lance et organise un programme de renforcement des capacités des opérateurs du secteur des transferts d’argent dans les pays du Maghreb central et de la zone franc.

A travers Epargne Sans Frontière, la Banque africaine de développement a engagé une première phase d'activité en 2009 pour dresser un état des lieux dans les régions africaines du Maghreb et de la zone franc.

Deux ateliers d'échanges ont été organisés à Casablanca, le 16 novembre 2009, et à Bamako, le 19 novembre 2009, auxquels ont été conviés les opérateurs financiers (banques, sociétés de transfert, institutions de microfinance), des opérateurs télécom et les régulateurs de ces deux régions. Ces ateliers multi acteurs ont permis de partager les expériences et de tester les premières pistes d'intervention, et d'identifier ainsi les limites (tant technologiques, financières ou législatives) à une amélioration des transferts et de leur utilisation productive (épargne, assurance, crédits).

Le résumé analytique de l’étude « Réduire les coûts des transferts d’argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement : outils et produits financiers pour le Maghreb et la zone franc » a ainsi pour vocation de poursuivre la réflexion et les échanges.

Qu’il s’agisse d’acteurs, de services, d’outils ou de nouvelles technologies…, il préconise d’explorer cinq pistes pour étoffer et renforcer l’offre en produits bancaires et non bancaires, et favoriser la baisse des coûts des transferts d’argent et favoriser le développement.

Atelier sur la diaspora pendant les Assemblées annuelles de 2010

Pendant ses Assemblées annuelles 2010 tenues à Abidjan en Côte d’Ivoire, l’unité des Etats fragiles de la BAD a organisé un atelier sur le thème «Mobiliser la diaspora africaine pour le renforcement des capacités et pour le développement, notamment dans les États fragiles».

Les experts ont partagé leurs expériences sur la mobilisation de leur diaspora au cours de la période 1950-1960 voire aujourd'hui encore, pour le développement de leur pays. Selon les témoignages, la diaspora joue un rôle clé dans la construction de certains pays. En ce qui concerne la Corée du Sud, par exemple, la diaspora coréenne au Japon et aux États-Unis a joué un rôle clé dans l'industrialisation du pays. C'est un bon exemple pour les États fragiles qui sont à la recherche de l'équilibre économique et financier.

Tendances économiques – Les émissions obligataires Diaspora ou la titrisation des transferts d’argent des migrants au service du développement de l’Afrique – 2010

En décembre 2010, le département de la recherche de la BAD a publié, dans on bulletin périodique « Tendances économiques » un article de recherche intitulé « Les émissions obligataires Diaspora ou la titrisation des transferts d’argent des migrants au service du développement de l’Afrique » (“Diaspora Bonds and Securitization of Remittances for Africa’s Development”).

Selon le rapport, l'Afrique, et plus particulièrement l'Afrique subsaharienne, reste moins diversifiée dans ses flux de ressources extérieures, et dépend de l'aide au développement (APD) pour financer l'investissement public. Un financement innovant est crucial afin d'améliorer l'efficacité des flux de ressources externes et d’en atténuer la volatilité – un trait caractéristique des sources traditionnelles, y compris l'APD.

«Les envois de fonds vers l'Afrique sont estimés autour de 37 milliards de dollars en 2010, marquant un bond significatif par rapport à leur niveau de 1995 (un peu moins que 10 milliards de dollars) et ont dépassé l'APD. Ce chiffre est considérablement sous-estimé en raison de la prévalence des circuits informels de transferts de fonds. La réduction des coûts de remise ainsi qu’une transparence accrue dans les transactions bancaires pourraient augmenter les transferts officiels d'environ 3 milliards de dollars chaque année au-delà de la tendance», note le rapport.

Sur la présomption que la titrisation des flux futurs des transferts de fonds peuvent générer un plus à gagner de 2 milliards de dollars chaque année pour les pays africains, le rapport a mis en évidence l'énorme potentiel des émissions obligataires estampillées Diaspora: «Historiquement, les émissions Diaspora ont largement contribué à renflouer les pays en temps de crise, voire, dans certains cas, à financer d’importantes initiatives de développement. Par nature, les émissions Diaspora sont souvent à long terme, avec rachat seulement après maturité, et coûtent relativement moins cher à l'émetteur. Il n’existe guère d’expérience en Afrique dans l'exploitation des bons de la diaspora, mais le potentiel est énorme. L’on estime que près de 10 milliards de dollars pourraient être recueillis levés chaque année rien qu’avec le seul argent de la diaspora.»

