Industries et services

La branche des “Opérations du secteur privé” de la BAD soutient les pays africains par le biais de prêts directs aux entreprises du secteur privé, dans des domaines tels que l’exploitation du pétrole et du gaz, les mines, le secteur manufacturier, l’agroalimentaire, la santé et l’éducation.

Nos secteurs d’intervention :

Pétrole et gaz

Avec 120 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole (pour une valeur de 7,3 trillions de dollars EU), l’Afrique détient 9 % des réserves mondiales de brut. La production pétrolière africaine quelque 11 millions de barils/jour représente 13 % de la production mondiale. Côté gaz, le continent recèle 510 trillions de mètres cube de réserves (d’une valeur de 3 trillions de dollars EU) sans compter les ressources en gaz de schiste techniquement récupérables, soit 1 042 trillions de mètres cube (d’une valeur de 6 trillions de  dollars EU).

La majorité des réserves africaines de pétrole et de gaz sont concentrées dans six pays Libye, Nigeria, Algérie, Angola, Égypte et Soudan, qui détiennent plus de 90 % des réserves prouvées de pétrole et de gaz sur le continent. Or de nouvelles découvertes sont opérées, dans d’autres pays africains. L’Afrique, qui comptait seulement sept pays exportateurs de pétrole en 1970, devrait en dénombrer 21 à l’horizon 2015, puis 40 d’ici à 2030. C’est dire l’énorme potentiel de croissance que recèle l’industrie pétrolière et gazière sur le continent africain.

Objectifs

La BAD prête assistance pour exploiter pleinement le potentiel de l’industrie du pétrole et du gaz, afin de le mettre au service du développement du continent africain. La Banque a pour objectifs d’améliorer l’accès à l’énergie, de mettre en place de nouvelles infrastructures et d’accroître la valeur ajoutée des ressources en hydrocarbures. Pour ce faire, il faut investir dans les infrastructures en amont de la chaîne de production de pétrole et de gaz, ainsi que dans les infrastructures présentes dans les secteurs intermédiaires et en aval de la chaîne de production (oléoducs, stockage, etc.), afin de garantir un transport et une logistique sécurisés et efficaces des ressources énergétiques. Sont également ciblés l’augmentation /la mise à niveau de la capacité de raffinage, en vue d’améliorer la disponibilité des produits pétroliers, ainsi que le renforcement des capacités de transformation locale, en vue d’accroître la production d’engrais et de produits pétrochimiques.

Expérience et réalisation

La BAD a une longue expérience, avérée depuis plus de trente ans, en matière d’appui à l’industrie extractive en Afrique. Dans les années 90, la Banque a réorienté son action, passant de l’investissement dans de grandes compagnies du secteur public à des initiatives de promotion de l’investissement privé, par le biais du renforcement des capacités institutionnelles, de la réforme de politiques et d’investissements directs dans des opérations du secteur privé.

Depuis que la BAD s’est engagée dans le secteur privé, dans les années 90, ses investissements cumulés dans les industries extractives se chiffrent à quelque 1,6 milliard de dollars EU au total. La Banque a commencé à lancer ses opérations non souveraines en 2001. Aujourd’hui, la Banque projette que l’ensemble de ses opérations de financement non souverain dépasse le volume de 2011, soit 1,6 milliard de dollars EU. Notre business plan prévoit de poursuivre cette expansion, d’autant que 30 % du capital-risque de la Banque sont alloués à la catégorie des actifs à risque du secteur privé.

À travers son engagement, la Banque promeut notamment l’attractivité des investissements étrangers fondée sur une législation transparente, stable et équilibrée. Dans le même élan, la Banque s’attelle à renforcer les capacités tant locales en encourageant les PME à nouer des liens entre elles, que nationales, ainsi que l’infrastructure locale d’appui. En outre, la BAD aide à rehausser les normes environnementales et sociales dans l’industrie du pétrole et du gaz. Respecter les normes de pratiques environnementales et sociales optimales aide à mieux faire accepter, localement, les projets pétroliers et gaziers, diminue les risques, et contribue par là à la viabilité commerciale du projet.

La BAD soutient les pays africains dans leurs efforts pour développer le secteur du pétrole et du gaz, grâce à la Facilité africaine de soutien juridique (dite en anglais “ African Legal Support Facility”, ALSF). L’ALSF a pour principal objectif d’apporter une assistance technique aux pays membres afin de renforcer leur expertise juridique et leur capacité de négociation lors des transactions liées aux ressources naturelles. Cette assistance inclut le financement d’un conseil juridique extérieur, chargé de structurer et d’entreprendre la négociation au nom des promoteurs du projet.

