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Babacar Ndiaye, 5e président élu 1985-1995

Sénégalais par son père, Babacar Ndiaye est né en 1936 à Conakry, capitale de la Guinée, pays de sa mère.

Il y passe toute son enfance et sa scolarité avant de rejoindre la France pour y poursuivre des études supérieures. Direction Toulouse, où il est admis à l’École supérieure de commerce.

Babacar Ndiaye rejoint ensuite Sciences-Po Paris, le prestigieux institut d’études politiques, puis obtient un diplôme d’tat d’expert-comptable auprès du Centre d’études bancaires et financières de la Caisse centrale de coopération économique (ancêtre de l’Agence française de développement, AFD).

Il fréquente alors cette jeune élite africaine qui fréquente les meilleures écoles de la métropole française marquée du sceau de l’excellence. En ces années-là, les pays d’Afrique se libèrent un à un du joug colonial.

En 1965, Babacar Ndiaye revient sur le continent, recruté par la Banque africaine de développement, qui a vu le jour un an plus tôt. Il fait partie de cette première cohorte de jeunes cadres recrutés par la Banque, qui ne comptait qu’une dizaine de collaborateurs à sa naissance.

Au fil des ans, Babacar Ndiaye gravit un à un les échelons professionnels : il est nommé directeur des Finances puis vice-président en charge des Finances, avant d’être élu, en mai 1985, à la tête de l’institution. Il devient le 5e président élu de la Banque. Surtout, il est le premier – et demeure le seul à ce jour – employé de la Banque à être porté à ces hautes fonctions....
Babacar Ndiaye achève d’imposer la Banque africaine de développement sur la scène internationale. Sous sa houlette, la Banque décroche son premier « AAA » auprès des agences de notation financières Fitch et Moody’s, ce qui lui vaut de recevoir le Prix de « Banquier de l’année » décerné par l’International Finance Review. Le triple « A » est confirmé deux ans plus tard par une troisième agence, Standard & Poors.
C’est également sous son égide que la Banque ouvre son capital aux pays non africains, en 1987. Pilotée pour consolider l’assise financière de l’institution et étoffer sa capacité de prêt, l’opération est un plein succès : la Banque voit son capital bondir de 200 %, pour atteindre 23,3 milliards de dollars.
Autres nouveautés à son crédit : Babacar Ndiaye crée la première unité de développement du secteur privé à la Banque. Il est aussi à l’initiative de la création plusieurs institutions panafricaines, comme Shelter Afrique, la banque d’import-export Afreximbank ou encore la Table ronde des hommes d’affaires d’Afrique.
En 1990, Babacar Ndiaye est élu pour un second mandat qui s’achève sur son départ à la retraite, en 1995. Celui qui demeure le président d’honneur du Groupe de la BAD ne manque aucune de ses assemblées annuelles, jusqu’à venir en Inde, en mai 2017, assister aux les 52e assemblées annuelles, à Ahmedabad.
Babacar Ndiaye décède le 13 juillet 2017 dans son pays, le Sénégal. « Mon village est le Sénégal et l’Afrique mon pays », avait coutume de dire ce panafricaniste convaincu, qui n’a cessé sa vie durant d’arpenter le continent pour défendre sa cause et les intérêts de la Banque africaine de développement.

VIDEOS

Hommage en vidéo à feu Babacar Ndiaye, ex-Président de la BAD

AA 2016 : interview de l'ancien président de la BAD, Babacar NDIAYE

Hommage de la BAD à Babacar Ndiaye

AfDB tribute to Babacar N'DIAYE