Fonds fiduciaire multidonateur pour le Zimbabwe ZimFund

Pour soutenir les activités de redressement prioritaires du gouvernement zimbabwéen, un groupe de bailleurs de fonds a décidé de créer, en 2010, le Fonds fiduciaire multidonateur pour le Zimbabwe (dit ZimFund), venu remplacer le Fonds fiduciaire multidonateur de programmation pour le Zimbabwe. La Banque africaine de développement s’est vu confier la gestion du ZimFund, avec l’aval du gouvernement du Zimbabwe, de la communauté des bailleurs de fonds et des Nations unies, obtenu lors de réunions ultérieures tenues à Harare et à Washington en 2010.

Création

Le ZimFund a vu le jour le 31 mai 2010, après que les Conseils d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement ont approuvé des recommandations contenues dans le document intitulé « Création d’un fonds fiduciaire multidonateur pour le Zimbabwe ». Les négociations entre la Banque et les bailleurs de fonds sur les modalités de création du fonds se sont achevées en juillet 2010.

Objectif du ZimFund

Le ZimFund a pour objectif de contribuer aux opérations de redressement rapide et de développement du Zimbabwe, en mobilisant des ressources auprès des bailleurs de fonds et en promouvant la coordination de leurs activités, afin que ces opérations bénéficient d’une assistance financière. Pour l’heure, le ZimFund met l’accent sur les investissements dédiés aux infrastructures dans les secteurs de l’eau, de l’assainissement et de l’énergie.   

Montant du ZimFund

L’envergure du ZimFund dépendra de la volonté des partenaires au développement d’y contribuer au fil du temps. À ce jour, les engagements des bailleurs de fonds totalisent à 144,5 millions de dollars EU, dont 140,80 millions environ avaient été versés sur le compte du ZimFund à la fin du mois de novembre 2015. Conformément aux objectifs du ZimFund, le montant mobilisé a été affecté au financement du Projet de réhabilitation d’urgence du réseau d’alimentation en eau et d’assainissement et du Projet de réhabilitation d’urgence de l’infrastructure électrique.

Le tableau ci-dessous présente les montants cumulés versés par les contributeurs du ZimFund au 30 novembre 2015.

Contributions au ZimFund à la date du 30 novembre 2015

Bailleurs de fonds

Montants des contributions (en $ EU)

Allemagne

26 727 637

Australie

19 864 040

Danemark

25 80 746,47

Norvège

15 228 752,34

Royaume-Uni

31 411 000

Suède

15 715 750,19

Suisse

6 112 749,61

Total

140 860 675,61

Structure de gouvernance

La structure de gouvernance du ZimFund est à un seul niveau : un Comité de supervision du programme, appuyé par une Unité de gestion du Fonds fiduciaire multidonateur. Ce comité, dont la composition varie par rotation, compte des représentants des pouvoirs publics et des partenaires au développement qui contribuent au ZimFund. Un représentant des pouvoirs publics et un représentant des bailleurs de fonds en sont les coprésidents.

Le Comité de supervision du programme fixe l’orientation stratégique générale du ZimFund et en supervise le fonctionnement. Le comité se réunit une fois par trimestre et autant de fois qu’il est nécessaire. Il est saisi des rapports de l’unité de gestion sur la mobilisation des ressources et les activités financées par le ZimFund. Toutes les activités financées par le fonds sont conformes aux programmes de redressement et de développement du gouvernement et sont privilégient les pauvres.

Portefeuille de projets

À la fin de novembre 2015, deux projets – exécutés chacun en deux phases – avaient vu leur financement approuvé par le ZimFund :

i) le Projet de réhabilitation d’urgence du réseau d’alimentation en eau et d’assainissement, dit UWSSRP par sigle en anglais, (phases I et II) ; et

ii) le Projet de réhabilitation d’urgence de l’infrastructure électrique, dit EPIRP par sigle en anglais, (phases I et II).

Lancée en décembre 2011 et désormais achevée, la phase I de chacun des deux projets a été suivie d’une phase II qui, lancée en mars 2014, se trouvait au stade de la passation de marchés à la fin 2015. La première phase du projet UWSSRP s’est vu allouer 43,607 millions de dollars EU et la deuxième phase 35,990 millions de dollars EU. Quant au projet EPIRP, 39,61 millions de dollars EU ont été affectés à la phase I, la phase II bénéficiant de 32,94  millions. Au total, ce sont donc 152 millions de dollars EU qui ont été alloués à ces deux projets.

Projet de réhabilitation d’urgence du réseau d’alimentation en eau et d’assainissement (UWSSRP)

Phase I

Le projet avait pour objectif de soutenir le rétablissement et la stabilisation des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans six grandes villes du pays : Harare, Chitungwiza, Chegutu, Kwekwe, Masvingo et Mutare, qui totalisent une population de 2,5 millions d’habitants. Aussi la phase I du projet a-t-elle enregistré les résultats suivants :

  • réhabilitation physique des installations municipales d’approvisionnement en eau et d’assainissement des localités/villes bénéficiaires ;
  • acquisition et distribution de véhicules et du matériel de curage des égouts aux municipalités bénéficiaires, incluant une formation ;
  • organisation de campagnes d’éducation en matière d’assainissement et d’hygiène, achèvement de la consultation portant sur la mise en place des services de planification des investissements et du renforcement des capacités institutionnelles ;
  • enlèvement des boues des étangs à Harare, Chitungwiza et Chegutu.

