Optimiser les transferts des migrants

Cinq pistes pour optimiser l’impact sur le développement des transferts des migrants (étude, 2012)

Cinq pistes sont à explorer pour optimiser l’impact sur le développement des transferts des migrants, indique une nouvelle étude conjointe de la Banque africaine de développement et de la France.

Partant du constat que les coûts élevés des transferts de fonds des migrants au Maghreb et dans la zone franc obèrent leur contribution au développement de ces pays, l’étude, réalisée en 2012, préconise un certain nombre d’innovations financières et réglementaires adaptées.

Ces pistes visent à « étoffer et renforcer l’offre de produits bancaires et non bancaires et favoriser la baisse des coûts des transferts d’argent et le codéveloppement », indique l’étude « Réduire les coûts des transferts d’argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement : outils et produits financiers pour le Maghreb et la Zone Franc ».

La première piste, indique le rapport, consiste à accroître le rôle des sociétés de transfert d’argent uniquement pour les transferts urgents. Une plus grande intervention des sociétés de transfert d’argent permettrait de réduire les transferts informels et de renforcer la concurrence sur ce marché.

Le rapport recommande également de renforcer la bibancarisation traditionnelle. La bibancarisation inclut une large panoplie de produits et services: ouverture d’un compte à distance, à partir du pays de résidence dans le pays d’origine, octroi de crédits immobiliers dans le pays de résidence du migrant pour une acquisition dans son pays d’origine, mise en place de produits d’épargne dans le pays de résidence en vue d’investissements dans le pays d’origine et mise en place de produits d’épargne (notamment d’épargne logement) dans les pays d’origine pour les non-résidents. Le développement de la bibancarisation traditionnelle permettra ainsi de renforcer la bancarisation et l’inclusion financière dans les pays d’origine et de mobiliser l’épargne transférée.

Troisième piste recommandée par le rapport, la promotion de la bibancarisation solidaire devrait renforcer l’intégration dans les pays de résidence, tout en assurant une plus grande mobilisation de l’épargne des nationaux résidant à l’étranger au service du développement local et de la réalisation de leurs projets individuels.

Le rapport préconise en outre de renforcer les technologies de l’information au service de la bibancarisation : le « mobile-banking », « l’e-banking » et plus largement la banque à distance comme outil de facilitation des envois d’argent et de la bancarisation.

Enfin, le rapport explore une dernière piste, la promotion des produits financiers et boursiers auprès des migrants, comme instrument de mobilisation de l’épargne et du savoir-faire des nationaux résidant à l’étranger au service du développement. Cette piste aura également le mérite de renforcer les systèmes financiers et les économies des pays d’origine et de mieux les intégrer dans l’économie mondiale.

Conduite par Epargne Sans Frontière, l’étude rappelle que les transferts d’argent des migrants vers leur pays d’origine sont plus de deux fois et demie supérieurs à l’aide publique au développement des pays riches. Ils constituent donc une importante source de financement des économies des pays en développement et des populations réceptrices.

Le rapport complet et le résumé analytique sont disponibles en ligne. L’étude fait actuellement l’objet d’échanges avec les principaux acteurs du secteur des transferts d’argent, à travers une série d’ateliers.

L’étude « Réduire les coûts des transferts d’argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement : outils et produits financiers pour le Maghreb et la zone franc » (2012) répond à une demande de la Banque africaine de développement (BAD) et de la France, cette initiative associant la direction générale du Trésor, la Banque de France, le ministère des Affaires étrangères et européennes, le ministère de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration ainsi que l’Agence française de développement.

Elle s’inscrit dans la continuité de précédents travaux et activités initiés en 2007 par la Banque africaine de développement, avec l’appui financier de la France.