Cap sur la COP23 à Bonn, rendez-vous mondial pour le climat

Rendez-vous mondial sur le climat au siège de la CCNUCC

Du 6 au 17 novembre 2017, les Nations unies organisent à Bonn, en Allemagne, leur 23e conférence sur le climat, la COP23. C’est la première fois que ce rendez-vous mondial pour la lutte contre les changements climatiques est présidé par un petit État insulaire, les Fidji. Mais cet archipel du Pacifique particulièrement menacé par le changement climatique n'étant pas en mesure d'accueillir les quelque 15 000 à 20 000 délégués attendus des quatre coins du monde, la conférence se tient en dans la cité rhénane, siège du secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC, ou UNFCCC par sigle anglais).

Accord de Paris : après la ratification, place d’urgence à la mise en application

Cette COP23 est surtout l’occasion, pour la communauté internationale, de faire le point sur l'Accord de Paris, conclu le 12 décembre 2015 au terme de la COP21 à Paris, et de rappeler l'urgence à agir pour contenir le réchauffement de la planète.

Ratifié à ce jour par 168 pays – dont 43 en Afrique –, auxquels s’ajoute l’Union européenne, l'Accord de Paris stipule une maîtrise du réchauffement mondial sous 2°C voire 1,5° C, par rapport au niveau pré-Révolution industrielle.

Cette COP23 est aussi la première COP à se tenir depuis que le président des Etats-Unis, Donald Trump, a annoncé son intention de retirer son pays de l’Accord de Paris, une intention qui ne pourra toutefois se concrétiser avant novembre 2020. Et d’ici là, les États-Unis continuent de participer aux négociations sur les règles d’application de l’Accord, pour mieux défendre leurs « intérêts nationaux ».

Telle est la mission concrète de cette COP23 : avancer sur les règles d'application de l'Accord de Paris, une étape technique et éminemment politique. Comment les pays rendent-ils compte de leurs actions ? Quel suivi pour l'aide financière promise par les pays riches ? Comment s’assurer que ceux-ci tiennent bien leurs promesses ? Comment veiller à ce que les États les plus vulnérables, africains ou d’ailleurs, ne soient pas lésés dans ces négociations internationales ?

L’Afrique en première ligne

L’urgence se fait d’autant plus aiguë pour l’Afrique, l’une des régions au monde les plus vulnérables aux effets du changement climatique, comme en témoigne encore la terrible sécheresse qui a sévi en Afrique de l’Est cette année 2017. En 10 ans, entre 1995 et 2015, le continent a subi 136 épisodes de sécheresse, dont 77 dans la seule région de l’Afrique de l’Est.

Sécheresses, inondations, élévation du niveau de la mer, épisodes climatiques extrêmes qui menacent la sécurité alimentaire des populations…, la ”facture” du changement climatique se révèle bien élevée pour l’Afrique, qui contribue pourtant pour moins de 4 % aux émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Sur les 10 pays au monde considérés comme les plus menacés par le changement climatique, 7 sont africains : la Centrafrique, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Nigeria, la Sierra Leone, le Sud-Soudan et le Tchad. Le changement climatique amputerait le PIB de l’Afrique de 1,4 point chaque année.

La BAD en pole position pour défendre les intérêts de l’Afrique

Présente en force lors des COP précédentes pour mieux porter la voix de l’Afrique dans les négociations mondiales sur le climat et en défendre les intérêts sur l’arène internationale, la Banque africaine de développement est de nouveau présente cette année à Bonn, venue avec ses nombreux experts – notamment de son vaste complexe de l’électricité, de l’énergie, du climat et de la croissance verte – pour porter un plaidoyer et poursuivre sa mission : donner les moyens aux pays africains de faire face au changement climatique et d’amorcer leur transition vers un développement vert et sobre en carbone. Et pour ce faire, les pays d’Afrique doivent pouvoir accéder aux financements tant promis.