L’Accord de Paris, c’est quoi ?

Le 12 décembre 2015, après plus de deux décennies de négociations ardues, la communauté internationale s’est enfin entendue autour d’un accord global pour lutter contre les changements climatiques et en atténuer les effets, à l’issue de la 21e Conférence des Parties à la Convention-cadre sur les changements climatiques à Paris.

Il s’agit là du premier accord mondial contraignant. 

La voix de l’Afrique a porté

L’Afrique a été entendue, grâce notamment au travail de plaidoyer et de pourparlers du Groupe des négociateurs africains, qui bénéficie du soutien de la Banque africaine de développement (BAD). Ce nouvel Accord tient compte de plusieurs de ses doléances :

L’Accord de Paris stipule ainsi, dans son article 2, vouloir limiter le réchauffement climatique global « nettement en-dessous » de 2° C, voire à 1,5° C d’ici à 2100.

Il est aussi clairement demandé aux pays développés d’amplifier leur aide financière à l’endroit des pays en développement, afin d’atteindre l’objectif de 100 milliards de dollars EU de financements par an d’ici à 2020. Ces engagements chiffrés devraient être révisés à la hausse en 2025.

L’Accord reconnaît et entérine le principe de responsabilité partagée mais différenciée – en fonction notamment du niveau de richesse des pays et de leur responsabilité historique dans la pollution et l’émission de gaz à effet de serre.

L’adaptation au changement climatique, si cruciale pour les pays africains notamment, est davantage prise en compte au côté de l’atténuation dans le nouvel Accord, qui s’avère ainsi plus équilibré que le Protocole de Kyoto qui, lui, privilégiait largement l’atténuation. Mais l’enjeu du financement de l’adaptation reste problématique.

Enfin, il est fait également mention du renforcement des capacités avec la création d’un comité ad hoc et du transfert de technologies

Le 22 avril 2016, lors d'une cérémonie de haut niveau au Siège des Nations unies à New York, pas moins de 175 pays ont signé l’Accord de Paris – une participation record ! C'est l'accord international le plus signé en un seul jour de l'histoire de l'ONU. Et 47 États africains ont signé l'Accord de Paris ce jour-là. L’Accord reste ouvert aux signatures jusqu’au 21 avril 2017.

Toutefois, signer l'accord ne suffit pas, encore faut-il le ratifier. Au jour de la signature à l’ONU, une quinzaine d'Etats, pour la plupart de petits pays insulaires déjà gravement menacés par l'augmentation du niveau de la mer, avaient déjà ratifié le texte.

En septembre 2016, neuf pays africains l’avaient ratifié eux aussi. A la fin octobre 2016, ils étaient 18 au total, Maurice et à la Somalie ayant ouvert la voie dès avril 2016 : Algérie, Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Madagascar, Mali, Maroc (hôte de la COP22), Maurice, Namibie, Niger, Ouganda, Centrafrique, Rwanda, Sénégal, Seychelles, Somalie et Swaziland [pour la liste des Etats signataires et des ratifications mise à jour, voir le site des Nations unies ici).

Un nouveau pas a été franchi, le 5 octobre 2016 : le seuil des ratifications de l'Accord de Paris a été atteint. En effet, pour véritablement entrer en vigueur, l’Accord de Paris devait être ratifié par au moins 55 Parties représentant au moins 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ce qui est chose faite depuis le 5 octobre 2016, quand 11 nouveaux pays et Parties (Dont le Canada et l’Union européenne) ont déposé leurs instruments de ratification, après que les poids lourds que sont la Chine et les Etats-Unis l’avaient déjà fait un mois plus tôt, le 3 septembre 2016 – ces deux Etats représentant pas moins de 38 % des émissions mondiales de CO2.

De la ratification à la mise en œuvre

« La BAD peut jouer un rôle important pour améliorer l’accès direct des pays africains au Fonds vert pour le climat. »

Rapport Getting Africa ready for the Green Climate Fund (en anglais)

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