The 2018 Annual Meetings of the African Development Bank Group will be held on May 21-25, 2018 in Busan, Korea. Find out more

Siat-Gabon, une passerelle vers la diversification de l'économie gabonaise

Development of Palm oil & Rubber Industry
Modernizing a palm oil mill and palm kernel crushing plant in Makouké
Replanting a 1,000-ha oil palm plantation in Makouké

Context

Projet emblématique du partenariat entre le Gabon et la Banque africaine de développement, l’appui que fournit celle-ci à la filiale gabonaise de la Société d’investissement pour l’agriculture tropicale (Siat-Gabon) conforte le secteur privé gabonais, renforce la volonté d’industrialisation du pays, contribue à la recherche de la sécurité alimentaire et améliore les conditions de vie des populations en créant des emplois et en leur fournissant un accès à l’électricité et aux soins de santé.

Dès 2008, la Banque africaine de développement avait anticipé l’après-pétrole au Gabon en accordant un prêt d’environ 10 millions d’euros à Siat-Gabon et en commandant une étude sur les voies de diversification de l’économie du pays. En 2010, le gouvernement gabonais a décidé de rechercher des alternatives au tout-pétrole. Le pétrole représente aujourd’hui 39 % du produit intérieur brut du Gabon, 49 % de ses recettes publiques et 85 % de ses exportations. Dans un pays doté de fortes potentialités agricoles, le choix des dirigeants gabonais, soutenus dans cette démarche par la Banque africaine de développement, s’est porté sur l’agriculture. Parmi les atouts de ce secteur, outre les perspectives de création d’emplois et de lutte contre la pauvreté, la recherche de l’autosuffisance alimentaire est un enjeu de premier plan pour un pays qui importe 85 % de ses produits alimentaires. Chaque année, le Gabon dépense ainsi près de 700 millions de dollars américains, soit près de 350 milliards de FCFA, en denrées alimentaires importées.

Prenant en compte cette réalité, le Document de stratégie pays pour le Gabon pour la période 2016-2020, s’appuie sur deux objectifs majeurs : la diversification de l’économie nationale et le développement du capital humain.

En soutenant le projet Siat-Gabon, la Banque met en œuvre au Gabon ses cinq priorités stratégiques, dites High 5 : nourrir l’Afrique (projets dans l’agriculture) ; industrialiser l’Afrique (construction d’usines d’huile et de savon) ; intégrer l’Afrique (exportation des produits Siat-Gabon vers le marché sous-régional : Congo, Guinée équatoriale, Cameroun) ; éclairer l’Afrique (apporter de l’électricité aux habitants avoisinant les sites du projet) ; et améliorer les conditions de vie des populations (accès aux soins, à l’éducation).

Objectives

Objectifs du projet Siat-Gabon : 

  • Réduire la trop forte dépendance du Gabon au secteur pétrolier, qui représente aujourd’hui 85 % des exportations du pays
  • Favoriser une exploitation durable des forêts gabonaises
  • Promouvoir le genre, en affectant aux femmes gabonaises 35 % des emplois permanents, 40 % des emplois saisonniers et 25 % des postes de cadres intermédiaires de Siat-Gabon
  • Renforcer les capacités industrielles du Gabon, en augmentant la capacité de raffinerie d’huile de palme de la ville de Lambaréné, qui va passer de 50 à 75 tonnes par jour ; et en augmentant de 3 000 tonnes la capacité des réservoirs de stockage d’huile de palme des villes de Lambaréné et Port-Gentil
  • Renforcer la lutte contre la pauvreté
  • Favoriser le bien-être des populations en construisant des routes, des marchés, des réseaux d’adduction d’eau, de voiries, etc.

