Sommes-nous prêts à affronter la prochaine épidémie ? – Remise en état du système de soins de santé primaires en Afrique

Lundi 25 Mai 2015 – 17 h 00 - 18 h 30


Description
Bien que les médias aient détourné leur attention de la pandémie d’Ébola, la lutte contre ce virus mortel demeure une question critique, qui requiert un engagement et une action mondiale permanents. L'incidence de cas recensés hebdomadairement a augmenté dans les trois pays touchés au cours des premiers mois de 2015. 124 nouveaux cas confirmés ont été rapportés dans la semaine qui s’achevait le 1er février : 39 en Guinée, 5 au Libéria et 80 en Sierra Leone. Dans l'ensemble, plus de 25 000 cas ont été rapportés et plus de 10 000 décès depuis le début de l'épidémie.

Le bilan humanitaire et économique grave de la flambée de fièvre Ébola a malheureusement aggravé la faiblesse et la fragilité des pays touchés et de leurs voisins. L’épidémie a eu des conséquences désastreuses sur le tissu économique et social des pays, compromettant les perspectives de croissance de l'économie. Les agriculteurs, les commerçants, les investisseurs et un éventail d'acteurs économiques ont été touchés par l'épidémie, ce qui a négativement affecté un grand nombre de ces réalisations, et placé les pays face à des défis monumentaux. Cette situation a par conséquent mis en péril les réalisations des Etats dans la lutte contre la pauvreté.

En réponse à l'épidémie d'Ébola en Afrique de l'Ouest, la Banque a agi rapidement pour soutenir les pays de la région et a approuvé, fin 2014, neuf nouvelles opérations d’un montant total de 223 millions de dollars EU. Le décaissement global en faveur de ces opérations est de 51 % à ce jour. En outre, la Banque participe également aux principales rencontres axées sur le dialogue et l’élaboration de stratégies à la fois au niveau national et mondial. Il s’agit notamment des groupes de travail nationaux en Guinée, au Libéria, en Sierra Leone et en Côte d'Ivoire, des réunions des partenaires de l'OMS, et de la présence d’un membre du personnel basé au Ghana dans le cadre de la Mission des Nations unies pour les interventions d'urgence concernant Ebola (UNMEER).

Les pays doivent impérativement se préparer à relever les défis post-Ébola et il est essentiel que chaque pays y joue un rôle moteur. Une réunion de coordination de haut niveau organisée récemment par la CEDEAO sous les auspices du président du Ghana (Accra, le 16 janvier 2015) a identifié la relance socio-économique comme l'un des domaines d'action prioritaires pour le redressement au lendemain de la crise Ébola ; font également partie de ces priorités, l'eau, l'assainissement et la santé ; les infrastructures et les services de base; la reconstruction institutionnelle et la gouvernance. Le leadership dont ont fait preuve les pays durant la phase de réponse initiale doit être encouragé pendant la phase de redressement. Cela permettra notamment de s'assurer que les partenaires au développement travaillent de façon coordonnée, afin d’éviter les lacunes et les chevauchements dans les interventions.

Cet événement vise à accroître la représentativité, l’appropriation nationale et le leadership de l’Afrique pour contenir la propagation de la maladie à virus d’Ébola et orienter le processus de redressement post-Ébola ; renforcer les engagements relatifs aux mesures de collaboration multisectorielles dans le cadre du redressement des pays touchés par Ébola ; et promouvoir des solutions régionales et sous-régionales dans les initiatives de redressement et de préparation. Les discussions porteront également sur les incidences économiques de la crise, l’importance cruciale du rôle de chef de file que doit jouer l’Afrique dans la reconstruction et la prévention d’Ébola et des épidémies à venir. Pour l’avenir, la réunion examinera également les rôles que pourraient jouer le secteur privé et les communautés de donateurs. Elle se penchera aussi sur la nature multisectorielle des systèmes qu’il faudra mettre en place pour assurer la sécurité en matière de santé à l’échelon national et régional, y compris le rôle des technologies dans ce processus.


Lieu : Patinoire, Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire 

Questions à débattre :
La santé est un principe de base pour le développement économique et la pandémie d’Ébola a démontré qu’il était nécessaire d'accroître les investissements dans la santé mondiale. Dans ce contexte, cet événement se penchera sur les questions suivantes:

  • Le rôle des dirigeants africains dans la prise en charge des pandémies doit évoluer au regard du rétrécissement de l'espace mondial. Quel est leur nouveau rôle clé dans la reconstruction et la prévention du virus Ébola, et éventuellement des épidémies futures ?
  • Quelle serait la meilleure manière pour les partenaires au développement de soutenir les pays africains dans le processus de reconstruction et au-delà, et de les aider à gérer de manière proactive des épidémies futures éventuelles?
  • Quelle est jusque-là l’incidence économique de la crise Ébola ? Quelles options stratégiques peuvent permettre de mieux prévenir / atténuer cette incidence?
  • Quels sont les nouveaux rôles à jouer par le secteur privé, les organisations de la société civile et les communautés durant la phase de redressement et au-delà? Quelle est le meilleur appui qu’on puisse leur apporter pour leur permettre d’accomplir efficacement ces rôles?
  • Ebola ne concerne pas uniquement le secteur de la santé: la nature multi-sectorielle des systèmes est nécessaire pour assurer la sécurité nationale et régionale de la santé. Qui doit faire quoi?
  • Comment le rythme prévu de la croissance économique, la démocratie et la nouvelle pénétration de la technologie en Afrique peuvent-ils aider à faire avancer tous ces processus?

Rapporteurs : M. Fabrice Sergent et Mme Nawsheen Elaheebocus, BAD

Photos

Il importe de ne pas oublier que ce que l’on appelle la « nouvelle Afrique » est un continent composé de 54 pays, répartis dans cinq régions. L’Afrique n’est pas un ensemble monolithique. La seule généralisation que l’on peut s’accorder sans se tromper est celle-ci : l’Afrique est en marche pour planifier, gérer et commencer à financer son propre destin.

Donald Kaberuka, Président de la BAD

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