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Financé à 70 %, par la Banque africaine de développement, le nouveau corridor routier CU9 reconnecte Ouagadougou au port de Lomé

28-Jan-2019

 

De jour comme de nuit, les transporteurs et chauffeurs routiers peuvent désormais franchir la frontière et parcourir les 975 kilomètres du tronçon Lomé-Ouagadougou en moins de trois jours. Depuis que la route a fini d’être réhabilitée, en octobre 2017 après cinq ans de travaux, leur trajet est devenu beaucoup moins éreintant, moins risqué et plus rapide.

Depuis qu’elle a donné son feu vert au projet, en 2012, la Banque africaine de développement a fourni 238 millions de dollars, à travers son Fonds africain de développement et la Facilité des États fragiles. Au total, le Groupe de la Banque a assumé plus de 70 % du financement du projet, d’un coût total de 325 millions de dollars. 

La CU9 est le corridor routier par lequel transite l’essentiel des importations du Burkina Faso (60 % environ du total de ses importations). Menant jusqu’au port de Lomé, au Togo – le plus proche, en comparaison avec celui d’Abidjan, situé à plus d’un millier de kilomètres –, il maintient l’ouverture du Burkina sur la mer. Mais le corridor CU9 est aussi l’une des autoroutes prioritaires du réseau routier communautaire de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

 

Une route, mais aussi des ponts, des forages, des formations…

 « Après les pluies, passer le pont de Kougri, au Burkina Faso, était impossible, se souvient Adama Traoré, cité dans la presse locale. Il s’était rétréci au fil des années et était toujours inondé. Aujourd’hui, le pont a permis d’améliorer la fluidité du trafic et la sécurité des usagers, il a réduit le temps de parcours des véhicules et assure un meilleur échange entre les différentes localités ».

Depuis plus de dix ans qu’il la parcourt, ce chauffeur d’un camion-citerne est un habitué de la voie Ouagadougou-Koupéla. Il a été témoin de la dégradation progressive de cet axe routier international. La route CU9 s’était à ce point dégradée, que nombre de chauffeurs et camionneurs burkinabés avaient fait le choix de se rediriger vers le port d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, pourtant beaucoup plus éloigné que celui de Lomé.

Du coup, le trafic avait fortement chuté entre Ouagadougou et Lomé, alors qu’auparavant, près de 900 poids lourds empruntaient cet axe chaque jour.

Depuis décembre 2017, cela n’est plus qu’un lointain souvenir. D’importants travaux ont permis de remettre en état 150 kilomètres de route au Togo et 153 autres kilomètres au Burkina Faso. Le pont de Kougri, construit en 24 mois et inauguré en juin 2017, constituait l’un des pans importants du projet.

« Le pont a mis un terme aux nombreux cas d’accidents, de blessés et de glissades dans la région du Plateau central, surtout pendant la saison pluvieuse », se réjouit Ali Sawadogo, natif de Kougri, heureux des forages, terrassements et pistes rurales qui ont vu le jour grâce au projet et dont bénéficient les habitants de son village.

 

« Le pont a mis un terme aux nombreux cas d’accidents, de blessés et de glissades pendant la saison des pluies »

                      - Ali Sawadogo

 

Du côté togolais, à Alimondji – à l’est du pays –, le nouveau pont de 120 mètres de long, érigé sur le fleuve Mono entre janvier 2017 et février 2018 et qui est désormais en service, permet une traversée rapide. Jusqu’ici, les populations des villages environnants étaient obligées de parcourir 40 kilomètres pour accéder à la nationale N1, empruntant de longs itinéraires détournés. Avec le nouveau pont, la N1 n’est plus qu’à 10 km.

La nuit tombée, aux abords de la route principale menant d’Atakpamé à Blitta, au Togo, l’activité se poursuit. La vente de fruits et légumes, de poisson séché, de produits cosmétiques ou encore de céréales occupe une bonne place dans le quotidien des riverains du corridor CU9.

 

Corridor d’intégration régionale

Épine dorsale du Togo, le Corridor CU9 Lomé-Cinkansé-Ouagadougou constitue la seule route qui relie entre elles toutes les régions du pays.

Côté burkinabé, la rénovation du corridor CU9 a consisté en la réhabilitation de la route Koupéla-Tenkodogo-Bittou-Cinkansé jusqu’à la frontière, en la construction et le bitumage de la bretelle de Mogandé, en des travaux de reconstruction de six ponts, outre celui de Kougri sur le fleuve Nakambé. Par ailleurs, tout un tronçon a été aménagé entre le PK 76+000 et le PK 149+328 à la frontière du pays, outre les 3,34 km de la bretelle de Mogandé.

« Les transporteurs sont très satisfaits du très bon état de la route, les coûts d’entretien des véhicules sont réduits et le temps de parcours est passé de 6 jours à 2,42 jours », explique Maimounatou Ndiaye Diop, ingénieure en transports à la Banque. Et cette experte en infrastructures routières de préciser : « Les travaux étaient associés à plusieurs autres, notamment des ponts et des routes construits pour désenclaver des villages, l’extension et l’équipement de centres de transfusion sanguine, la formation de 400 jeunes aux métiers de l’entretien des routes. Ces travaux ont été bien accueillis par les populations bénéficiaires », souligne Ndiaye Diop.

 

Outre la Banque africaine de développement, premier bailleur de fonds du projet (70,13 % du financement), la Banque ouest-africaine de développement (9,57 %), la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (5,41 %), le gouvernement allemand à travers la KfW (3,16 %), l’État burkinabé (1,06 %) et celui du Togo (4,19 %), outre l’UEMOA (0,37 %) et l’Union européenne (0,82 %), ont également contribué au financement du projet.