Le rôle de la diaspora dans la construction de la nation: Leçons à tirer par les États fragiles et les États sortant de conflits en Afrique, rapport, 2011

En 2011, l’unité des Etats fragiles de la BAD a publié un rapport phare sur le rôle de la diaspora dans les Etats fragiles.

La construction de l’État dans un environnement post-crise ou post-conflit exige que des mesures urgentes soient prises dans le processus de reconstruction, de réhabilitation et de croissance économique de la nation. Sur cette toile de fond se détache la volonté de plus en plus affirmée des gouvernements africains de reconnaître l’importance du rôle de leurs citoyens résidant à l’étranger ou « la nouvelle diaspora africaine » dans le développement national et régional.

Étant donné que la diaspora peut jouer un rôle important dans la relance et la reconstruction des États fragiles, la présente étude tente de tirer des enseignements de l’expérience accumulée par les pays tant au niveau régional que mondial sur la manière de mobiliser la participation de la diaspora aux efforts de renforcement des capacités institutionnelles nationales ; elle vise à orienter l’aide que la Banque peut apporter à la mise en œuvre, dans les pays concernés, de structures nationales à même de consolider la gouvernance et promouvoir la reconstruction et le développement durable.

L'étude constate que, à l’heure où plusieurs pays africains et leurs partenaires au développement, y compris la Banque africaine de développement, ont commencé à faire des efforts pour exploiter les contributions de la diaspora dans le développement, les projets existants sont toujours de nature ad hoc et qu’il n'y a pas de bonnes normes régionales pour guider ces activités ou intégrer les contributions de la diaspora dans les stratégies nationales de réduction de la pauvreté ou d'autres cadres. Beaucoup plus pourrait être entrepris pour gérer les contributions des émigrés africains en vue d’atteindre des changements perceptibles  dans le développement national et régional.

La Chine, la Corée, et l’Inde figurent parmi les pays qui ont montré comment les apports de la diaspora peuvent contribuer de manière significative à transformer les économies nationales. Les approches adoptées par ces nations asiatiques se déclinent comme des initiatives pilotées par les pays et fondées sur des objectifs partagés entre le gouvernement et la diaspora, tout en étant sous-tendues par une batterie exhaustive de politiques, de structures administratives et de mesures incitatives visant à mettre en place un environnement propice à la mobilisation des ressources de la diaspora (expertise, investissements, esprit d’entreprise et réseaux professionnels) autour de solides piliers de croissance.

La diaspora ne doit pas être considérée seulement comme une source de financement, mais comme des partenaires au développement. Il y a donc lieu d’établir de toute urgence des liens plus solides entre les pays africains et la diaspora africaine.

Les recommandations de l’étude portent notamment sur les idées suivantes :

  • La BAD peut apporter un appui technique et financier aux PMR désireux de mettre en place un environnement favorable à la mobilisation des ressources de la diaspora en élaborant des structures et mécanismes efficaces de transition économique ;
  • Il faut des stratégies globales au lieu de projets ad hoc ;
  • La BAD peut utiliser ses instruments de garantie des investissements pour stimuler la participation financière de la diaspora au développement de l’entreprise et à la croissance du secteur privé dans la région ;
  • Groupe de travail de la BAD sur les obligations de la diaspora : La Banque (notamment le Département de la trésorerie) et d’autres partenaires au développent des PMR envisagent d’émettre des obligations Diaspora ;
  • Des experts hautement qualifiés de la diaspora pourraient être recrutés sans qu’il soit nécessaire de les relocaliser physiquement, en les considérant comme des réseaux plutôt que des entités individuelles et en leur permettant d’assurer des prestations de services par interaction virtuelle.

Rapport phare de la BAD et de la Banque mondiale « Optimisation du phénomène migratoire pour l’Afrique : Envois de fonds, compétences et investissements » – 2011

En mars 2011, la Banque africaine de développement et la Banque mondiale ont lancé un rapport phare intitulé « Optimisation du phénomène migratoire pour l’Afrique : Envois de fonds, compétences et investissements ».

