Description du projet

Le GTLP est une initiative de collaboration unique entre les IFD et les gouvernements donateurs (désignés collectivement les « participants ») dans le cadre des interventions d’urgence en vue de mobiliser rapidement des financements pour soutenir le financement du commerce dans les pays en développement en général et en Afrique en particulier. Pour les prochains mois, le GTLP entend créer un fonds commun de 5 milliards d’USD qui permettra de mobiliser un montant total de 50 milliards d’USD, dont 15 milliards d’USD devraient aller à l’Afrique. Ces ressources serviront à surmonter les problèmes de financement auxquels font face les marchés internationaux du financement du commerce. Le GTLP est un instrument à caractère temporaire qui sera dissout lorsque la crise s’estompera et lorsque les marchés du financement du commerce seront revenus suffisamment à la normale (probablement dans 3 ans).

La structure générale du GTLP est illustrée à la figure ci-dessous. L’Accord de co-investissement et d’administration (CIAA) est l’accord de base signé par tous les participants. Ensemble, ceux-ci apportent des ressources en vue d’alimenter le compte du GTLP, tandis que la SFI fait office de mandataire du programme. Les ressources du GTLP sont acheminées par le biais d’un certain nombre de banques internationales ou régionales admissibles dans les pays en développement qui interviennent de manière active dans le secteur du financement du commerce dans les marchés cibles (« banques utilisatrices » ou « BU »).

Ces ressources sont ensuite rétrocédées à :

  • Des banques émettrices (BE) dans les pays en développement qui initient des transactions de financement lié au commerce ou
  • Directement à destination du secteur réel dans lespays en développement. Bien que le GTLP ait une vocation mondiale, à travers leCIAA, chaque participant pourra spécifier la répartition régionale de ses ressources.

Dans le cas où les exigences en termes d’allocations ne sont pas satisfaites, la banque utilisatrice sera tenue, en vertu de l’Accord de transaction, de cesser de financer d’autres Instruments de financement d’investissement pour le commerce (FTII) et, par la suite, de reverser tous les produits des transactions à la SFI.

Afin d’assurer aux ressources la plus grande portée possible et leur faire jouer un rôle de levier maximal, deux structures d’investissement sont essentiellement envisagées dans le cadre du GTLP :

  • La structure basée sur le partage des risques,
  • La structure basée sur l’octroi de lignes de crédit directes (LC). Dans la structure basée sur le partage des risques, le GTLP acheminera le financement vers les BE locales par le biais de 8 à 10 grandes BU internationales. Ainsi, le financement et le risque seront partagés dans une proportion de 40 à 60 (40 % pour les participants et 60 % pour les BU). Cet instrument de partage des risques sera la principale structure d’investissement du GTLP car il augmentera la capacité des BU à générer un grand volume de comptes clients de bonne qualité auprès des BE pour le GTLP. Le risque de défaillance de la part des BE et les transactions de financement du commerce auxquelles il se rapporte seront répartis de façon proportionnelle entre les BU et les participants au GTLP. Les BU et les participants partageront aussi de façon proportionnelle les revenus du portefeuille.

Dans la structure basée sur le partage des risques, les BU seront tenues d’investir les fonds de la BAD dans des transactions réalisées uniquement en Afrique. Cela suppose que le rendement pour la Banque ne sera affecté que par la performance des actifs à l’intérieur de l’Afrique. Chaque BU sera tenue de surveiller les montants décaissés afin d’assurer que les exigences des participants en termes d’allocations sont satisfaites, autrement la BU sera tenue de cesser de financer de nouveaux FTII et, par la suite, de verser tous les produits des transactions (y compris le capital et les intérêts) à la SFI afin qu’ils soient répartis entre les participants.

Dans la seconde structure, le GTLP accordera directement des lignes de crédit (LC) à court terme dédiées pour le commerce à des BU régionales de dimension plus réduite, sans que ces prêts soient assortis d’un système de partage des risques. Ce second instrument complétera la structure de partage des risques en élargissant la portée du Programme grâce à la mise à contribution de banques régionales africaines plus grandes afin d’accroître l’accès aux banques locales plus petites et à d’autres acteurs intervenant dans le financement du commerce. L’échéance de ces LC sera normalement de 2 ans, avec possibilité de multiples prorogations de 1 an en fonction de la performance et de la durée de la crise. Pour chaque BU admissible dans le cadre du système de LC directe de courte durée, les participants partageront proportionnellement le risque de défaillance de la BU, mais ne seront pas directement exposés aux risques liés aux transactions commerciales sous-jacentes initiées par la BU.

La structure du GTLP est conçue au profit des parties prenantes situées à tous les niveaux de la chaîne de valeur du financement du commerce, dans les pays à faible revenu comme dans les pays à revenu intermédiaire. Pour les PME, les commerçants et les BE intervenant dans les pays en développement, l’avantage déterminant est l’accès accru à la liquidité à un coût raisonnable en vue de soutenir les opérations de financement du commerce pendant la crise. Pour les BU, les principaux avantages sont l’accès accru à des financements et à des frais de montage stables, conjugué au coût opérationnel inférieur lié au fait de traiter directement avec une seule institution faisant office de mandataire. Pour les participants, les nombreuses retombées du GTLP comprennent :

  • L’accroissement du flux d’affaires par l’augmentation de la capacité de montage de prêts,
  • L’accès aux compétences en matière d’études préalables et de structuration de prêts et l’accès au réseau mondial de la SFI,
  • L’efficacité en termes de délais et de coûts ; et
  • La diversification grâce au partage des risques entre les participants.