Extraction minière

L’Afrique recèle quantité de ressources naturelles, diverses et abondantes. Selon des estimations récentes, le continent détiendrait même la majorité des réserves mondiales de platine, de phosphate, chrome, manganèse, cobalt, d’or et de bauxite.

Cependant, l’Afrique ne produit que le dixième environ des métaux de base, la plupart de ses ressources étant exportées à l’état brut. L’abondance et la diversité des richesses minières, encore largement sous-exploitées sur le continent, offrent aux économies et aux communautés locales l’opportunité, exceptionnelle, de faire fructifier ces dotations naturelles prisées dans le monde entier.

Le développement de projets miniers en Afrique fait face, néanmoins, à des défis inhérents au caractère embryonnaire des marchés de capitaux et à l’insuffisance des infrastructures en Afrique. Autre défi important pour le développement économique et social du continent : stimuler l’investissement privé dans l’extraction minière sur le continent et élargir son impact. Pour remporter ces gageures, le secteur minier africain a besoin de conseils sur les lois minières locales, les liens entre PME, les questions environnementales et sociales, la responsabilité sociale d’entreprise, sur la transparence, ainsi que d’un appui à la structuration du financement et à la mobilisation de ressources financières.

La stratégie du Département du secteur privé de la BAD consiste, pour le secteur minier, à mettre l’accent sur les transactions offrant l’opportunité d’un effet catalyseur et de démonstration, qui :

  • Ont une composante industrielle, apportent une valeur ajoutée locale et permettent la transformation des minerais locaux ;
  • Donnent la priorité à l’approvisionnement des marchés locaux et/ou régionaux ;
  • Profitent aux gouvernements et aux économies locaux ;
  • Favorisent le transfert des compétences et la formation au plan local ;
  • Encouragent la croissance solidaire des entreprises et des communautés locales à travers des liens entre entreprises ;
  • Sont durables aux plans environnemental et social ;
  • Sont capables de promouvoir durablement les programmes de responsabilité sociale d’entreprise ;
  • Respectent les principes de transparence.

Objectifs

  • Optimiser la dimension participative du projet, en associant des parties prenantes locales à la chaîne de valeur.
  • Augmenter la transformation locale, capter plus de valeur ajoutée, renforcer les capacités et le transfert de savoir-faire.
  • Garantir le respect des codes miniers, encourager une divulgation et une transparence meilleures dans la gestion des recettes.

Agroalimentaire

L’agriculture est cruciale dans la poursuite des objectifs de développement que sont la promotion de la croissance et la réduction de la pauvreté en Afrique. L’agriculture, qui fait vivre 80 % de la population africaine, fournit des emplois à près de 60 % de la population active, et à quelque 70 % des personnes les plus pauvres du continent. Les crises financière et alimentaire mondiales ont remis au goût du jour l’importance de l’agriculture, la preuve ayant été faite que pauvreté et insécurité alimentaire vont de pair. Or, la croissance agricole est un facteur avéré de réduction de la pauvreté. Ainsi, la croissance, en Afrique, a deux fois plus d’impact sur la réduction de la pauvreté lorsqu’elle est tirée par l’agriculture que par d’autres secteurs.

Bien que dotée de nombreuses terres arables sous-exploitées, l’Afrique importe toujours pour 33 milliards de dollars EU de denrées alimentaires chaque année. Même si la récente tendance à la hausse des prix des produits alimentaires a accru l’intérêt des investisseurs privés pour le secteur agricole, les besoins d’investissement annuel sont estimés à 50 milliards de dollars EU, notamment pour accroître la production de céréales et du bétail, la productivité par le biais de la mécanisation et d’un meilleur usage de l’eau et des engrais, et pour éliminer les goulots d’étranglement infrastructurels qui affectent le secteur.

Nos activités dans l’agroalimentaire couvrent les agro-industries, les biocarburants et la foresterie. La Banque est déterminée à accroître la productivité, les recettes et les revenus des petits exploitants agricoles dont les femmes, en facilitant leur insertion dans une production agricole axée sur les marchés. Pour y parvenir, la BAD s’attachera à financer des transactions qui favorisent la croissance solidaire et l’agriculture inclusive, ainsi qu’une gestion durable des ressources naturelles.

