Contexte

La crise financière mondiale et le degré élevé d’incertitude qu’elle a engendré entravent gravement le commerce en Afrique. La demande d’exportations a baissé toutcomme les prix des produits de base, et l’utilisation des instruments commerciaux, enparticulier des lettres de crédit, s’est contractée parallèlement aux volumes deséchanges commerciaux mondiaux. Dans le même temps, le prix du crédit a augmenté etles banques ont raccourci leurs échéances maximales dans la logique de leur plus grande aversion au risque. En outre, l’offre de facilités de financement d’importationsest gravement limitée par le manque de liquidité sur les marchés internationaux. Lesbanques régionales cherchant à développer leurs services en direction d’autres banques commerciales africaines voient leur capacité à le faire contrariée par l’accès limité à deliquidités en dollar EU. Par le passé, les gros exportateurs pouvaient accéder à desmarchés de financements d’exportations syndiqués. Cependant, tout comme le marchéde financements d’importations autofinancées, ces marchés se ressentent actuellement du manque de liquidité, de la réduction du nombre de participants et de la raréfactiondu crédit. Par ailleurs, avec la baisse des cours des produits de base, les transactions adossées à des stocks et à des actifs sont moins finançables en raison de l’accroissementdes exigences de garanties et des perceptions du risque. Enfin, tout comme sur les marchés d’importations, les changements réglementaires et l’impact de la réduction de la valeur d’autres éléments d’actif accroissent le coût des financements et limitent leur disponibilité globale.

Face à la détérioration rapide de la situation sur les marchés internationaux du financement du commerce, qui a donné lieu à une demande urgente d’aide de la part des ministres africains des Finances1, le Conseil d’administration de la BAD a approuvé le 4 mars 2009 une proposition en vue d’octroyer un montant pouvant aller jusqu’à 500 millions d’USD sous forme de lignes de crédit aux institutions financières africaines en vue de soutenir leurs opérations de financement du commerce (LC FC). Ce programme LC FC a été présenté comme la première phase de l’Initiative de financement du commerce (TFI), une initiative multi-phases de la Banque dont le montant se situe à hauteur de 1 milliard d’USD. Depuis le lancement de l’Initiative, la demande a augmenté rapidement et la Banque instruit actuellement plusieurs dossiers qui seront soumis à l’examen du Conseil au second semestre de 2009.

Parallèlement à la mise en place du programme LC FC de la Banque, plusieurs autres programmes entrant dans le cadre global de la TFI sont en cours d’élaboration. En février 2009, la Banque a lancé une étude sur le terrain en vue de mieux cerner les contraintes existant dans le secteur du financement du commerce sur les principaux marchés du continent. Elle a entamé également des discussions techniques avec la Société financière internationale (SFI) en vue de sa participation à une initiative conjointe baptisée Programme global de liquidité pour le commerce extérieur « GTLP » ou le « Programme ») 2. Le 14 avril, la Banque a abrité une table ronde des institutions de financement du développement (IFD) et des banques commerciales en vue de discuter de l’état des marchés du financement du commerce en Afrique et d’évaluer l’adéquation du LC FC de la Banque et du GTLP proposé afin d’y apporter des réponses.