Contexte

La Banque accorde une haute priorité à la promotion des flux d’envois de fonds en tant qu’outil de développement et de renforcement des liens avec le secteur privé. L’intervention de la BAD dans le domaine des envois de fonds vise à en optimiser l’impact développemental, grâce à l’accroissement de leur utilisation productive, à la promotion des opportunités d’affaires et à la création d’emplois au niveau communautaire. La Banque entend soutenir le développement des services financiers pour les travailleurs migrants et créer des stimulants en vue d’encourager la canalisation des fonds vers un usage productif dans leur pays d’origine.

L’importance des transferts de fonds

Selon une étude conduite par la BAD en 2007 dans quatre pays (Comores, Mali, Maroc et Sénégal), les transferts de fonds des migrants représentent de 9 à 24 % des PIB de ces pays, soit 80 à 750 % de l’aide publique au développement qu’ils reçoivent.

L’étude a confirmé que les coûts de transfert étaient élevés, diminuant l’impact des envois d’argent sur le développement.

Par le passé, les coûts des transferts étaient élevés dans de nombreuses régions du monde, en particulier en Amérique latine où, grâce au rôle joué par la Banque interaméricaine de développement, en collaboration avec les partenaires locaux, les frais prélevés par les sociétés de transfert d’argent ont été réduits de plus de 10 points en l’espace de quelques années.

À supposer que les frais soient réduits de 5 points en Afrique et en tenant compte uniquement des transferts formels, les ressources disponibles  augmenteraient de 2,5 milliards de dollars EU tant pour les expéditeurs que pour les bénéficiaires. De tels montants pourraient contribuer, du moins en partie, à donner un coup de fouet au développement et à atténuer les conséquences potentielles de la crise financière actuelle sur les pays africains, les migrants et les bénéficiaires finaux concernés.

Les envois de fonds peuvent constituer pour les pays un autre moyen de renforcer leurs systèmes de financement, de créer un cadre propice pour le développement du secteur privé et de renforcer l’efficacité des programmes de promotion du développement des micro, petites et moyennes entreprises, grâce à la canalisation d’un pourcentage accru de ressources vers des usages productifs.

Objectifs

Dans le cadre de son initiative Migration et développement, lancée en 2009 pour intégrer les diverses activités de l’institution dans une stratégie d’ensemble, la BAD s’attachera essentiellement à promouvoir les alliances et le réseautage stratégiques, à mettre au point de nouveaux produits financiers, à canaliser les ressources vers les usages productifs et à renforcer les capacités des associations et des institutions concernées.

Les cinq principaux objectifs opérationnels de l’initiative sont les suivants :

  • Mieux mobiliser les envois de fonds sous forme de flux de ressources : Au niveau macro, la promotion de la mobilisation de l’épargne et le transit des  fonds par les canaux officiels se traduiront par la disponibilité d’un volume plus important de ressources aux fins de rétrocession aux opérateurs du secteur privé.
  • Accroître les flux de ressources en direction des bénéficiaires finaux, tout en assurant un meilleur contrôle des montants transférés par les migrants : Cet objectif sera atteint  en réduisant les coûts de transactions grâce à l’appui à la conception, à l’expérimentation et à l’introduction de nouveaux outils et produits.
  • Habiliter les communautés locales et les familles : Cet objectif sera atteint en encourageant les usages plus efficaces des ressources aux fins de consommation sociale (par le soutien aux systèmes de mutuelles et aux partenariats public-privé dans les domaines de l’éducation et de la santé) et en favorisant l’usage productif des ressources disponibles en association avec les entrepreneurs locaux.
  • Contribuer au renforcement des systèmes financiers dans les pays bénéficiaires. Cet objectif sera atteint, en particulier en habilitant des agents locaux tels que les institutions de microfinance.
  • Contribuer à la lutte contre le blanchiment d’argent : grâce à l’absorption du secteur informel et à l’amélioration des services proposés par les secteurs bancaire et non bancaire formels, les activités des transferts de fonds des migrants contribueront à la réduction du blanchiment d’argent.

Outils et activités

L’initiative Migration et développement de la BAD couvre un large éventail de publications, de rapports, d’ateliers de diffusion du savoir publiés ou organisés par les différents départements de la banque. Voir plus

La dernière étude publiée dans le cadre de cette initiative, « Réduire les coûts des transferts d’argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement : outils et produits financiers pour le Maghreb et la zone franc » (2012), recommande d’explorer cinq pistes pour optimiser l’impact sur le développement des transferts des migrants. Elle préconise ainsi un certain nombre d’innovations financières et réglementaires concrètes et adaptées. Le bras financier de l’initiative est le Fonds Migration et développement.

Le saviez-vous

Les envois de fonds ont atteint 65 milliards de dollars EU en 2013, soit une hausse de 5 % par rapport à 2012. Les transferts de fonds de la diaspora Ils devraient atteindre 67 milliards de dollars en 2014.

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