Les Assemblées annuelles 2019 du Groupe de la Banque africaine de développement se tiendront du 11 au 14 juin 2019 à Malabo, en République de Guinée équatoriale. En savoir plus

A propos de la conférence

La 3e conférence du Forum des jeunes agripreneurs africains (AYAF) et le concours AgriPitch se tiendront au Cap, en Afrique du Sud, du 24 au 28 Juin 2019, sur le thème:
« Agriculture intelligente face au changement climatique : opportunités d’affaires et d’emploi pour les jeunes d’Afrique ».
Cette année, l'AYAF se tient en partenariat avec le gouvernement du Cap occidental d'Afrique du Sud. Il s’agit d’un événement annuel du programme Enable Youth de la Banque africaine de développement (BAD), qui devrait attirer plus de 200 participants du continent, notamment des jeunes entrepreneurs agricoles, des entreprises agroalimentaires, des investisseurs, des environnementalistes, des universitaires, des partenaires au développement et des organismes gouvernementaux.
Entre autres activités, un atelier participatif est prévu du 24 au 26 Juin. L’occasion, pour certains agripreneurs présélectionnés, de bénéficier de formations assurées par des encadreurs et des mentors sur les modèles d’affaires, le marketing, le processus de mise au point des innovations, le financement d’entreprises, etc. Les agripreneurs auront, enfin, la possibilité de défendre leurs idées devant un panel de juges et d’investisseurs. Une conférence de deux jours (27 – 28 Juin) marquera également l’événement, qui offrira aux jeunes agripreneurs et aux principales parties prenantes une plateforme d’échange sur les questions d’actualité/thématiques relatives à l’emploi des jeunes avec des experts, chefs d’entreprise, investisseurs et décideurs politiques. L'événement comprendra également un certain nombre de master classes pour doter les agripreneurs de compétences concrètes dans le secteur agroalimentaire.

Concours AgriPitch : 24 au 26 juin 2019

Conférence AYAF : 27 au 28 juin 2019

Contexte

L’Afrique compte le plus grand nombre de jeunes dans le monde. Selon l’Union africaine, 60 % de la population y a moins de 35 ans et 420 millions de jeunes de 15 à 35 ans y vivent. Cette forte proportion de jeunes devrait continuer à augmenter au cours des 20 à 30 prochaines années. Environ 70 % des jeunes en Afrique vivent en milieu rural, travaillant surtout dans le secteur agricole, dont ils constituent 65 % de la main-d’œuvre.

La majorité des jeunes en Afrique n’a pas accès à des opportunités économiques stables. Les jeunes sont deux à trois fois plus exposés au chômage que les adultes et la plupart des jeunes qui travaillent sont pauvres et occupent des emplois précaires et de piètre qualité dans le secteur informel. Environ 11 à 12 millions de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail africain, alors que seuls 3 millions d’emplois sont créés par an, laissant 8 à 9 millions de jeunes sans emploi formel. L’absence d’emplois de qualité pour les jeunes est devenue une préoccupation politique majeure qui peut avoir un effet très déstabilisant sur la société.

Le secteur agricole offre des opportunités d’emploi et de croissance économique considérables, mais le manque d’accès à la terre, aux financements, aux marchés, aux technologies et aux compétences pratiques constitue des obstacles à la participation des jeunes. Une étude récente indique qu’à mesure que les économies africaines se transforment, les opportunités en matière d’emploi des jeunes et d’entreprenariat se multiplient dans des chaînes de valeur à fort potentiel où la demande des consommateurs est en hausse.  Toutefois, des efforts importants sont nécessaires pour fournir aux jeunes Africains de nouvelles technologies et innovations qui leur permettent de passer d’une agriculture de subsistance à un emploi commercial mieux rémunéré. 

À l’échelle mondiale, l’accent est mis de plus en plus sur des pratiques agricoles responsables qui n’ont pas d’incidences négatives sur le climat et l’environnement, tout en inversant et en atténuant les effets négatifs des activités humaines. Par ailleurs, il y a un besoin de plus en plus pressant d’optimiser les ressources naturelles rares et les intrants pour la production agricole et la transformation dont les pays ont cruellement besoin.

Les tendances du changement climatique sont des facteurs importants pour répondre aux besoins de transformation. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’agriculture représente environ 14 % des émissions de gaz à effet de serre. Ce chiffre passe à 25 % si l’on tient compte de l’exploitation forestière et des autres formes d’utilisation des terres[1]. Le déboisement, la gestion des sols et des éléments nutritifs ainsi que les émissions du bétail sont les principales causes du problème. En général, l’agriculture est le secteur le plus sensible aux changements climatiques, en raison de ses liens étroits avec l’environnement.

