Financement des infrastructures

Selon l’Étude diagnostique par pays de l’infrastructure sur le continent (dite en anglais “ Africa Infrastructure Country Diagnostic”, AICD), le besoin en infrastructures de l’Afrique subsaharienne dépassera les 93 milliards de dollars EU par an au cours des dix prochaines années. A ce jour, moins de la moitié de cette somme est disponible, d’où un déficit de financement de plus de 50 milliards de dollars à combler. La piètre qualité des infrastructures en Afrique subsaharienne notamment en matière d’alimentation électrique et en eau, de routes et de technologies de l’information et de la communication (TIC) coûte, à chacun des pays, deux points de croissance chaque année et réduit la productivité d’environ 40 %.

Ayant posé le diagnostic  le continent africain a besoin d’infrastructures légères et lourdes, ainsi que d’un appui spécifique/ciblé aux États fragiles (des pays qui, en raison du fardeau de la guerre ou pour toute autre raison, devraient consacrer un tiers de leur PIB à combler le déficit en infrastructures), la Division du financement des infrastructures de la Banque travaille à accroître le financement d’infrastructures durables et à améliorer les partenariats public-privé (PPP) en Afrique, à la fois à l’échelle régionale et dans les pays membres. Pour ce faire, la Division soutient directement des entités et projets privés, ou recourt à des intermédiaires spécialisés, à l’instar des prises de participations privées et des fonds de capitaux à risque.

Pour soutenir la croissance économique et le développement durable de l’Afrique, construire des infrastructures en vue de combler le déficit actuel est crucial. En 2011, la BAD a approuvé 184 opérations, d’une valeur totale de 9 milliards de dollars EU, dont 38 % ont été alloués aux infrastructures, soit 3,4 milliards de dollars EU, dont 2,25 milliards au titre du guichet du secteur privé.

Transports

L’équipe chargée des transports à la Division du financement des infrastructures s’occupe du montage, de la structuration et des clôtures financières de tous les projets routiers, portuaires et aéroportuaires. La Banque a permis de faire aboutir des projets majeurs dans le secteur des transports – à l’instar du terminal à conteneurs de Lomé (Togo), de la route à péage de Lekki (Nigeria) et de celle de Dakar (Sénégal).
Datant de la période coloniale, la majeure partie des infrastructures lourdes de transport d’Afrique deviennent désuètes, Aussi, la Banque prévoit-elle la nécessaire modernisation de la majorité des aéroports et des ports hérités de la période coloniale au cours des prochaines décennies. En juillet 2011, la Banque a approuvé un prêt de 40 millions de dollars EU, destiné à financer le projet de réseau ferroviaire de la vallée du Rift (RVR). Le projet quinquennal d’investissement en capital, de 246 millions de  dollars EU, comprend deux concessions sur le réseau ferroviaire reliant Mombasa au Kenya à Kampala en Ouganda.

Le prêt de la BAD au projet RVR vient appuyer le plan régional qui vise à atténuer la pression exercée sur les routes en se tournant vers le chemin de fer, et correspond à la volonté de la Banque de contribuer à la mise en place d’infrastructures majeures dans la région.

La rénovation et le fonctionnement des infrastructures au titre du projet RVR devraient tout à la fois améliorer la qualité et diminuer les coûts du fret ferroviaire en Afrique de l’Est et centrale. Le volume des marchandises transportées devrait plus que doubler et atteindre les 3,3 millions de tonnes par an d’ici à 2015, tandis que les coûts marginaux devraient baisser de près de 30 %. Au cours des quinze prochaines années, le projet devrait générer d’importants revenus pour les gouvernements kenyan et ougandais, et avoir des effets positifs sur l’environnement, en aidant à réduire le volume du fret par camionnage, plus polluant.

Ce prêt, dévolu à la réhabilitation du réseau ferroviaire de la vallée du Rift est hautement prioritaire pour le développement tant de l’Ouganda, que du Kenya. Le projet est dans la droite ligne des stratégies d’assistance aux deux pays mises au point par la Banque, et de sa stratégie d’intégration régionale en Afrique de l’Est. Il est aussi en adéquation avec la priorité stratégique de la Banque, qui consiste à développer l’infrastructure économique de l’Afrique, et avec les efforts qu’elle mène pour accroître le financement en faveur des pays à faible revenu, via son guichet du secteur privé.