Le réservoir d’eau de Chikanga à Mutare, d’une capacité de 10 000 m3, alors en construction.

Le réservoir de Chikanga à Mutare, une fois achevé.

Au nombre des résultats du projet, figurent la fiabilité, la qualité et la disponibilité accrues de l’approvisionnement en eau dans les zones d’intervention ; la capacité restaurée de traitement des eaux usées et la réduction du nombre de cas de choléra et d’autres maladies d’origine hydrique.

Phase II

La deuxième phase du Projet de réhabilitation d’urgence du réseau d’alimentation en eau et d’assainissement consolide les acquis et les effets de la première, et comporte des volets que n’incluait pas cette première phase. Alors que la phase I visait essentiellement à restaurer la capacité de traitement de l’eau et des eaux usées, la phase II met davantage l’accent sur l’amélioration de la performance du réseau de distribution d’eau et d’assainissement, le renforcement des volets commerciaux et l’amélioration de l’efficacité de la prestation de services, contribuant ainsi à une gestion de qualité des services d’eau non payants. La phase II doit être mise en œuvre à Harare, Chitungwiza, Ruwa et Redcliff, desservant ainsi une population estimée à 1,9 million d’habitants. Il s’agit de protéger la santé publique, grâce à l’amélioration du service, à la préservation des installations matérielles, à la mise à niveau de la capacité de traitement des équipements et au renforcement de la viabilité financière des prestataires de services de distribution d’eau et d’assainissement.

Outre la réhabilitation des infrastructures d’eau et d’assainissement, le projet renforcera les capacités des prestataires de services en matière d’exploitation, de maintenance et de pérennité des installations. Ces interventions seront doublées d’actions de promotion de l’hygiène, ciblant surtout les catégories les plus vulnérables de la population, et viendront appuyer les efforts que déploient les autorités locales pour promouvoir la conservation de l’eau.

Projet de réhabilitation d’urgence de l’infrastructure électrique (EPIRP) 

Phase I

L’objectif du projet EPIRP est d’aider le Zimbabwe à améliorer son approvisionnement en électricité, dans le respect de l’environnement, grâce à la réhabilitation de l’usine de traitement des cendres de la centrale électrique de Hwange, ainsi que des installations du sous-réseau de transport et de distribution d’électricité. Les coupures, voire les pénuries d’électricité, ont eu de graves répercussions sur les efforts des pouvoirs publics destinés à redresser l’économie et atteindre les objectifs de croissance économique et sociale durables. 

Les composantes du projet comprennent la réhabilitation de l’usine de traitement des cendres de la centrale électrique de Hwange et le remplacement de 7 transformateurs et de 16 disjoncteurs du sous-réseau de transport, de 507 transformateurs de distribution et l’installation de 360 km de câble et de lignes électriques aériennes à travers tout le pays.

Un transformateur de 50 MVA, installé à la sous-station de Norton.

Plus de 529 768 personnes vivant en zone résidentielle ont vu le fonctionnement de leur réseau d’égouts géré par une énergie fiable et plus de 11 632 personnes ont bénéficié du rétablissement de leur branchement électrique.

Phase II

La phase II du Projet de réhabilitation d’urgence de l’infrastructure électrique, qui entend consolider les acquis des interventions de la phase I, couvre des aspects qui n’ont pas été pris en compte lors de celle-ci. L’objectif est d’améliorer la disponibilité et la fiabilité de l’approvisionnement en électricité, grâce à la réhabilitation des installations de production, de transport et de distribution. Pour ce faire, des interventions favorables à l’environnement sont programmées sur les lieux de la centrale électrique de Hwange, de même qu’il sera procédé au remplacement des transformateurs du réseau de distribution et du sous-réseau de transport d’électricité et à l’amélioration de l’approvisionnement en énergie des stations d’épuration et de traitement des eaux. Le projet cible les localités de Kwekwe, Gweru, Bulawayo, Masvingo, Mutare, Harare et de Hwange, qui totalisent 5 millions d’habitants. Entre autres résultats majeurs, figurent la réhabilitation des réseaux de transport et de distribution (réparation et remplacement des câbles, des lignes électriques aériennes et des transformateurs et du matériel connexe) et la réhabilitation des systèmes d’exploitation de la centrale de Hwange, notamment le barrage de cendres, l’unité d’élimination des poussières de charbon, le système de drainage des eaux usées pour toute la centrale ; et le remplacement de la station de nettoyage par aspiration.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter :

Emmanuel Nzabanita
Gestionnaire du ZimFund
Banque africaine de développement
Bureau extérieur du Zimbabwe
5th Floor, Joina City, 
Cnr. Jason Moyo Avenue/Julius Nyerere Way, 
Harare, Zimbabwe
Bureau: +263 4 752 917/838| Ext: 7039 |
Web: http://www.afdb.org