La stratégie du Département du secteur privé de la BAD pour l’agriculture consiste à mettre l’accent sur les opérations offrant un potentiel de production d’effets catalyseurs et de démonstration plus simple) qui :

  • Contribuent à assurer la sécurité alimentaire ;
  • Favorisent le transfert de compétences et de technologies ;
  • Donnent la priorité à l’approvisionnement des marchés locaux et/ou régionaux ;
  • Favorisent la croissance solidaire avec les communautés locales, à travers des projets d’aide aux petits planteurs et des liens entre entreprises ;
  • Sont durables et viables aux plans environnemental et social.

Projet ADDAX Bioenergy

Addax Bioenergy développe un projet bioénergétique intégré en Sierra Leone. 

La BAD, dont la contribution au projet s’élève à 25 millions d’euros, a joué un rôle majeur, avec d’autres prêteurs, pour garantir le respect des normes internationales de durabilité environnementale et sociale.

Le projet porte sur l’exploitation d’une plantation de canne à sucre, sur une superficie d’environ 10 000 hectares, pour produire près de 960 000 tonnes de canne par an. L’on s’attend à ce que le projet produise 83 000 m3 de carburant-éthanol destiné à l’exportation et, globalement, 100 GWh d’électricité issus de la biomasse, qui pourront être écoulés sur le marché domestique.

Avec ce projet phare de bioénergie durable, la BAD et les institutions de financement du développement partenaires jouent le rôle de catalyseurs de l’investissement privé dans ce pays post-conflit. Et veilleront à ce que les problématiques de durabilité sociale et environnementale, et de sécurité alimentaire, soient réglées. Le projet aura un impact vertueux sur le développement du pays avec la création d’emplois, l’amélioration de la sécurité alimentaire et le renforcement de la diversification économique grâce au développement du nouveau secteur des exportations.

Santé et éducation

La Banque appuie la contribution du secteur privé à la santé et à l’éducation en Afrique, en participant au Fonds pour la santé en Afrique, qui vise à mobiliser jusque 1 milliard de dollars EU d’investissement et de prestations de conseil sur une période de cinq ans, à la suite de la publication par la Société financière internationale (SFI) de son rapport de 2007, intitulé Investir dans la santé en Afrique – Le secteur privé : un partenaire pour améliorer les conditions de vie des populations. Ce rapport met l’accent sur la manière d’améliorer le vécu quotidien des populations, grâce à une synergie d’action avec le secteur privé.

Le fonds cible des engagements de 100 à 120 millions de  dollars EU, en deux étapes de clôture. Le montant correspondant à la première date de clôture actuelle s’élève à 57 millions de  dollars EU, provenant respectivement de la SFI (20 millions de dollars EU), de la BAD (20 millions), de la Fondation Bill et Melinda Gates (7 millions) et de la DEG (10 millions).

Administré par Aureos Capital, le Fonds pour la santé en Afrique investira dans de petites et moyennes entreprises d’Afrique subsaharienne – dispensaires et centres de diagnostic, par exemple –, afin de faciliter l’accès des populations africaines à faible revenu à des services de santé abordables et de qualité. L’évaluation du fonds se fera, non seulement à l’aune de ses résultats financiers, mais également au regard de sa capacité à aider les entreprises qui se mettent au service des plus démunis.

« Le Fonds pour la santé en Afrique devrait connaître une forte croissance en dépit du ralentissement de l’économie mondiale, et nous sommes déterminés à soutenir cette initiative historique », a déclaré le président de la BAD, Donald Kaberuka.

Le fonds opère des investissements à long terme, sous forme de prises de participation et de quasi-participations, dans des entreprises privées citoyennes et financièrement viables du secteur de la santé. Objectifs : promouvoir les sociétés promises au succès, faire profiter d’autres régions des modèles de gestion à l’efficacité avérée, et identifier les domaines présentant des insuffisances fondamentales et y investir. Le fonds investira dans une large gamme d’entreprises prestataires de santé (dispensaires, hôpitaux, centres de diagnostic et laboratoires), dans des structures de partage des risques et de financement (organismes de gestion des services de santé, compagnies d’assurance), dans des entités spécialisées dans la distribution et les services de détail (services de consultation ophtalmologique, chaînes de pharmacies, sociétés de logistique), des entreprises pharmaceutiques et paramédicales, ainsi que dans l’éducation et la formation médicales.

Une trentaine d’investissements sont prévus, de 250 000 à 5 millions de dollars EU chacun. Si les opportunités d’investissement viable seront envisagées sur tout le continent, priorité sera donnée à la Côte d’Ivoire, au Ghana, au Kenya, au Nigeria, à l’Ouganda, au Sénégal et à la Tanzanie. L’Afrique du Sud, l’Angola, le Burundi, l’Éthiopie, le Mozambique, la République démocratique du Congo, le Rwanda et la Zambie devraient suivre.