Les migrations donnent à l’Afrique la possibilité de gagner sur les deux tableaux, indique le rapport. Se fondant sur les données tirées d’une nouvelle série d’enquêtes, le rapport fait ressortir des éléments qui laissent penser que migrations et envois de fonds se traduisent par une baisse des niveaux de pauvreté dans les communautés d’origine. Pour les pays du continent, les envois effectués par leurs expatriés aboutissent à un surcroît d’investissements en matière de santé, d’éducation et de logement, et leurs diasporas sont également sources de capitaux, d’échanges commerciaux ou de savoir, et de transferts de technologies.

Les quelque 30 millions d’Africains qui vivent aujourd’hui à l’étranger constituent une ressource vitale pour le continent, mais les responsables africains doivent encore faire plus pour tirer tous les avantages économiques de ce phénomène de migration, constate le rapport.

Le rapport indique que les rentrées d’envois de fonds en Afrique ont quadruplé au cours des 20 dernières années (depuis 1990), en atteignant environ 40 milliards de dollars (2,6 % du PIB) en 2010. Ces envois constituent pour le continent la source la plus importante de recettes étrangères après les investissements directs étrangers.

La réception de ces envois de fonds présente des avantages importants pour les pays d’origine des émigrants. Au niveau macro-économique, les envois de fonds ont tendance à devenir plus stables que les autres sources de devises étrangères. Leurs variations sont souvent contracycliques, ce qui aide à maintenir la consommation et les investissements lors d’un ralentissement économique et ils améliorent la solvabilité souveraine en augmentant le niveau et la stabilité des rentrées de devises.

Au niveau micro-économique, les études par pays et les analyses géographiques ont montré que les envois de fonds réduisent la pauvreté. Ils encouragent aussi des dépenses de santé et d’éducation en raison de l’accroissement du revenu des ménages et, selon certaines études, une partie plus importante des envois de fonds est dévolue à ces services par rapport aux autres sources de revenus. De plus, les envois de fonds fournissent une assurance contre les chocs négatifs en diversifiant les sources de revenus des ménages. Par exemple une étude récente montre que les ménages éthiopiens bénéficiaires d’envois de fonds internationaux étaient moins susceptibles que les autres ménages de vendre leurs biens productifs, comme du bétail, pour faire face aux pénuries alimentaires.

La migration internationale présente un potentiel énorme d’amélioration du développement et du bien-être dans les pays d’origine. Les gouvernements africains peuvent jouer un rôle significatif en sécurisant les bénéfices de la migration par le renfort des liens avec les diasporas, en améliorant la compétition sur les marchés d’envois de fonds, en concevant des politiques de l’éducation conformes aux défis entourant l’émigration de personnes hautement qualifiées et en fournissant informations et protection aux travailleurs émigrés. Les ressources

fiscales et techniques limitées des pays africains d’origine limitent cependant l’efficacité de telles politiques et réduisent les apports de la migration tout en exposant les migrants à de graves risques. Les gouvernements africains font aussi face à des difficultés significatives dans la gestion de l’immigration, ce qui peut engendrer du ressentiment et conduire à des politiques répressives, comme des expulsions en masse qui imposent des coûts élevés aux migrants et désorganisent les économies africaines.

L’Afrique est un continent composé de multiples petits pays, ce qui crée des pressions significatives sur la migration internationale. La population de l’Afrique est inférieure à celle de l’Inde, cependant les flux migratoires au sein de l’Afrique ne peuvent pas se réaliser sans un cadre politique et juridique commun. Ce problème suppose des défis politiques non négligeables pour les gouvernements et des coûts plus élevés pour les migrants qui font face à des systèmes juridiques et réglementaires différents, à des coûts plus élevés des envois de fonds et à des risques liés à une migration irrégulière.

Des efforts substantiels sont nécessaires pour réduire les coûts et les risques encourus par les migrants africains et améliorer les avantages offerts par la migration au pays de la région.

