Tunis- La BAD et la société civile d’Afrique du nord s’engagent pour un mécanisme de collaboration performant

15/12/2016
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Zeneb Touré, chargée principale de l’engagement avec la société civile la BAD : « La BAD entend que les organisations de la société civile soient des structures crédibles qui connaissent le terrain et aient une véritable expertise dans leur secteur d’intervention ».

La Banque africaine de développement (BAD)  et les organisations de la société civile (OSC) d’Afrique du nord se sont engagées, le 15 décembre 2016 à Tunis, en Tunisie, à mettre en place un Comité BAD-Société civile renforcé et performant.  C’était lors de la clôture des consultations régionales démarrées le 13 décembre 2016, dont l’objectif est de renforcer le partenariat entre les deux parties pour atteindre les objectifs opérationnels de la BAD.

Selon Zeneb Touré, chargée principale de l’engagement de la Banque avec la société civile, « la BAD travaille depuis  des années avec les OSC. Elle a, à cet effet, créé un Comité BAD-Société Civile et adopté une politique de partenariat avec la société civile en 1999. Les nouvelles priorités opérationnelles de la BAD imposent, toutefois, un nouveau positionnement et  les discussions menées à Tunis ont permis de recueillir les contributions des OSC. Leurs préoccupations de mise à disposition de l’information, de renforcement de capacité et d’obtention de financements vont être intégrées dans les nouvelles approches de collaboration et soumises à la direction de la BAD.  Ceci, afin de permettre de traduire concrètement sur le terrain  les actions de transformation de la  BAD dans les zones les plus reculées  du continent ». 

Selon Touré, les OSC doivent être des structures crédibles avec une bonne connaissance du terrain et une véritable expertise dans leur secteur d’intervention.  « C’est cela qui nous permettra d’avoir les résultats que nous espérons tous, en termes d’impact sur la vie des bénéficiaires des projets ». 

Benamar Fatima de l’Association Tamount de la région Sefrou au Maroc, abonde dans le même sens.  Selon elle, le cadre de collaboration actuel  est approprié, mais peut toujours être amélioré : « le plus important  est  de pouvoir accéder directement aux financements de la BAD.  C’est cela qui nous permettra, pour ce qui  concerne ma structure notamment, d’initier des activités génératrices de revenus pour les femmes qui constituent notre public cible dans la région de la montagne de Tazouta. La Banque finance les gouvernements et le secteur privé, il peut en être de même pour la société civile. Des mécanismes adéquats doivent, pour cela, être mis en place et la crédibilité et l’expertise des OSC doivent être assurées. »

Aboubakry Kamara de l’organisation mauritanienne  RIM - Youth Climate Movement - estime que le cadre mis sur pied  peut toujours être amélioré, mais qu’il  « est déjà un outil précieux pour l’impact sur le terrain.  Toutes les propositions  et connaissances acquises au cours de l’atelier nous permettront de renforcer les capacités des  associations des jeunes et des communautés. Nous attendons de la BAD, certes des financements mais aussi le partage des connaissances, car il s’agit d’une banque de connaissances, avec des experts qui ont des leçons, des succès et des échecs  à communiquer.  Et c’est cela le  plus grand bénéfice qui nous tirons de ces trois jours de réflexions ».

Les rencontres de la BAD avec les OSC de l’Afrique du Nord intervenaient après celles de Dakar (31 août- 2 septembre), de Yaoundé (26-28 septembre), de Johannesburg  (26-28 novembre)  et de Nairobi (7-9 décembre).  Elles déboucheront  sur un consensus sur les modalités de mise en œuvre du partenariat entre les deux parties.

Photo de groupe des Consultations régionales de la BAD avec les organisations de la société civile d’Afrique du nord à Tunis du 13 au 15 décembre 2016