Les ambitions agricoles du Gabon :

  • Le projet Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés (GRAINE 2015-2020) a pour ambition de toucher près de 630 000 personnes dans le secteur agricole, dont 45 % des femmes, entre 2016 et 2020
  • Le projet GRAINE cible six (Woleu-Ntem, Ogooué-Lolo, Ogooué-Ivindo, Haut-Ogooué, Ngounié et Nyanga) des neuf provinces du Gabon
  • 10 000 hectares de cultures vivrières et 10 500 autres hectares de plantation de palmier à huile mis en valeur entre 2016 et 2020
  • 500 entreprises agricoles créées d’ici à 2023

Impact

Depuis son lancement en 2008, le projet Siat-Gabon a eu un fort impact sur le développement et les économies locales des provinces du Woleu-Ntem (Centre-Ouest du pays) et du Moyen-Ogooué (Nord du pays) :

  • 520 emplois permanents créés
  • 6 cités-dortoirs ont été construites, totalisant 900 maisons, permettant ainsi aux employés de vivre près de leur lieu de travail
  • Création d’une nouvelle plantation de 4 250 hectares et replantation de 1 500 hectares à Bindo (Moyen-Ogooué)
  • 4 100 hectares de caoutchouc de noyaux replantés à Bitam (Woleu-Ntem) et Mitzic
  • Replantation de 750 hectares de palmiers à huile à Zilé et de 1 000 hectares à Makouké
  • Soutien au programme de plantations de caoutchouc de 2 000 hectares
  • Soutien à la scolarisation dans huit écoles primaires, soit en faveur de près de 800 élèves dont les parents n’auraient pas forcément les moyens de s’acquitter des frais de scolarité
  • Construction d’une cité dédiée de 200 maisons pour les cadres
  • 500 agriculteurs indépendants ont bénéficié d’une formation régulière destinée à améliorer leur productivité
  • Des populations en meilleure santé, grâce à deux cliniques Siat-Gabon : une clinique généraliste et une clinique spécialisée en santé maternelle et infantile

Resources

Esther Manga-Manga N'Dong

« Je ramasse les fruits tombés des palmiers à huile puis je les mets dans le panier. Ce travail me rapporte beaucoup d’argent. Cela nous permet de couvrir nos dépenses courantes, et même de scolariser et faire soigner nos enfants. C’est donc un complément de ressources appréciable pour toute la famille. »

Esther Manga-Manga N’Dong, travaille dans la plantation de palmier à huile de Makouké (au nord du Gabon)

Géraldine Moutingou

« Je mets les savons dans les cartons. Je travaille sur ce poste huit heures par jour. Je suis mère de famille et mon salaire me permet de soigner, éduquer, nourrir et habiller mes enfants. »

- Géraldine Moutingou, employée à la savonnerie de l’usine Siat de Lambaréné

Moumoulin Alassané

« Je suis venu du Burkina Faso pour travailler ici. Avec ce que je gagne, j’aide ma famille et je fais même quelques économies pour préparer l’avenir. »

- Moumoulin Alassané, travailleur dans une plantation de palmiers à huile Makouké

Juliana Alaka

« Moi, je surveille les bouchons des bidons d’huile. Si je vois qu’un bouchon n’est pas bien fermé, je le remets en place. Je travaille huit heures par jour et, avec mon salaire, j’assume toutes les dépenses de ma famille, les factures quotidiennes comme les dépenses de santé ou pour l’école. »

- Juliana Alaka, recrutée à l’huilerie de Siat-Gabon de Lambaréné

Lionel Akinzié

« Je suis étudiant et je profite de mes vacances pour venir travailler ici. L’argent que je gagne me permet de me soigner et de financer mes études. À mon poste, je fais descendre les détachés de palmiers dans le malaxeur. »

- Lionel Akinzié, employé de l’usine Siat de Makouké

Yola Irène Laure

« Je dirige le laboratoire d’analyses de l’usine. Nous procédons au traitement de l’eau courante utilisée sur le site et vérifions la qualité de tous les produits fabriqués ici. J’envisage d’économiser assez pour lancer ma propre plantation plus tard. »

- Yola Irène Laure, chef de laboratoire à l’usine Siat de Makouké