Énergie pour l’Afrique

Initiative américaine, « Énergie pour l’Afrique » a été lancée par le président Barack Obama en Tanzanie, lors de sa tournée en Afrique, en juillet 2013. L’initiative, prévue d’être déployée sur cinq ans, vise à appuyer la croissance économique et le développement sur le continent grâce à un meilleur accès à une énergie fiable, abordable et durable.

Le programme se veut un partenariat multipartite entre les gouvernements des États-Unis d’Amérique, de Tanzanie, du Kenya, d’Éthiopie, du Ghana, du Nigeria et du Libéria, ainsi que les secteurs privés américain et africain. La Banque africaine de développement (BAD) a été un partenaire clé dans la conception de cette initiative et continuera de l’être durant sa mise en œuvre. Le président Obama a d’ailleurs salué l’engagement et les efforts que la BAD a déployés : « Je tiens à remercier la Banque africaine de développement pour ce partenariat, ainsi que toutes les entreprises qui ont exprimé leur engagement, y compris celles présentes dans cette salle ».

Les États-Unis d’Amérique, par le biais de son agence de développement USAID et en étroite collaboration avec la BAD, ont chapeauté l’élaboration d’une série de transactions énergétiques prioritaires pour les six principaux pays ciblés, qui leur permettront de franchir les étapes décisives des douze à dix-huit prochains mois.

La Banque africaine de développement prévoit de consacrer 3 milliards de dollars EU au cours des cinq prochaines années, qui devraient lever au moins quatre fois plus d’investissements dans le secteur énergétique. Les interventions de la Banque comprendront des prêts d’investissement, des réformes, des prestations de conseil et de garanties, pour un montant alloué d’au moins 3 milliards de dollars dans les six pays prioritaires.

« Si les services publics sont gérés de manière efficiente et efficace, les milliards de dollars disponibles à l’investissement dans le secteur énergétique se concrétiseront en de vraies ampoules dans les foyers et l’électricité nécessaire au développement de petites entreprises. Les réformes politiques permettront de faciliter et d’améliorer les marchés énergétiques transfrontaliers », a souligné, le 1er juillet 2013, le président de la BAD, Donald Kaberuka, à Dar Es Salaam en Tanzanie.

Le Fonds africain de développement (FAD), guichet de prêt à taux concessionnels de la Banque, constituera la principale source de financement pour les activités d’assistance de la BAD au secteur énergétique dans les pays couverts par l’Initiative. Le FAD a engagé 1,4 milliard de dollars EU sur l’enveloppe totale de 1,6 milliard de dollars EU qu’a consacrée la BAD au financement, ces cinq dernières années, des infrastructures énergétiques des six pays prioritaires aux investissements énergétiques.

Outre les transactions énergétiques prioritaires, les autres domaines de collaboration de la Banque avec l’Initiative, englobent :

Le Fonds des énergies durables pour l’Afrique (SEFA)

Le SEFA est une initiative conjointe de la Banque africaine de développement et du gouvernement du Danemark, dotée d’une enveloppe financière de plus de 56 millions de dollars EU, pour développer des petits et moyens projets d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique. Le SEFA est conçu comme une plateforme flexible multipartenaires et multi-usages pour faciliter l’accès à l’énergie renouvelable en Afrique, et un des instruments pour l’Afrique dans le cadre de l’Initiative pour l’énergie durable pour tous des Nations unies (SE4All). Lors des Assemblées annuelles de Marrakech, le directeur adjoint de l’USAID/Bureau Afrique, Earl Gast, a annoncé une première dotation de 5 millions de dollars EU au profit du SEFA, au titre d’un engagement pluriannuel pour le Fonds.

La Facilité africaine de soutien juridique (ALSF)

L’ALSF est un organe, hébergé par la Banque, destiné à fournir des services juridiques. Il est chargé d’apporter une assistance en matière de négociations aux pays prioritaires de l’Initiative Énergie pour l’Afrique afin de faciliter des transactions clés dans les secteurs énergétiques. L’USAID a manifesté un vif intérêt à soutenir et renforcer les activités de l’ASLF.

La Garantie partielle de risque (PRG)

Le PRG est un instrument de réduction de risques destiné à stimuler les investissements privés, en couvrant bailleurs et investisseurs contre tout risque de défaillance du gouvernement ou d’une agence étatique dans l’exécution d’un engagement vis-à-vis d’un privé. L’Initiative Énergie pour l’Afrique a souhaité collaborer avec la Banque pour mettre en place un fonds de garantie partielle de risque, qui va compléter ou co-garantir avec le PRG de la Banque.

Débloquer des sources de financements privées en faveur de projets énergétiques africains

Conscient du rôle essentiel que pourraient jouer des sources de financements privées comme les fonds souverains, les fonds de pension, les assurances dans le financement de grands projets énergétiques en Afrique, la Banque et l’USAID vont œuvrer conjointement à mobiliser des capitaux privés locaux pour investir dans les infrastructures énergétiques. Le nouveau Fonds Afrique50, annoncé lors des Assemblées annuelles 2013 de la Banque à Marrakech, aidera à apporter les financements manquant aux infrastructures africaines. Le Fonds Afrique50 vise à augmenter le nombre de projets d’infrastructures bancables en Afrique, et à mobiliser les instruments financiers requis pour faciliter la levée de financements additionnels d’infrastructures pour le continent, y compris le rehaussement de crédit et autres mesures d’atténuation de risque.

La BAD est un pilier de l’Initiative Énergie pour l’Afrique. Une solide reconstitution du 13e Fonds africain de développement signifierait une augmentation de ressource  pour des financements à effet catalyseur qui pourraient faire affluer des investissements énergétiques privés vers l’Initiative.