« J’ajoute ma voix à l’ultime appel contre le problème de la faim et de la malnutrition dans le monde », déclare, à Abidjan, le président de la BAD, lauréat 2017 du Prix mondial de l’alimentation

07/11/2017
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« J’ajoute ma voix à l’ultime appel contre le problème de la faim et de la malnutrition dans le monde », déclare, à Abidjan, le président de la BAD, lauréat 2017 du Prix mondial de l’alimentation

Le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et membre de haut niveau du groupe principal du Mouvement « Scaling Up Nutrition » ou SUN, Akinwumi Adesina, a réaffirmé mardi 7 novembre 2017, à Abidjan, son soutien total et celui de son institution à la lutte contre la malnutrition.

S’exprimant à l’ouverture du rassemblement mondial du mouvement SUN (SUNGG, sigle en anglais), il a exhorté à la mobilisation totale contre le fléau de la faim et de la malnutrition.

« En ma qualité de lauréat du Prix mondial de l'alimentation 2017, permettez-moi d'ajouter ma voix à l'appel pressant lancé pour résoudre résolument le problème mondial de la faim et de la malnutrition. L'accès à la nourriture, en particulier aux aliments nutritifs, est un droit humain fondamental », a-t-il déclaré.

Le président de la BAD a ensuite  présenté les défis à relever pour vaincre la faim et la malnutrition dans le monde.

« Alors que nous nous réunissons aujourd'hui, 800 millions de personnes vivent dans l'extrême pauvreté et la faim dans le monde. Pourtant, nous habitons sur une planète où il y a un surplus de nourriture. Un monde où 1,3 milliard de tonne de nourriture est gaspillée chaque année, alors même que des millions de personnes cherchent à manger sans l’obtenir. Cela doit, à présent, changer » a-t-il insisté.

Le lauréat 2017 du prix mondial de l’alimentation a aussi souligné l’importance d’accélérer les processus de financement pour une meilleure efficacité des interventions.

« Le financement des programmes de nutrition est très en retard, a-t-il indiqué. Lorsque vous avez un retard de financement pour les personnes extrêmement pauvres, vous obtenez des résultats encore plus décevants »,  a-t-il a expliqué, en déplorant la faiblesse des progrès constatés dans la lutte contre la malnutrition.

« Le triple fardeau de la malnutrition est clair: retard de croissance, gaspillage, obésité. Nos politiques et programmes doivent aborder ces trois fardeaux », a-t-il averti.

La ministre de la Santé et de l’Hygiène publique de la Côte d’Ivoire, Dr Raymonde Goudou Coffie et  la coordonnatrice du mouvement SUN, Gerda Verburg, ont souhaité la bienvenue aux participants venus de  60 pays SUN.

La ministre Goudou Coffie  a, pour sa part,  souligné l’importance de l’intervention de toutes les parties prenantes dans la lutte contre la malnutrition, notamment celles du secteur privé et des partenaires techniques et financiers.   Se référant à la conférencière et militante politique américaine, Helen Keller, elle a affirmé : « tout seul, on va plus vite ; ensemble,  on va plus loin, l’union fait la force ».

 De son côté, Gerda Verburg a elle insisté sur la nécessité d’une intervention gouvernementale multisectorielle.

« Nous savons ce qu’il faut faire pour mettre fin à la nutrition »,  a-t-elle déclaré.

Puis la coordonnatrice du mouvement SUN d’ajouter : « l’appropriation nationale et les investissements nécessaires sont en tête des priorités avec comme cibles principales les femmes et les enfants ».

Le directeur exécutif du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), Anthony Lake,  a, quant à lui, planté le décor en rappelant l’historique du Mouvement SUN, ses défis et ses perspectives.

« SUN est devenu, a-t-il indiqué,  un mouvement important avec 60 pays signataires, plus de 2000 représentants de la société civile, des chercheurs, des agences des Nations Unies, qui sont tous engagés à apporter une amélioration à la nutrition. Ainsi, 150 millions d’enfants ont pu bénéficier de leurs efforts contre le rachitisme et nous sommes en train d’étendre ces actions positives ».

Jessica Fanzo, professeur à l’université John Hopkins de Baltimore, a présenté la situation de la nutrition dans les pays membres du SUN et les principales conclusions de l’édition 2017 du rapport mondial sur la nutrition arguant que certains pays se sont distingués en augmentant de plus de 10% les dépenses consacrées à la nutrition.

Elle a ensuite recommandé aux gouvernements « d’agir autrement » pour un meilleur impact de la lutte contre la nutrition, les invitant à davantage de responsabilités et « d’engagements intelligents », à plus d’innovation dans les financements et à un meilleur suivi.

« Il vous faut intégrer la nutrition dans vos différentes programmations. Faisons de la nutrition notre contrat social »,  a-t-elle déclaré.

Ouvrant la conférence, le vice-président de la République de Côte d’Ivoire, Daniel Kablan Duncan, a souligné l’importance du mouvement SUN qui « constitue, pour les pays membres et pour la Côte d’Ivoire en particulier, un levier important pour lutter contre la malnutrition ».

« La Côte d’Ivoire est fortement engagée à investir dans la petite enfance. Nous voulons faire de la femme et de l’homme des acteurs du développement et de la richesse partagée »,  a-t-il conclu,  en s’exprimant au nom du président de la République ivoirienne,  Alassane Ouattara.

Le SUNGG, qui se tient pour la première fois en Afrique et dans un pays Sun, se poursuit jusqu’à jeudi prochain.

Les objectifs du rassemblement mondial du Mouvement SUN 2017, qui a lieu à l’hôtel Sofitel Ivoire d’Abidjan,  reflètent l'esprit et les ambitions de la deuxième phase du Mouvement SUN tels que définis dans la stratégie et la feuille de route pour la période 2016-2020.