Le Sénégal déploie des efforts pour mettre fin à l’enclavement en milieu rural

Context

Au Sénégal, comme dans d’autres pays d’Afrique, l’accès aux infrastructures (routes, eau, santé, éducation, etc.) reste insuffisant avec de grandes disparités régionales. Les zones rurales sont encore fortement enclavées ; les 187 communautés rurales les plus enclavées au Sénégal sont dispersées dans 11 des 14 régions du pays, limitant ainsi l’accès aux marchés et rendant les coûts des intrants et de transport des productions agricoles élevés. Le Projet Pistes communautaires en appui au Programme national de développement local (PPC/PNDL) financé par la Banque travaille aux cotés des collectivités locales et partenaires techniques pour améliorer l’accessibilité des zones de production, ainsi que l’accès des populations rurales aux marchés et aux services socioéconomiques de base.

La BAD en partenariat avec le Fonds de l’OPEP a exécuté le Projet des Pistes Communautaires d’appui au Programme National des Infrastructures Rurales (PPC/PNIR) qui s’est achevé en 2009 et qui a permis d’améliorer les conditions de vie de 1.500.000 personnes dans 84 communautés rurales à travers la réalisation de 1200 km de pistes. C’est fort de ces résultats appréciables en matière de mobilité des biens et des personnes, de dynamisation des zones agricoles, de facilitation de l’écoulement des produits, et d’amélioration de l’accès aux soins et à l’éducation, que l’Etat du Sénégal a souhaité consolider et élargir les acquis du PPC/PNIR par la mise en œuvre du projet PPC/PNDL, qui prévoit comme principales réalisations : le renforcement des capacités des acteurs, la construction, la réhabilitation et l’entretien de pistes.

Le projet bénéficie d’un financement  de  12,63 milliards de FCFA du FAD et  de 5, 403 milliards  de FCFA du Fonds de l’OPEP,  et s’étale sur une durée de  cinq (5) ans. Lancé en 2013, et après deux ans et demi de mise en œuvre, le projet connait déjà une progression vers l’atteinte des cibles et objectifs avec une bonne prise en main de toutes ses activités et composantes.

Objectives

 Faits marquants

  • Le programme a été exécuté par les communes et a démarré avec des niveaux d’avancement variant de 20% à 100% (plusieurs tronçons de pistes ont déjà été réceptionnés). Le volet entretien des pistes rurales n’est pas en reste.
  • 82 communes ont été appuyées à élaborer leur programme d’entretien routier annuel pour un linéaire de 1032 km.
  • Au 31 mars 2016, l’avancement global des travaux d’entretien de pistes rurales est de 78%.  

Impact

Déroulé sous le mode de l’appui budgétaire, avec une pleine responsabilisation des collectivités locales dans la mise en œuvre, et la participation de plusieurs partenaires techniques et financiers, le Projet Pistes communautaires en appui au Programme national de développement local a démontré une efficacité et une synergie collectives dans la mise en œuvre des activités.

Le fruit de cette collaboration et interaction avec les structures pérennes de l’Etat (services techniques, agences régionales de développement, maîtrise d’œuvre du Centre national de formation et de perfectionnement des travaux publics, etc.), se ressent dans le renforcement des capacités des acteurs territoires (organisation de 188 ateliers de démultiplication au profit de 2900 acteurs, mise en place de 46 comités de gestion et de 19 coopératives villageoises multifonctionnelles) et aussi sur le poids des réalisations dans des délais appréciables.

Cette entrée par la qualité et par le renforcement des capacités a eu des effets directs sur le déroulement du processus d’acquisition des marchés et travaux (construction et entretien de pistes). En effet, le projet a identifié un programme d’investissements prioritaires d’un linéaire de 640 km de pistes au profit de 48 communes pour la période 2014-2016. Le processus d’acquisition des marchés (plusieurs centaines de millions) a été piloté par les communes sans aucun recours au niveau des instances de contrôle de marché ce qui atteste la qualité d’accompagnement et de l’assistance fournie par les partenaires technique et financier (agences régionales de développement, direction des routes, direction centrale des marchés publics, etc.).

C’est un ouf de soulagement. Cette piste est une demande formulée par les populations depuis l’aube des indépendances. Elles ont toujours pleuré pour leur enclavement. Je pense qu’il s’agit d’une grande satisfaction pour tous ceux qui vivent dans les 30 villages de cette localité. Nous remercions très sincèrement le président de la République et tout le gouvernement.

Toute la population s’accorde à dire que Bousoumbalo est la zone la plus  enclavée du département. Il fut un temps où pour mettre en place les intrants, il fallait tout laisser à Dianah Malary pour ensuite prendre des charrettes et l’acheminer vers les autres localités. Sur le plan sanitaire, il y avait des femmes qui perdaient la vie en cours de route lors des évacuations à bord des charrettes... tous ces problèmes sont désormais derrière nous car, actuellement les véhicules de transport commencent à circuler pour aller jusqu’à Kolda. Ce qui était impensable… Nous remercions le PPC /PNDL, la Banque africaine de développement, les partenaires et les services techniques qui ont assuré le suivi. Les populations sont très contentes de cette piste qui participe au désenclavement mais aussi au Plan Sénégal Emergent.