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Les administrateurs de la Banque africaine de développement ont visité quatre projets au Burkina Faso

22-Feb-2019
Les administrateurs de la Banque s’adressant à un bénéficiaire des 38500 branchements réalisés dans le cadre du projet de renforcement des infrastructures électriques et d’électrification rurale (PRELER) financé par la Banque.

Evariste Yameogo ne cache pas sa joie. Le gérant du maquis « Respect Plus » à Sakoinsé, village de la commune rurale de Kokologho (province de Boulkiemdé) salue le raccordement de son établissement à l’électricité. Il a acquis un réfrigérateur-congélateur et son restaurant, qui emploie désormais 13 personnes, a les moyens de proposer de nouvelles prestations à sa clientèle.

« Les coupures d’électricité sont rares et nous avons des projets d’extension », se réjouit-il devant les administrateurs de la Banque africaine de développement, venus dans le centre-ouest du Burkina Faso pour une visite d’étude organisée depuis le 17 février.

Evariste Yameogo est un des bénéficiaires du projet de renforcement des infrastructures électriques et d’électrification rurale (PRELER), qui prévoit 38.500 raccordements au réseau électrique, financé par la Banque à hauteur de 20 milliards de Francs CFA.

La mise en réseau électrique de Sakoinsé a bénéficié également au dispensaire et à la maternité du village. « Le nombre de consultations a doublé et nous pouvons désormais faire face à certaines situations difficiles, ingérables par le passé, tels que les accidents de circulation », explique le docteur Sawadogo Sayoba.

Lancé en novembre 2010 et achevé à la fin juin de 2016, ce programme a permis d’acheminer l’électricité vers 159 localités, de réaliser 1.723 km de réseaux électriques de moyenne tension (15 à 33 KV) et 557 km de réseaux électriques de basse tension, ainsi que 350 postes de transformation. Des raccordements ont également été effectués dans 249 établissements scolaires, 155 centres de santé et de promotion sociale et 126 autres structures administratives comme des préfectures, des mairies et postes de sécurité. Pour autant, la demande reste élevée, seuls trois villages sur neuf ayant été raccordés, selon le maire de la Sakoinsé, Pascal Sampebre.

Les administrateurs de la Banque ont visité également le château d’eau de Kokologho. Les installations ont été rénovées par la Banque par le biais d’un cofinancement entre le Fonds africain de développement et l'Initiative pour l'alimentation en eau et l'assainissement en milieu rural (RWSSI), à hauteur de 16 milliards de Francs CFA et 8 milliards de Francs CFA, respectivement.

Autre projet d’envergure visité par la délégation de la Banque, l’approvisionnement en eau potable et l’assainissement en milieu rural (PAEPA 4R), a permis d’améliorer la desserte en eau potable, avec des recettes d’environ 800.000 Francs CFA par mois. Seule ombre au tableau, l’infrastructure a vieilli, notamment le forage qui a plus de 20 ans. Son fonctionnement continu a entraîné une forte consommation d’énergie.

« Le système d’arrêt automatique ne fonctionne plus », se désole le responsable du service hydraulique, Daouda Ouedraogo. La construction doit être modernisée et des mesures adaptées prises pour satisfaire la demande. Une des solutions est d’obliger les bénéficiaires à contribuer au maintien en bon état des installations ». Selon lui, des projets innovants doivent être engagés à l’avenir, qui prendraient en compte la gestion de panneaux solaires permettant une réduction des coûts. « Un plus grand accès à l’eau potable nous permettra de booster les activités agricoles », ajoute-t-il. Le taux d’accès à l’eau potable s’élève à 61% à Kokologho, contre 71% dans le centre-ouest du Burkina Faso.

De son côté, Fadila Tiendrebego, gérante de la borne fontaine la plus importante du village, se réjouit de la fourniture de l’eau en continu. « Depuis la nouvelle installation du château d’eau, il n’y a pas de coupure, et beaucoup de personnes viennent ici, même de très loin, pour s’approvisionner. Surtout les jours de marché. Les clients paient sans rechigner ». La vendeuse se paie elle-même, chaque mois, sur le volume d’eau vendu. Ce projet a permis notamment la construction de 1.580 forages neufs équipés de pompes à motricité humaine.

A 25 kilomètres de la capitale, Ouagadougou, l’association Ragussi, située sur la commune de Tanghin-Dassouri, fait partie des bénéficiaires du projet d’appui au développement intégré de la filière karité pour l’autonomisation économique des femmes (PADIFK). Ce projet, en cours d’achèvement (juin 2019), est lui aussi financé par la Banque africaine de développement à hauteur de 575,8 millions de Francs CFA mais aussi par le Japon. Son objectif : renforcer l’organisation de la filière karité au Burkina et accompagner le développement des 100 organisations les plus rentables du pays.

Son objectif principal est de valoriser les produits locaux, notamment le beurre de karité et la transformation en produits dérivés. Cela porte sur toute la chaîne de valeur. Une traçabilité existe déjà, depuis la collecte des amandes jusqu’au produit fini, et la culture est certifiée biologique.

La présidente de l’association Ragussi, Mme Caroline Diallo, a salué la contribution de la Banque africaine de développement, à l’élaboration des documents administratifs, la formation ou encore l’accès au marché national et international et les activités de marketing et communication.

Le dernier chantier qui a fait l’objet d’une visite des administrateurs de la Banque, est le premier sous-projet d’assainissement des quartiers périphériques de la capitale Ouagadougou (SPAQPO).  Il vise à amélioration les conditions de vie des populations en facilitant l’évacuation des eaux pluviales et en améliorant la gestion des déchets solides de la ville. Les administrateurs ont ainsi visité une unité de fabrication de compost gérée par une association de femmes, pour laquelle la Banque a financé une plateforme de fabrication, un hangar et une étude pour l’amélioration de la production et de la qualité du compost. Pierre angulaire du projet, le canal de Mogho Naaba est en phase de construction. Quelque 400.000 personnes, dont la moitié de femmes, ont déjà été sensibilisées à la gestion des déchets solides.

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