Tendances économiques: “Tirer parti des capacités humaines et le financement par la diaspora”, décembre 2011

En décembre 2011, le département de la recherche de la Banque africaine de développement a publié dans son bulletin «Africa Capacity Development Brief» un papier de recherche intitulé « Tirer parti des capacités humaines et le financement de la diaspora: quelles politiques migratoires pour l'Afrique au XXIe siècle?"

Selon l’étude, «l'émigration des Africains est au centre d'un dilemme: les gouvernements africains devraient-ils encourager, en réponse au déficit de financement du développement, l'émigration pour augmenter les transferts de fonds attendus de la diaspora? Ou devraient-ils mettre en place des politiques pour inverser la fuite des cerveaux pour réduire le déficit chronique des capacités humaines? Comment doivent-ils trouver un équilibre entre les deux objectifs?

En effet, l'Afrique perd plus de 70.000 professionnels qualifiés chaque année à cause de l'émigration, ce qui entraîne un énorme déficit des capacités humaines dans le continent.

Dans le même temps, les envois de fonds de la diaspora de l'Afrique ont augmenté de 260% au cours de la dernière décennie, passant de 11,2 milliards USD en 2000 à près de 40 milliards de dollars USD 2010.

L’article se penche sur ce dilemme et fait des recommandations quant à la mobilisation des émigrés pour le développement de leurs pays d'origine.

Dans sa conclusion, l’article indique que la plupart des Africains de la diaspora ont à la fois la capacité et la volonté de prendre part de façon significative dans le développement économique, social et politique du continent. Ils ont trois caractéristiques qui les mettent en mesure d’apporter une contribution unique au développement de leur pays d'origine: une forte motivation pour être utile en dépit de tous les aléas, la connaissance et la maîtrise à la fois des opportunités mondiales et des particularités locales, et enfin les ressources financières nécessaires pour tirer parti de nouvelles opportunités.

Lorsque ces ressources sont combinées, bien canalisées et efficacement exploitées, elles offrent une réelle opportunité de partenariats innovants entre la diaspora africaine et les ressortissants de leur pays d’origine pour un développement réel et durable.

Cependant, la réalisation optimale du potentiel de la diaspora africaine en tant que partenaire à part entière dans les efforts de développement du continent exige un environnement propice, qui doit être renforcé à travers des politiques et des programmes appropriés.

« Réduire les coûts des transferts d’argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement : outils et produits financiers pour le Maghreb et la zone franc » (2012)

Publiée en février 2012, l’étude « Réduire les coûts des transferts d’argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement : outils et produits financiers pour le Maghreb et la zone franc » (2012) recommande d’explorer cinq pistes pour optimiser l’impact sur le développement des transferts des migrants. Elle préconise ainsi un certain nombre d’innovations financières et réglementaires concrètes et adaptées.

En février 2012, les résultats de cette étude menée par ESF ont été présentés lors d’un séminaire international organisé à Paris, qui a réuni plus de 150 décideurs du monde de la finance – banques centrales incluses. Saluant les efforts déployés par la BAD et ses partenaires, les participants ont appellé à une large diffusion de ces résultats, jugés innovants et répondant aux attentes des acteurs du marché des envois d’argent – diasporas et intermédiaires financiers compris. Il a été demandé à la BAD d’organiser des ateliers des restitutions dans les pays couverts et de programmer une rencontre panafricaine.

En 2012 et 2013, différèrent ateliers de travail se sont ténus successivement dans les pays ciblés par l’étude. En France, deux ateliers ont été organisés, l’un en direction des représentants des diasporas des pays couverts, l’autre destiné aux établissements financiers.

Les  27 et 28 mars 2014, un séminaire panafricain a été organisé à Tunis. Cette rencontre visait à discuter des recommandations de l’étude d’ESF en matière d’innovations financières (revues à l’aune des évolutions récentes et des ateliers de restitution organisés dans les pays), notamment pour ce qui concerne la baisse des coûts des envois d’argent, la bibancarisation solidaire et l’inclusion financière.

Le saviez-vous

Les envois de fonds ont atteint 65 milliards de dollars EU en 2013, soit une hausse de 5 % par rapport à 2012. Les transferts de fonds de la diaspora Ils devraient atteindre 67 milliards de dollars en 2014.

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