Initiative pour l’alimentation en eau et l'assainissement en milieu rural
Contexte et objectif
Contexte: La stratégie de la BAD dans le secteur de l’eau et de l’assainissement est d’accroître ses financements d’interventions en milieu rural, où vivent 65% des populations les plus pauvres. La stratégie prend également en charge les zones périurbaines et urbaines, l’irrigation, l’énergie hydraulique et la gestion des ressources en eau transfrontalières. En 2003, la BAD a développé l’initiative sur l’approvisionnement en eau et l’assainissement en milieu rural (IAEAR), qu’elle tient pour importante.
Le volet rural de cette Initiative s’aligne sur les objectifs stratégiques d’investissement de la Banque pour stimuler la croissance économique à travers des actifs productifs, des services sociaux, l’infrastructure et la technologie, le savoir et l’information.
Objectif : L’objectif de l’IAEAR est de réduire la pauvreté par l’atteinte des OMD en relevant l’accès aux infrastructures appropriées d’approvisionnement en eau et d’assainissement en milieu rural à 80% d’ici 2015, de façon durable et dans un environnement sain. L’initiative cherche à faciliter la mobilisation ainsi que l’affectation des ressources disponibles et potentielles afin d’accélérer les investissements en matière d’IAEAR en Afrique.
Secteurs focaux.
Les secteurs focaux comprennent l’approvisionnement en eau, l’assainissement, l’éducation en matière d’hygiène, les politiques et stratégies sectorielles, le renforcement des capacités et la mobilisation de fonds pour l’eau et l’assainissement en milieu rural.
Bénéficiaires visés
L’initiative vise à permettre, d’ici 2015, l’accès à l’eau potable à 271 millions de personnes et l’accès à l’assainissement à près de 295 millions de personnes vivant en milieu rural en Afrique.
La stratégie de l’IAEAR consiste à accélérer le taux de couverture de l’approvisionnement en eau potable et d’assainissement de façon durable, à travers :
- la promotion de l’IAEAR en Afrique
- la mobilisation de plus de fonds auprès des agences d’aide publique au développement (Monterrey), des pays membres régionaux, des ONG, et des collectivités
- l’adoption de mécanismes permettant d’accélérer la préparation et la mise en œuvre de programmes nationaux d’approvisionnement en eau et d’assainissement en milieu rural
- l’adoption d’une approche tirée par les besoins par opposition aux approches multi-projets
- la promotion de l’assainissement, en se concentrant sur la promotion de l’hygiène, de l’éducation et de la santé
- l’accent sur le renforcement des capacités pour les institutions gouvernementales décentralisées, les collectivités, le secteur privé et les artisans
- la participation des bénéficiaires, particulièrement les femmes, à la conception et à l’exécution des programmes dans le contexte de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE).
- la durabilité à travers la promotion de technologies appropriées basées sur le consensus des bénéficiaires, ainsi que l’utilisation pratique du savoir local dans la mise en œuvre et la gestion de ces technologies
Financement
Les ressources destinées au financement des actions de l’IAEAR proviennent de la BAD, d’autres bailleurs (bilatéraux et multilatéraux), des ONG, des gouvernements, ainsi que des collectivités bénéficiaires. La BAD utilise plusieurs moyens de financements pour soutenir les actions d’approvisionnement en eau et assainissement :
- les prêts ordinaires BAD/FAD (prêts commerciaux de la BAD, prêts concessionnels FAD) et les dons FAD),
- le Fonds spécial de l’IAEAR (dont les opérations ont commencé en 2007).
Le programme de financement se présente comme suit :
- 30% de la BAD,
- 50% des bailleurs bilatéraux et multilatéraux, comprenant le Fonds spécial de l’IAEAR;
- 15% des gouvernements ;
Les pays contribuant au Fonds spécial de l’IAEAR sont la France, le Danemark et les Pays-Bas. La dotation initiale s’élevait à 90 millions d’euros. Deux nouveaux bailleurs, le Canada et la Suisse, ont rejoint le Fonds en 2009, avec des contributions respectives de 24 millions d’euros et 2,16 millions d’euros.
Résultats
Vingt cinq programmes ont été approuvés par la BAD dans 20 pays pour un financement total de 1,44 milliards d’UC. La Banque a apporté une contribution de 600 millions d’UC sur les ressources BAD/FAD, et le Fonds spécial IAEAR a contribué pour 59 millions d’UC. Le reste, d’une valeur de 790 UC, a été financé par d’autres partenaires au développement, des gouvernements africains et les collectivités bénéficiaires. Les 20 pays bénéficiaires du RWSSI sont le Bénin, le Burkina Faso, la RCA, les Comores, le Tchad, l’Ethiopie, le Ghana, le Kenya, Madagascar, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Maroc, le Niger, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie. Les 25 programmes ont pu attirer 1,03 milliards d’euros d’autres bailleurs et bénéficiaires.
Ces 25 programmes assureront l’accès à l’approvisionnement en eau et à l’assainissement à plus de 31 millions de personnes d’ici 2010. A fin de décembre 2009, près de 25,7 millions de personnes ont eu accès à l’eau potable et 17,03 millions à l’assainissement amélioré grâce à l’initiative. Le nombre de personnes ayant accès à l’eau potable et à l’assainissement augmente considérablement.
La mise en œuvre de ces programmes a en partie satisfait largement aux exigences de la Déclaration de Paris. C’est ainsi que, notamment :
- 11 programmes sont basés sur des programmes nationaux qui ont adopté la méthode SWAP ;
- 6 programmes emploient des systèmes nationaux pour les acquisitions au niveau national et des systèmes des bailleurs pour les acquisitions au niveau international ;
- 2 programmes emploient des systèmes nationaux et sont financés sur le budget du secteur ;
- 11 programmes sont mis en œuvre sur la base de modes opératoires consensuels au niveau national ; et
- 8 programmes ont développé des systèmes communs de suivi et effectuent des revues sectorielles annuelles.
Administration et structure de gouvernance
Le Comité du Fonds spécial de l’IAEAR : les donateurs et le département Eau et assainissement (OWAS). Le Comité se réunit une fois par an pour examiner les progrès et approuver le plan de travail annuel.
Point focal du Fonds spécial de l’IAEAR : le département Eau et assainissement évalue et traite le programme selon le processus de revue interne de la Banque.
Processus d’approbation : les programmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement cofinancés par le Fonds spécial de l’IAEAR suivent le processus d’approbation de la BAD, à travers son Conseil d’administration.
Expériences, défis, perspectives
Expériences : l’approche axée sur les programmes est appliquée à 60% des actions de l’IAEAR, avec moins de recours aux cellules d’exécution de projet (CEP) et un gain de temps dans l’élaboration des programmes.
Défis : mobilisation de ressources supplémentaires, mise en œuvre rapide des programmes, et renforcement des capacités du secteur.
Perspectives :
- mobiliser plus de ressources pour l’IAEAR ;
- continuer, au plus haut niveau, le plaidoyer politique en faveur de l’IAEAR ;
- continuer à renforcer la collaboration avec les partenaires au développement ;
- utiliser de plus en plus les systèmes nationaux pour les acquisitions et la gestion financière ;
- augmenter l’appui au renforcement des capacités pour une durabilité à long-terme, sans oublier celles des prestataires de services, et renforcer la collaboration avec les ONG ;
- développer les systèmes de suivi-évaluation (S&E) avec des indicateurs appropriés au niveau national, commencer avec des systèmes plus simples et les renforcer.