Énergie électrique

L’Afrique recèle un énorme potentiel énergétique pour l’essentiel insuffisamment exploité et renouvelable. La BAD finance tous les types d’énergie électrique, dans le but d’aider les pays africains à réduire leur dépendance à l’égard des importations de pétrole, et à satisfaire la demande croissante en énergie électrique. S’agissant des infrastructures énergétiques, plus de 400 millions de dollars EU ont été approuvés en 2011, dont 25 millions pour le projet KivuWatt au Rwanda, 64 millions pour celui de centrale électrique de Kribi au Cameroun, et 38 millions pour un autre projet de centrale électrique, à Thika, au Kenya.

Situé sur le lac Kivu au Rwanda, le projet KivuWatt consiste en une installation intégrée d’extraction et de production de gaz de méthane, avec une centrale électrique connexe de 25 MW. Une fois opérationnel, le projet permettra d’extraire et de traiter le gaz de méthane piégé dans les profondeurs des eaux du lac Kivu, qui pourra servir de combustible pour produire l’électricité dont les populations rwandaises ont grand besoin tout en dégazant le lac en toute sécurité. KivuWatt réduit ainsi le risque écologique lié aux émanations naturelles des gaz toxiques du lac et, partant, le risque sanitaire qui pèse sur les deux millions de personnes qui vivent autour du lac. Le parachèvement de la phase I du projet coûtera 142 millions de dollars EU environ. KivuWatt, qui représente la première utilisation à grande échelle du gaz, sera suivi de trois autres phases, afin de porter la capacité de production d’énergie électrique à 100 MW.

En 2012, la BAD espère atteindre l’objectif de dix projets financés par le secteur privé, y compris des projets de cycle combiné, des projets hydroélectriques, des projets de conversion de déchets en énergie, ainsi que le projet de centrale éolienne de Turkana, le plus grand parc éolien d’Afriqueavec une capacité de 300 MW. La Banque investira 400 millions de dollars EU environ sur ses fonds propres afin de les faire aboutir. Le coût total des projets sera supérieur à 2 milliards de dollars EU.

Énergie : la plateforme de l’approche intégrée des infrastructures privées de la BAD

Épine dorsale de l’approche intégrée des infrastructures, le projet de centrale électrique de Sendou,mise en place par la BAD en faveur du Sénégal est une réponse aux besoins énergétiques immédiats du pays. Dans ce contexte, la Banque a accordé un prêt de 55 millions d’euros pour la construction d’une centrale électrique alimentée au charbon, d’une capacité de production de 125 MW. Le projet a pour but de fournir de l’énergie à des investissements clés et interdépendants dans les infrastructures, notamment une autoroute à péage, un port en eau profonde et le nouvel aéroport de Dakar.

La centrale de Sendou produira chaque année 925 GWh d’électricité soit 40 % environ de la consommation totale du Sénégal en 2008. Le projet contribuera à réduire les coûts énergétiques et les émissions de gaz carbonique, et à améliorer la compétitivité du pays. Par le passé, le Sénégal ne misait presque que sur les coûteuses importations de pétrole pour combler ses besoins énergétiques. Après avoir investi dans l’épine dorsale énergétique du pays, la Banque se tourne désormais vers des sources d’énergie renouvelables –  l’énergie éolienne notamment.

Optimiser les énergies renouvelables en Afrique

Assister le Gabon dans l’exploitation de son potentiel d’énergies renouvelables

Avec un potentiel hydroélectrique compris entre 5 000 MW et 6 000 MW selon les estimations, le Gabon possède la cinquième plus grande capacité hydroélectrique d’Afrique. Cependant, la capacité actuelle du pays tourne autour de 150 MW, soit moins de 1/35e de son potentiel total. Le projet porte sur la construction de deux centrales hydroélectriques au fil de l’eau, notamment les Chutes de l’Impératrice, une centrale hydroélectrique de 70 MW sur le fleuve Ngounié, dans la province éponyme, et les Chutes de FE2, un projet de centrale hydroélectrique de 56 MW à proximité de la ville de Mitzic, au nord du Gabon.

