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Allocution du Dr Akinwumi A. Adesina, Président du Groupe de la Banque africaine de développement, à l’occasion de la Conférence des bailleurs de fonds et des investisseurs de Madagascar, Paris, 1-2 décembre 2016

05/12/2016
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Monsieur le Président de la République de Madagascar, Excellence Monsieur Hery RAJAONARIMAMPIANINA

Monsieur le Secrétaire d’Etat chargé du développement et de la francophonie, Monsieur André Vallini

Mesdames et Messieurs les Ministres

Madame la Secrétaire Générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Madame Michaelle Jean

Monsieur le Directeur Adjoint de l’UNESCO, Monsieur Getachew Engida

Excellences Mesdames et Messieurs

Je voudrais tout d’abord adresser au nom du Groupe de la Banque africaine de développement, mes plus vifs remerciements à son Excellence le Président Monsieur Hery RAJAONARIMAMPIANINA, et à son Gouvernement pour m’avoir invité à prendre la parole à cette cérémonie d’ouverture de la Conférence des Bailleurs et Investisseurs de Madagascar.

Monsieur le Président, je vous remercie de m’avoir convié à cet évènement.  Quand je vous ai rencontré à Madagascar au mois de septembre dernier, j’ai senti votre engagement et votre détermination à donner vie à un Madagascar nouveau.  J’ai été particulièrement touché quand vous avez dit que votre pays n’avait aucune raison d’être pauvre.  Je suis d’accord avec vous qu’avec le potentiel du pays nous devons passer de l’ère de la pauvreté à l’ère de la prospérité.

Madagascar doit en effet être reconnu pour sa richesse et non pour sa pauvreté.  Notre enjeu à tous est de soutenir le Président de la République et le bon peuple de Madagascar à travers le Plan National de Développement (PND).  C’est pourquoi quand vous m’avez invité à être à vos côtés, je n’ai pas hésité à répondre à votre appel, parce que je partage  votre passion.  Permettez-moi d’être encore plus claire.  Nous sommes ici pour vous soutenir de toutes nos forces.

Cette conférence qui se tient dans cet excellent cadre de travail de l’UNESCO est un évènement majeur de concertation entre le Gouvernement malgache et la communauté des partenaires et des investisseurs, et ce, pour prospecter ensemble les possibilités de financement du Programme National de Développement – le PND - sur la période 2015-2019.

Je voudrais donc ici, féliciter chaleureusement les hautes autorités malgaches pour l’initiative de cette conférence et pour son organisation impeccable, qui, je l’espère, sera couronnée de succès. Je voudrais également adresser mes sincères remerciements à tous les partenaires et investisseurs, parties prenantes à cette rencontre. Votre mobilisation, grande et de très haut niveau, témoigne de tout l’intérêt que nous portons tous au développement de la Grande Ile.

Excellence Monsieur le Président,

Honorables participants,

J’ai eu le plaisir de visiter Madagascar pour la première fois au début du mois de septembre dernier. J’ai pu me rendre compte alors, des énormes potentialités dont ce pays est gratifié. J’ai aussi senti et apprécié la forte volonté des autorités malgaches, déterminées à conduire le pays sur les sentiers de l’espérance. Madagascar revient  de loin ; et nul doute que ce pays a besoin de notre grande et entière solidarité.

Comme vous le savez, le pays dispose de ressources naturelles importantes. Son potentiel hydroélectrique par exemple lui permettrait une production estimée à 7800 MW.

Madagascar possède également 35 millions d’hectares de terres arables, dont seulement 5% est actuellement exploité. C’est un énorme potentiel qui permettrait de répondre aux impératifs de sécurité alimentaire pour le pays, et au-delà, pour les  pays de l’Océan Indien. 

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le souligner toutefois, le potentiel ne se  consomme pas, mais plutôt il se met en valeur. Cette conférence offre  donc une perspective pour combler le gap entre le potentiel et sa mise en valeur, telle que déclinée par le Plan National de Développement. C’est l’occasion pour nous, partenaires et investisseurs, de fédérer nos énergies pour accompagner vigoureusement la mise en œuvre du PND.

C’est aussi l’occasion pour nous, de conjuguer nos efforts pour aider Madagascar à se relever des conséquences de près d’une décennie de déficit d’investissements, lequel a aggravé la pauvreté, l’insécurité alimentaire et la malnutrition des populations. Vous me permettrez ainsi de rappeler que malheureusement, 73,7% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté avec moins de 2 dollars par jour ; et ce niveau atteint même 97% de la population dans la région d’Androy au Sud.

En plus des coûts économiques, financiers et sociaux énormes du sous-investissement chronique du passé, Madagascar doit également faire face aux effets des changements climatiques, avec  notamment la survenue d’épisodes récurrents d’inondations et de  sécheresses. 

Excellence Monsieur le Président,

Honorables participants, 

Chers partenaires et investisseurs,

Face à ces nombreux défis socio-économiques et humanitaires, nous sommes interpellés à faire plus et davantage pour la Grande Ile. Je voudrais inviter tous les partenaires à se mobiliser pour un engagement décisif que je baptiserai « Initiative Spéciale pour Madagascar ». 