L’agriculture intelligente face au changement climatique (CSA) englobe les pratiques et technologies permettant d’augmenter durablement la productivité, de soutenir l’adaptation des agriculteurs aux changements climatiques et de réduire les niveaux de gaz à effet de serre. De nombreuses approches de CSA visent la réhabilitation des sols dégradés et le renforcement de la résilience face aux changements climatiques, aux ravageurs, aux prix et aux autres chocs. Cependant, elles restent largement méconnues au niveau continental, voire régional et national. L’agriculture doit faire face en même temps à trois défis inter-dépendants : garantir une sécurité alimentaire en augmentant la productivité et les revenus, s’adapter au changement climatique et en atténuer les effets (FAO 2010). Atteindre les objectifs de développement durable du Programme de transformation de l’Afrique exige de recourir davantage à une agriculture intelligente face au changement climatique (CSA). La CSA offre aux jeunes actifs dans l’agriculture la perspective d’emplois de meilleure qualité, celle d’augmenter leurs revenus, et de renforcer la résilience et d’atténuer les effets du changement climatique.

Il convient de bien appréhender les obstacles à l’adoption des pratiques de CSA par les jeunes agripreneurs africains et d’élaborer des politiques qui les encouragent véritablement à les adopter et à les promouvoir. Les activités de CSA doivent être attractives et accessibles aux jeunes, avec des mesures incitatives appropriées, en plus d’offrir des perspectives de succès commercial.

Dans le cadre de sa stratégie visant à « Nourrir l’Afrique », la BAD met en œuvre le programme Enable Youth pour démontrer qu’un meilleur accès aux entreprises agroalimentaires permettrait aux jeunes de jouer un rôle essentiel dans la transformation agricole de l’Afrique. À ce jour, la BAD a engagé plus de 350 millions de dollars au titre des investissements du programme Enable Youth sur le continent. S’ils bénéficient des bonnes connaissances, de technologies et d’un meilleur accès au financement, les jeunes africains et africaines peuvent devenir d’heureux propriétaires d’entreprises d’agroalimentaires rentables. La stratégie « Des emplois pour les jeunes en Afrique » de la Banque, qui encourage l’autonomisation des jeunes par la création d’emplois et l’entreprenariat, entend financer la création de 25 millions d’emplois d’ici à 2025. 

Objectifs et résultats 

  1. Renforcer la volonté des agripreneurs à investir, grâce à une formation intensive lors de l’atelier participatif et veiller à ce qu’ils soient prêts à être présentés aux investisseurs
  2. Présenter aux investisseurs des entreprises axées sur la CSA, dirigées par des jeunes et prêtes pour une augmentation de capital, dans le but d’en rehausser le profil et leur faciliter l’accès au financement (emprunts, capitaux propres ou dons)
  3. Promouvoir l’analyse de rentabilisation pour une agriculture et un entrepreneuriat responsables dans le cadre de l’atténuation des effets du changement climatique et de l’adaptation pour la force grandissante que constituent les jeunes entrepreneurs
  4. Nouer des relations entre les entreprises dirigées par des jeunes, via la mise en réseau et la collaboration avec des investisseurs potentiels, des acheteurs et des organismes de développement
  5. Soutenir le réseau croissant d’agripreneurs en tant que plateforme d’interaction, de mentorat, de formation et de développement des affaires
  6. Promouvoir les meilleures pratiques des agripreneurs en matière d’entreprises respectueuses du climat, afin d’étendre leurs activités à l’ensemble du continent (transfert de technologie et de compétences)
  7. Montrer l’ingéniosité des jeunes agripreneurs africains pour leur permettre d’être compétitifs à l’échelle mondiale, tout en motivant d’autres jeunes Africains à aspirer à ces opportunités dans l’agro-industrie et à les saisir.

Questions et enjeux clés

  1. Quels sont les principaux défis et obstacles auxquels se heurtent les jeunes agripreneurs africains pour intégrer des pratiques intelligentes face au changement climatique, dans leurs entreprises ?
  2. Quelles sont les tendances actuelles en matière de technologie et d’innovation et comment les jeunes agripreneurs en tirent-ils parti pour donner un avantage concurrentiel à leurs entreprises ?
  3. Quels sont les différents canaux d’accès au financement et à l’appui technique spécialement adaptés aux jeunes qui s’engagent dans  une agro-industrie intelligente face au changement climatique ?
  4. Quel avantage les jeunes qui intègrent des activités intelligentes face au changement climatique ont-ils par rapport à ceux qui ne le font pas ? Sont-ils compétitifs ?

Participants ciblés

  • Les jeunes Africains diplômés et/ou entrepreneurs du secteur agricole
  • Les jeunes agripreneurs qui dirigent déjà des entreprises agro-alimentaires et qui ont des expériences à partager
  • Les leaders du secteur privé offrant des services dans le secteur agricole (assurance, environnement et climat, logistique, institutions financières, TIC, etc.)
  • Les partenaires au développement œuvrant en faveur de la CSA et de l’emploi des jeunes dans le secteur agricole
  • Les investisseurs en quête d’opportunités d’affaires
  • Les décideurs et autres acteurs politiques du gouvernement, de la société civile et des organisations internationales.


[1]   Sur la base des émissions mondiales depuis 2010. 

#AYAF2019

AYAF 2019


Lieu de la conférence


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