La BAD octroiera un prêt privilégié sur quinze ans, d’une valeur de 50 millions d’euros, et un prêt subordonné de 7,5 millions d’euros au plus. La Banque est intervenue en tant qu’arrangeur/ intermédiaire ?  pour la dette contractée auprès d’IFD comme la FMO et la DEG (détail des sigles ?). Le projet a pour but de :

  • Contribuer à résorber le déficit énergétique, en fournissant une énergie fiable à près de 25 % (pas clair-> 25% moins chère ?) des prix actuels ;
  • Réduire la dépendance à l’égard de la production d’électricité à partir de génératrices diesel, nocives pour l’environnement ;
  • Limiter l’impact écologique, car il n’y a ni barrage à construire ni populations à réinstaller ;
  • Contribuer à réduire la pauvreté en créant des emplois et des opportunités de formation ;
  • Optimiser la croissance économique et la demande de biens et services, grâce à la fourniture d’une énergie électrique abordable, propre et fiable, dans une zone géographique plus étendue, notamment dans les zones rurales du Gabon.

Projet d’éoliennes du lac Turkana

Investir dans le plus grand parc à éoliennes d’Afrique

D’ici à 2020, le Kenya aura besoin d’une capacité installée d’énergie supplémentaire de 2 400 MW, outre sa capacité actuelle de 1 340 MW, s’il veut maintenir sa croissance économique. Le pays doit également diversifier ses sources d’énergie, pour cesser de dépendre exclusivement de l’hydroélectricité, car avec la sécheresse persistante, la population subit de plus en plus de coupures de courant généralisées. Au Kenya, la contribution de l’hydroélectricité au bouquet énergétique total a chuté, passée de 65 % en 2007 à 40 % en 2009. Pour remédier à la situation, la BAD est en train d’investir 100 millions de dollars EU dans le projet de construction d’éoliennes du lac Turkana la plus grande initiative en faveur de l’énergie éolienne en Afrique.

Avec une capacité de production supérieure à 300 MW, le parc d’éoliennes fournira une énergie propre et abordable. Implanté dans une région pauvre et reculée du pays, le projet favorisera la mise en place des infrastructures indispensables et fera émerger un important vivier d’emplois. Selon des estimations, le projet permettra d’éviter l’émission de 16 millions de tonnes de gaz carbonique environ (par rapport à des unités de production d’énergie électrique de même capacité, mais alimentées aux combustibles fossiles).

Technologies de l’information et de la communication (TIC)

Les tarifs de l’accès à Internet en Afrique subsaharienne sont les plus élevés au monde, alors que la demande potentielle va croissant. Le coût moyen de la connexion à large bande s’élève à 110 dollars EU environ pour 110 kilobits/seconde, d’après les calculs de l’Union internationale des télécommunications (UIT) et de la Banque mondiale. En Europe et en Asie centrale, le même type de connexion revient à 20 dollars EU, contre 7 dollars EU en Amérique latine et dans les Caraïbes. Les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord payent quant à eux moins de 30 dollars EU.

Pour satisfaire cette demande importante, les opérations du secteur privé de la Banque mobilisent des ressources et des partenariats pour connecter l’Afrique au reste du monde.

En octobre 2009, la BAD a reçu le prix de “Sponsor de l’Année“ décerné par le magazine Africa Investor, en Afrique du Sud, qui saluait son action en faveur du projet de la société Main One Cable (la pose d’un câble sous-marin de fibre optique en Afrique de l’Ouest).

En septembre 2009, la Banque et la société Main One Cable ont signé un accord de prêt d’une valeur de 61 millions de dollars EU en vue du déploiement du câble sous-marin à fibre optique le long de la côte occidentale de l’Afrique. Avec cet investissement, la Banque a encore élargi et raffermi son appui aux projets d’infrastructures et de technologies de la communication, après ses investissements dans le câble sous-marin à fibre optique d’Afrique de l’Est (EaSSy) et dans les deux satellites Rascom et New Dawn.