Agenda de développement pour l’après 2015

À l‘approche de 2015, l’année butoir pour la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement (OMD), désormais distante de moins de trois ans, les praticiens du développement, et notamment les institutions des Nations Unies (ONU), ont engagé des consultations pour définir les contours d’un agenda de développement au-delà de 2015.

En collaboration avec la Commission de l’Union africaine (CUA) et le Bureau régional pour l’Afrique du Programme des Nations Unies pour le développement (BRA/PNUD), la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a organisé un atelier régional à Accra, au Ghana, en novembre 2011, en vue d’entamer un dialogue entre les responsables politiques des pays concernés pour définir la position de l’Afrique sur le programme post  2015. Par ailleurs, les cinq Commissions régionales des Nations Unies ont entrepris la rédaction d’un rapport sur le programme de développement de l’après 2015 intitulé Beyond 2015: A Future UN Development Agenda (Programme de développement des Nations Unies au-delà de 2015). Ce document devrait comporter les principaux éléments d‘un programme mondial pour le développement envisagé selon une perspective régionale.

Tout  débat substantiel sur les priorités de l’Afrique au-delà de 2015 doit être obligatoirement fondé sur les expériences et les leçons apprises au niveau des différents pays africains en relation avec la réalisation des OMD. L’examen des éditions précédentes du rapport laisse à penser que la qualité des services sociaux, les inégalités, le chômage (notamment celui des jeunes), la vulnérabilité face aux chocs, la pérennité des performances économiques, sociales et environnementales et la croissance inclusive comptent au nombre des problèmes récurrents de l’Afrique, et doivent, par conséquent, alimenter l’agenda de développement pour l’après 2015.

La qualité des services publics fournis demeure un sujet de préoccupation majeur, en dépit des bons résultats enregistrés au titre des indicateurs sociaux, notamment en ce qui concerne le taux de scolarisation dans l’enseignement primaire. En effet, les faibles taux d’achèvement des cycles d’études, le manque d’enseignants qualifiés, de médecins et de personnel compétent pour assurer les accouchements, ainsi que l’insuffisance des infrastructures scolaires et sanitaires sont autant d’exemples de la qualité médiocre des prestations offertes. Il importe donc aux responsables politiques africains de veiller à ce que les services sociaux bénéficient de normes minima de qualité.

Le Rapport OMD a plusieurs fois montré, dans ses différentes éditions annuelles, que les performances globales de l’Afrique en matière d’OMD masquaient de fortes inégalités dans l’accès aux services sociaux, fondées sur le revenu, le genre ou le milieu de résidence. Si elles ne sont pas corrigées, de telles tendances risquent de conduire à des tensions sociales et de compromettre les gains obtenus au titre des OMD. De ce fait, il est impératif que les décideurs conçoivent des politiques susceptibles de réduire les inégalités, de promouvoir la cohésion sociale et d’appuyer les progrès soutenus de l’Afrique dans la réalisation des OMD.

Le rapport 2012  souligne également la faible incidence de la récente reprise économique de l’Afrique sur la création d’emplois et la réduction de la pauvreté. Concourant à cet état de choses la forte dépendance de plusieurs pays africains à l’égard de leurs exportations de matières premières et de leurs industries extractives à forte intensité de capital empêche toute répercussion des retombées de cette activité sur les autres secteurs de l’économie. Tous ces facteurs sont responsables de l’enclavement structurel de ces pays, et réduisent à néant leur capacité à traduire leur croissance économique en termes de création massive d’emplois et de réduction significative de la pauvreté.

Les efforts déployés à l’échelle du continent en vue d‘atteindre les OMD se caractérisent par des variations importantes et persistantes en termes de performances, au niveau des juridictions sous-régionales, nationales et infranationales. Au plan sous-régional, l’Afrique du Nord continue à enregistrer les meilleurs résultats en ce qui concerne la plupart des OMD. Elle serait donc en mesure de partager  son expérience avec d’autres sous-régions (en tenant évidemment compte des différences de contexte). À l‘échelon des pays, les variations de performances dénotent souvent des différences dans les conditions initiales. En revanche, les différences infranationales sont généralement le fait de disparités liées à la dimension de genre et de milieu de résidence.

La décennie écoulée a dévoilé l’ampleur de la vulnérabilité des pays aux chocs socio-économiques et climatiques, survenus lors de différents événements: crise financière mondiale, flambée des prix alimentaires, intensification et fréquence accrue des aléas naturels et conflits récurrents. L’agenda de développement pour l’après 2015 devra obligatoirement rendre l’Afrique plus résiliente à de telles situations en s’attelant aux vulnérabilités qui y  sont associées. L’activité économique doit s’accompagner de mesures favorables à l’adaptation et l’atténuation liées au changement climatique et d’un pilotage du développement sur la voie d’une croissance faiblement émettrice de carbone. Ces grandes orientations sont reprises dans l’édition 2012 du rapport sur l‘Évaluation des progrès accomplis en Afrique dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, qui offre une perspective générale des priorités du continent en matière de développement pour l’après 2015.








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