Il est vrai, nous avons par le passé fourni  à ce pays, ici et là, et même souvent, des appuis par le biais d’actions d’urgence humanitaire. De toute évidence, les actions d’urgence si nécessaires soient-elles, ne viendront pas à bout des défis qui s’imposent à Madagascar.

Je voudrais donc le réitérer, cette conférence est l’occasion de nous engager autrement pour Madagascar, de nous engager vigoureusement aux côtés de Madagascar, et de nous engager pour l’avènement d’un Madagascar nouveau.

Je voudrais lancer un plaidoyer fort en faveur du Plan national de développement, porteur et demandeur d’actions transformatrices à grande échelle, et pour l’avènement de ce Madagascar nouveau. 

Pour sa part, la Banque renouvelle son engagement sans faille à soutenir le Plan national de développement.

Je me félicite d’ailleurs de constater que les priorités de ce plan s’inscrivent en droite ligne avec les cinq grandes priorités que j’ai fixées pour mon mandat à la tête la Banque, à savoir : éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie; nourrir l'Afrique; industrialiser l'Afrique; intégrer l'Afrique; et améliorer la qualité de vie des populations africaines.

Excellence Monsieur le Président,

Honorables participants,

Nous le savons tous, enclencher l’engagement du secteur privé nécessite de relever des défis complexes et nombreux, pour créer un environnement attractif. Entre autres, il s’agit de la vétusté et l’insuffisance d’infrastructures (énergie, route), des contraintes d’accès à la terre, du système judiciaire encore perfectible, du système financier peu performant.  La Banque est prête, je puis vous l’assurer, à appuyer Madagascar à créer les conditions nécessaires à l’éclosion du secteur privé et des investissements en toute sécurité.

A cet égard, les efforts dont les autorités ont fait preuve, sont encourageants. Je voudrais mentionner au plan politique, la mise en place d’institutions légitimes issues d’élections démocratiques, et au plan économique, la conclusion en juillet avec le Fonds monétaire international (FMI), d’un accord au titre de la Facilité élargie de crédit. Ce sont des signes que nous considérons très positifs.

Abordant les axes de notre coopération future avec Madagascar, je voudrais indiquer que dans le cadre de la  stratégie 2017-2021 en cours de préparation, la Banque se propose de mettre en œuvre à Madagascar, ses  cinq priorités stratégiques.

Dans le secteur de l’énergie, nous poursuivrons l’appui aux réformes, en synergie avec les actions  des autres partenaires déjà engagés dans le secteur, dont le FMI, la Banque mondiale et l’Allemagne.  En outre, la Banque, aux  côtés des autres partenaires apportera un soutien pour développer l’immense potentiel hydroélectrique du pays.

Pour la transformation de l’agriculture et le développement de l’agro-industrie, la Banque accompagnera les autorités, toujours en synergie avec les autres partenaires, pour créer les conditions nécessaires à l’investissement privé dans l’agriculture. Car, avec son immense potentiel, Madagascar pourra passer d’une agriculture traditionnelle de subsistance à une agriculture moderne exportatrice, et qui s’étendra aux chaines de valeur agro-industrielle.

Honorables participants,

Plus spécifiquement, la Banque concentrera son action sur le développement de pôles de croissance agricole et des plateformes agroindustrielles. Ce type d’infrastructure de production est essentiel pour permettre au secteur privé d’investir dans de bonnes conditions, tout en contribuant  au développement des chaînes de valeur agricole et à la création d’emplois décents pour les jeunes et les femmes.

En termes d’instruments de financement, notre institution fournira à l’Etat et aux acteurs du secteur privé, les instruments adaptés à la situation du pays. Il s’agit notamment des Garanties partielles de risque et des Garanties partielles de crédit. Nous actionnerons aussi le Guichet destiné au financement de projets bancables portés par le secteur privé. Enfin, l’un des principes directeurs des interventions de la Banque sera d’apporter un appui financier catalytique tout en développant des partenariats avec d’autres acteurs, publics et privés.

Aujourd'hui, les engagements en cours du Groupe de la Banque Africaine de Développement à Madagascar en soutien à la mise en œuvre du Plan national de développement, portent sur 9 opérations d’un montant total de 250 millions de dollars américains.

Excellence Monsieur le Président Héry, je sais que vous êtes déterminé à aller vite, très vite, si vous en avez les moyens. Eh bien vous avez raison. Le Groupe de la Banque africaine de développement se propose de mobiliser  1 milliard de dollars pour accompagner vos efforts dans la mise en œuvre du Plan national de développement.

Avec ce montant de financement d’opérations en faveur des secteurs publics et privés, la Banque entend ainsi prendre sa part de responsabilité, toute sa part, aux côtés de tous ici présents, pour relever  le grand défi de faire de Madagascar un pays prospère.

Déployons tous nos efforts pour mobiliser les ressources nécessaires afin que de cette enceinte nous envoyions au peuple de Madagascar un message d’espoir, un message de soutien, un message de solidarité et un engagement ferme pour un Madagascar nouveau, un Madagascar plein d’espoir, un Madagascar plein d’opportunités, un Madagascar dont le potentiel est pleinement exploité.

Je vous remercie pour votre aimable attention.


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