Crise financière

La crise financière entraine des effets négatifs sur les pays africains et les clients de la Banque.

La Banque africaine de développement (BAD) a attaqué de front ce défi, notamment en analysant les effets de la crise sur l'Afrique et en apportant un soutien concret à ses pays membres régionaux.

Parmi ses principales initiatives, elle a publié un document, intitulé "L’effet de la crise financière mondiale sur l’Afrique", qui présente une évaluation préliminaire de l'impact de la crise financière sur les économies africaines.

Cette étude traite des effets directs de la crise sur les marchés financiers, les marchés de capitaux, les marchés de change et les marchés des matières premières. Elle présente aussi les effets négatifs qui seront principalement ressentis au niveau des flux commerciaux et financiers, notamment les investissements directs étrangers et les transferts des migrants.  Une analyse sectorielle est également menée et porte une attention particulière au tourisme et au secteur minier. Le document conclut par une discussion sur les politiques susceptibles d’atténuer l'impact de la crise.

La BAD a publié une étude sur le même sujet dans une publication du Journal of Globalization and Development (2010), avec un article intitulé "Africa: Africa’s Counter-Cyclical Policy Responses to the Crisis".

L’Afrique et la crise : Prévenir une crise du développement et préparer la reprise

Les économies avancées peuvent aider au redressement de l’Afrique :

  • En poursuivant des stratégies qui stimulent la demande pour les exportations africaines. En effet, la reprise dans les pays développés et les pays émergents aidera l’Afrique à sortir de la crise par l’accroissement des exportations africaines et des mouvements de capitaux.
  • En décourageant les pratiques protectionnistes dans les domaines des échanges et de la finance. Le protectionnisme aura l’effet déplorable de réduire les flux d’échanges et de capitaux.
  • En aidant à accroître les financements à taux concessionnel ainsi que les dons en faveur des pays africains à travers des mécanismes bilatéraux et multilatéraux.
  • En fournissant des financements adéquats aux pays à faible revenu ainsi qu’en contribuant au financement de programmes visant à renforcer les interventions destinées à lutter contre la vulnérabilité.
  • En honorant les promesses de financement faites à l’Afrique.

Néanmoins l’effort doit venir en grande partie du continent. Ainsi, les pays africains doivent :

  • trouver un équilibre entre la réponse à la crise et la réduction des obstacles à une croissance à long terme;
  • rétablir un équilibre entre les sources externes et nationales de la croissance ;
  • accorder la priorité aux infrastructures, à la logistique du commerce et l’intégration régionale ;
  • accélérer les réformes institutionnelles ;
  • concilier le rôle de l’État et le rôle des mécanismes du marché ; ils ne doivent pas se retirer des marchés ni se désengager de l’économie mondiale.

Des gestes concrets

Devant la gravité de la crise et en sa qualité de première banque de développement du continent, la BAD apporte aussi son soutien concret aux institutions et aux projets en Afrique face à l’intensité des chocs extérieurs et à l’assèchement des liquidités.

En effet le Conseil d’administration du Groupe de la BAD a adopté, le mercredi 4 mars 2009 à Tunis, un document de politique portant « Réponse de la Banque à l’impact économique de la crise financière ».  Ce dispositif comprend quatre initiatives devant être considérées dans leur ensemble :

  • Une Facilité de liquidité d’urgence, dotée d'un budget de 1,5 milliard 
  • Une Initiative de financement du commerce : Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé, le 1er juillet 2009 à Tunis, un investissement de 500 millions de dollars dans le Programme de liquidité pour le commerce extérieur (GTLP) au titre de la seconde phase de son Initiative de financement du commerce. La première phase, approuvée en mars 2009, se chiffrait à 500 millions de dollars en lignes de crédit destinées à appuyer le financement du commerce par les banques africaines. Les deux phases réunies totalisent ainsi un engagement de 1 milliard de dollars. L’investissement initial de la Banque de 500 millions de dollars a fait du GTLP le plus grand contributeur unique au financement du commerce en Afrique. Avec cette mise, la Banque a permis d’augmenter la part des ressources du GTLP ciblant expressément l’Afrique
  • Un plan d'action pour l’accélération du transfert des ressources aux pays éligibles au Fonds africain de développement (FAD)
  • Le enforcement du rôle de conseil en matière de politiques économiques.

Cette réponse est fortement basée sur les conclusions de la Conférence des ministres africains des finances et des gouverneurs de banques centrales, organisée à l’initiative de la BAD.  En effet, le 12 novembre 2008, les dirigeants de la Banque africaine de développement, de l’Union africaine et de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique ont organisé cette rencontre à Tunis, Tunisie, pour échanger sur la crise financière et économique internationale.

La rencontre a permis la mise en place du Comité des Dix, mis sur pied pour analyser la crise et pour proposer des recommandations aux chefs d’Etat africains.

Le 17 mars 2009, le Comité a présenté un rapport intitulé « L’impact de la crise sur les économies africaines – Poursuivre dans la voie de la croissance et de la réduction de la pauvreté, Perspectives africaines et recommandations au G20 », remis au Premier ministre britannique, M. Gordon Brown.

M. Brown a accueilli le sommet du G20 à Londres le 2 avril 2009. 

La Grande-Bretagne présidait en effet le Groupe des 20 (G20) en 2009.

La crise économique et financière continue de retenir l’attention internationale. Le ralentissement économique s’avère plus grave et la relance sera plus lente que prévu. Les BMD ont pris des mesures exceptionnelles en guise de réponse, mais il faudra reconstituer leurs ressources plus tôt que prévu. Le débat se poursuit sur les rôles respectifs des institutions, sur leur représentation et leur participation.

La BAD a enregistré une hausse record de requêtes de la part des pays membres régionaux et y a répondu en conséquence. Le montant total des financements accordés par le Groupe de la BAD devrait s’élever à 15 milliards de dollars EU en 2009, soit le triple du chiffre prévu avant la crise au titre de la Stratégie à moyen terme (SMT) de la Banque. Les demandes de prêt déjà reçues pour 2010 s’élèvent à 7,7 milliards de dollars EU, soit plus du double des prévisions de la Stratégie à moyen terme.

Pour le reste de l’année 2009, la communauté internationale accordera une attention accrue à l’impact de la crise financière et économique, ainsi qu’aux réponses mondiales. Après le Sommet du G8, du 8-10 juillet en Italie, l’attention est retenue par le processus de préparation du Sommet du G20 de Pittsburgh, prévu le 26 septembre 2009.

Le sommet du G20 s’est achevé à Pittsburgh, le 25 septembre 2009, sur un accord pour relancer l’économie mondiale, fixer des règles en matière financière et promouvoir une nouvelle gouvernance qui laisserait plus de place aux pays émergents.








Krystal Krystal - Hungary 28/06/2011 03:17
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