Le développement agro-industriel

L’Afrique abrite une grande variété de conditions climatiques qui favorise une large gamme de production agricole. Cependant, elle importe encore une grande quantité de produits agricoles et alimentaires qui pourraient être produites sur le continent. Pour plusieurs produits, leur production ne peut être étendue faute d’infrastructures de commercialisation. Par ailleurs, la création des zones de libre échange, au niveau régional et dans le monde, ouvre des perspectives d’accès au marché. L’urbanisation et la diversification de l’alimentation qui s’en est suivie créent également des débouchés pour les denrées de consommation courante africaines.

Les multiples goulets d’étranglement que crée la pauvreté – faible productivité, infrastructure déficiente et marchés insuffisamment intégrés – sont souvent amplifiés par le sous-développement du secteur agroindustriel. On prête généralement peu d’attention à la chaîne de valeur qui achemine les denrées et les produits agricoles jusqu’au consommateur final dans le pays et à l’étranger. Cette négligence coûte très cher en termes de pertes considérables de valeur ajoutée et de possibilités d’emploi.

En fait, l’agro-industrie dans les zones rurales africaines est pour ainsi dire, inexistante ou à l’état embryonnaire. En conséquence, les pays sub-sahariens subissent d’énormes pertes après-récolte, atteignant, dans le cas des denrées agricoles périssables comme les fruits et les légumes, une moyenne de 35-50 % de la production réalisable totale, et entre 15 et 25 % en ce qui concerne les céréales.

Les interventions dans le domaine agro-alimentaires, en lien avec le secteur privé, devraient être accomplies pour favoriser la mise en place d’un environnement approprié au développement de l’industrie et permettre de créer des industries locales, en mesure de fournir des emplois et d’accroitre les revenus. Les agro-industries peuvent non seulement promouvoir l’industrialisation et l’emploi urbain, mais aussi briser le cercle de ‘l’écart de productivité’ du développement, réduire les coûts des aliments et les incertitudes des approvisionnements et améliorer le régime alimentaire.

Dans la ligne de cette politique, le Département de l’agriculture et de l’agro-industrie de la Banque a commencé à adopter une approche axée sur le marché et la chaîne de valeur dans la conception des nouvelles opérations, et ce, afin d’assurer davantage de revenus et de moyens de subsistance aux bénéficiaires, qui sont majoritairement des collectivités agricoles rurales.

C’est pourquoi les projets de développement agricole font une place de choix aux composantes centrées sur l’agro-industrie, la réduction des pertes après-récolte et le développement des marchés. En outre, dans le cadre de la réponse africaine à la crise alimentaire, la Banque a commencé à travailler avec les partenaires au développement à l’élaboration d’une stratégie de réduction des pertes après-récolte qui sera le premier maillon de sa stratégie de développement agroindustriel. Ces actions contribueront également à aider les PMR à identifier des interventions essentielles dans toute la chaîne alimentaire.