Intégration régionale

L’intégration régionale est une aspiration du continent consacrée par les dispositions de l’Accord portant création de la Banque, depuis sa mise en place en 1964.

Le Groupe de la Banque a investi un volume important de ressources financières et non financières, pour appuyer des initiatives d’intégration partout en Afrique.

Le programme d’intégration régionale sur le continent est axé sur le programme du NEPAD défini par l’Union africaine, centré sur des piliers choisis et destiné à produire des résultats par la promotion de partenariats aux échelons mondial, régional et national.

La vision

La vision de la Banque est celle d’un continent fort et prospère, qui soit intégré sur le plan régional et intégré à l’économie mondiale. La vision de la Banque appuie la vision stratégique de l’Union africaine, qui consiste à construire une Afrique unie et intégrée, dont les fondements reposent sur l’intégration politique, économique, sociale et culturelle.

La vision propose une série d’interventions plus ambitieuses, mieux ciblées et mieux coordonnées par le Groupe de la Banque, ainsi qu’une collaboration et un partenariat plus étroits avec les parties prenantes.

La stratégie

La stratégie tient compte de la politique du Groupe de la Banque en matière d’intégration régionale et de coopération élaborée en 2000, et du cadre des opérations régionales au titre de la Onzième reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-11). Elle met l’accent sur le triple rôle de mobilisateur de ressources financières, de promoteur du savoir et de partenaire, et s’appuie sur les principaux avantages comparatifs de la Banque, en tant que première institution africaine de financement du développement.

La stratégie est sous-tendue par deux piliers qui se renforcent mutuellement. Ces piliers tiennent compte des domaines prioritaires où la Banque a des compétences spécifiques et où elle est stratégiquement bien placée pour intervenir.

Il s’agit:

  • De l’infrastructure régionale; et
  • Du renforcement des capacités institutionnelles, y compris la facilitation du commerce.

Bien que la Banque compte travailler avec les communautés économiques régionales (CER) désignées par l’Union africaine, elle évaluera le degré d’engagement et de soutien dont ses organisations partenaires bénéficient auprès de leurs pays membres, ainsi que leur capacité d’exécution de programmes et leurs structures de gouvernance, en vue d’assurer la durabilité des programmes. Il y a également la question des États fragiles, des autres pays à faible revenu et pays à revenu intermédiaire engagés dans certains programmes communs d’intégration.

La stratégie propose, par conséquent, à la Banque de fournir une aide spéciale au renforcement des capacités en faveur d’États fragiles, dont les institutions sont très faibles, et d’élaborer des instruments novateurs, afin d’aider à résoudre le problème des pays à revenu intermédiaire qui doivent emprunter à des taux du marché pour participer à des opérations régionales entreprises avec des pays à faible revenu bénéficiaires de ressources concessionnelles.

Comprendre l’intégration régionale

Les termes «intégration régionale» renvoient à l’aboutissement de processus, y compris des dispositifs de coopération, la mise en œuvre de traités intergouvernementaux et de processus axés sur le marché, par lesquels les économies des pays d’une région deviennent plus étroitement interconnectées.

L’intégration régionale est essentielle pour créer des marchés, bâtir des économies solides et diversifiées, créer de possibilités de croissance et attirer de nouvelles sources d’investissement.

La petite taille et la structure de production primaire des économies africaines justifient la nécessité, pour ces pays, de privilégier une coopération économique mutuellement bénéfique et une intégration régionale, surtout entre États voisins.

Depuis les premières années de l’indépendance de l’Afrique, la nécessité de l’intégration régionale a occupé une place de choix dans la vision politique et économique des dirigeants du continent. La fragmentation de l’Afrique en une multitude de petites nations, avec peu de cohérence économique, avait poussé les dirigeants africains, au lendemain de l’indépendance politique, à faire de l’intégration régionale un des piliers centraux de leur stratégie de développement.

Ces deux dernières décennies, la donne de la mondialisation a rendu cet impératif encore plus pressant, dans une Afrique appelée à faire face aux défis de la mondialisation. En dépit de l’engagement politique et des efforts déployés pour traduire dans les faits la vision d’intégration régionale en Afrique, les progrès réalisés en la matière ont été à la traîne des autres régions en développement.

Les défis à relever pour l’intégration régionale et l’exploitation du potentiel de l’Afrique sont complexes et variés.

Une difficulté de taille découle de contraintes «immatérielles» liées à l’infrastructure, qui entravent le processus d’intégration régionale, et découragent l’investissement et les échanges.

Ces contraintes sont notamment : le caractère peu développé des marchés financiers ; la complexité des procédures régissant l’investissement et l’entreprise ; la complexité des accords douaniers ; et le manque d’harmonisation des politiques, réglementations et procédures applicables à l’investissement, aux échanges et au développement de l’infrastructure aux échelons régional et continental.

En outre, le caractère peu développé de l’infrastructure matérielle et de la connectivité demeure un des principaux obstacles au développement de l’entreprise, à l’investissement et à la compétitivité commerciale de l’Afrique, et empêche le continent de tirer largement parti de la mondialisation et de l’intégration régionale.

Ce que la BAD a fait

Le Groupe de la Banque a fourni une assistance technique massive, des conseils stratégiques, un plaidoyer et une gamme de produits du savoir en faveur de l’intégration africaine et des initiatives commerciales aux échelons continental et régional.

Activités hors prêts

La Banque a joué un rôle dans la mise en place d’organisations régionales importantes. En tant que partenaire stratégique dans le cadre de la mise en œuvre du NEPAD, la Banque a également été désignée chef de file pour le développement de l’infrastructure, et les normes bancaires et financières.

Dans l’accomplissement de ce dernier rôle, la Banque a participé à l’élaboration du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), auquel elle continue d’apporter son concours. En tant que conseiller principal de l’Union africaine/NEPAD pour le développement du programme d’infrastructure, le Groupe de la Banque a fourni un appui substantiel à l’élaboration du Plan d’action à court terme (PACT) et de l’actuel programme pour le développement des infrastructures en Afrique (PDIA).

Pour faire face aux nombreux défis qui interpellent le continent pour la transformation des projets prioritaires du NEPAD en projets bancables, la Banque a facilité, en 2004, la création du Mécanisme de préparation des projets d’infrastructure du NEPAD (IPPF), qu’elle héberge.

La BAD a établi de solides partenariats avec la Conférence économique africaine et l’Union africaine, et contribué à la réalisation de l’étude sur laquelle repose la rationalisation des CER.

La Banque a également fourni un appui technique considérable et des conseils stratégiques, tant aux pays membres régionaux qu’aux CER, sur des approches d’établissement et de consolidation de la coopération régionale, des échanges et de l’intégration économique, y compris les processus de création de la Communauté économique africaine.

De solides partenariats ont également été noués avec des partenaires multilatéraux et bilatéraux désireux d’aider les pays africains à renforcer la coopération et approfondir l'intégration régionale ainsi que la participation au processus de l'OMC.

Dans le domaine de la création, de la mobilisation et de la diffusion du savoir, la Banque a mené et publié des recherches approfondies et des analyses statistiques sur des sujets clés liés à l'intégration régionale et au commerce.

Les activités de prêt

Le Groupe de la BAD a financé des initiatives multinationales, sous-régionales et continentales depuis le début des années 1970. Au cours de cette période, elle a financé plus de 200 activités réparties dans plusieurs pays et concernant sur pratiquement tous les pays africains. Ces opérations couvrent les investissements pour des projets et des secteurs, le renforcement des capacités, l'appui à la préparation de projets, l’assistance technique et des prises de participation à des fonds à risques.








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