La nutrition en Afrique


Une nutrition de qualité est la pierre angulaire d’un développement de qualité, tant humain qu’économique. Partant, la nutrition est au cœur des programmes « Nourrir l’Afrique » et « Améliorer la qualité de vie de la population de l’Afrique », qui figurent dans le Top 5 des priorités de la Banque.

Une nutrition améliorée contribue à la réduction de la pauvreté, à une meilleure santé et à une baisse du taux de mortalité, notamment chez les plus vulnérables, comme les femmes et les enfants. La Banque entend investir davantage dans la lutte contre la sous-nutrition, ainsi que dans des activités spécifiques en faveur de la nutrition, dans tous les secteurs où elle intervient, par le biais de partenariats et d’investissements directs.

La malnutrition revêt deux dimensions : la sous-nutrition d’une part, et le surpoids/l’obésité d’autre part. La sous-nutrition se décline elle-même en trois volets : l’insuffisance pondérale, la cachexie et le retard de croissance. Les enfants sous-alimentés dans les 1 000 premiers jours de leur vie – soit du début de la grossesse de la mère jusqu’aux deux ans de l’enfant – sont sujets à des maladies chroniques et à un développement cognitif altéré. À l’instar de l’insuffisance pondérale et de la cachexie, le retard de croissance à des effets irréversibles bien que différents : un potentiel d’apprentissage diminué notamment, une faible réussite scolaire ou encore une capacité de travail et une productivité réduites une fois parvenu à l’âge adulte.

En Afrique, la malnutrition atteint des sommets inacceptables : 36 % des enfants de moins de cinq ans, soit 58 millions, souffrent de malnutrition chronique ; et 8,5 % des enfants, soit 13 millions, sont gravement sous-alimentés. La malnutrition chronique a été identifiée comme la cause sous-jacente de près de la moitié des décès d’enfants en 2015 en Afrique subsaharienne.

L’impact économique de la malnutrition sur le continent africain s’élèverait à 25 milliards de dollars EU par an. Le PIB annuel de certains pays se verrait même amputé de 3 % à 16 %. De tels coûts sont dus au taux de mortalité infantile, aux coûts médicaux, au développement cognitif réduit et au sous-développement physique qu’entraîne la malnutrition.

L’Afrique a tout intérêt à investir dans la lutte contre la sous-nutrition, d’autant que pour chaque dollar investi, le retour sur investissement est de 16 dollars EU. La menace d’insécurité alimentaire sur le continent africain offre l’opportunité de mettre l’accent non seulement sur la quantité d’aliments produits, mais aussi d’améliorer les rendements agricoles et l’approvisionnement en nourriture pour veiller aussi à la qualité nutritive des denrées alimentaires.

Dans la droite ligne de la vision du président Adesina, qui ambitionne de mener l’Afrique à la prospérité alimentaire, la Banque est déjà parvenue à des résultats significatifs dans ses actions de promotion d’une meilleure nutrition sur le continent. Le président a également lancé l’initiative African Leaders for Nutrition (Dirigeants africains pour la nutrition), le 23 mai 2016. Le président Adesina, auquel se sont joints l’ex-président ghanéen John Kufour et l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, a lancé un appel à tous les dirigeants africains et aux ministres des Finances, les exhortant à s’engager en faveur d’une Afrique libérée de la faim. La Banque a également formé des partenariats fructueux avec des organismes aux vues similaires, comme la Fondation Bill et Melinda Gates, la Fondation Dangote et la Big Win Philanthropy, The Global Panel et le réseau Scale Up Nutrition, afin de soutenir le programme en faveur de la nutrition en Afrique (l’Africa Nutrition Agenda). Objectif : produire des données analytiques et mener des recherches sur l’amélioration des normes en matière de nutrition à travers le continent.

La Banque a également contribué à mettre en place des mécanismes efficaces visant à promouvoir une meilleure nutrition à Madagascar, en améliorant l’accès aux aliments enrichis, en particulier dans le sud du pays. En Zambie, la Banque a investi 30 millions de dollars EU dans le projet Perfectionnement des compétences et entrepreneuriat : soutenir les femmes et les jeunes. Ledit projet appuie le développement de la chaîne de valeur du manioc en mettant l’accent sur la commercialisation des produits dérivés, par le biais de clusters industriels dont sont dotées 17 000 associations de cultivateurs de manioc. Cette initiative permettra, non seulement de garantir des rendements élevés, mais également d’aider à la construction de 15 centres de groupage pour le manioc, dont 5 seront équipés pour gérer la production de « gari » par une coopérative de 500 femmes.

La Banque compte également lancer un programme intensif d’acquisition de connaissances afin de doter ses équipes des capacités nécessaires pour promouvoir le programme "Better Nutrition Agenda" partout en Afrique. Des programmes novateurs seront aussi développés avec le secteur privé, dans le but de développer des solutions commerciales qui participent à la promotion d’une meilleure nutrition en Afrique.

Video - Nutrition: Building economies through grey matter infrastructure