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Perspectives économiques au Cameroun

Performances macroéconomiques et perspectives

En dépit des chocs exogènes et de la crise sécuritaire, l’économie camerounaise a enregistré un taux de croissance estimé à 4,1 % en 2019, grâce au dynamisme du secteur tertiaire et à la croissance de la consommation et des investissements.

Toutefois, la croissance économique observée n’a pas été suffisamment inclusive pour développer le capital humain. Les résultats en termes de développement humain sont médiocres, et le Cameroun est classé au 151e rang mondial (21e rang africain) dans l’Indice du développement humain 2018. Le taux de pauvreté a modérément reculé, passant de 39,9 % en 2007 à 37,5 % en 2014), mais le rythme actuel ne permettra pas d’atteindre deux des objectifs du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi : un sous-emploi de la main d’oeuvre tombant de 76 % à 50 % et un taux de pauvreté de 28,7 % en 2020.

Le taux d’inflation a augmenté de 1,1 % en 2018 à 2,4 % en 2019, mais est resté en deçà de la norme CEMAC de 3 %. Le déficit budgétaire est en baisse (3,8 % du PIB en 2017, 2,5 % en 2018 et 2,3 % en 2019) grâce à la consolidation budgétaire opérée dans le cadre du programme triennal (2017–2019). Le déficit du compte courant est estimé être au même niveau en 2019 qu’en 2018 (3,7 % du PIB) et devrait décroître à 2,6 % en 2020 (son niveau en 2017). Le Cameroun continue de présenter un risque élevé de surendettement selon l’évaluation faite par le FMI en novembre 2018 (la dette représentait près de 39 % du PIB en 2018 contre 12 % en 2007).

Facteurs favorables et défavorables

La croissance devrait se maintenir autour de 4 % en 2020 et connaitre un ralentissement en 2021, à 3,4 %. Le programme avec le FMI s’achèvera en juin 2020 et ses effets devraient se poursuivre en 2020 et 2021. Le Cameroun joue un rôle central dans la CEMAC, dont il détient près de 40 % de la masse monétaire. Sur la période 2014–2017, sa part du total des échanges intracommunautaires a atteint 24,7 %, grâce à la relative diversification de son économie et de l’existence de corridors routiers avec tous les pays de la CEMAC et le Nigéria. La ratification de l’accord sur la zone de libre-échange continentale africaine par le pays en juin 2019 s’inscrit dans cette perspective. La fusion en 2020 des deux bourses de valeurs (Cameroun et Gabon) devrait renforcer davantage l’intégration financière de la zone CEMAC. La mise en oeuvre d’importants projets de chaînes de valeurs dans les filières agro-sylvo-pastorales et halieutiques devrait contribuer au renforcement de l’économie.

La persistance de crises sécuritaires, à savoir Boko Haram dans l’extrême nord et les troubles sociopolitiques dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, affecte la situation économique, avec les secteurs des transports, de l’hôtellerie, des télécommunications et de l’agriculture de rente enregistrant d’importantes pertes matérielles et financières. Le Gouvernement a entamé en septembre 2019 un dialogue national pour mettre un terme à la crise. Les dépenses de sécurité générées par les différentes crises sécuritaires et l’arrêt de la Société Nationale de Raffinage (SONARA) en juin 2019 à la suite d’un incendie ont fragilisé les positions budgétaires du pays et la situation du compte courant.

Des contraintes subsistent pour la satisfaction des besoins en matière d’éducation, de santé, du foncier et de l’emploi et empêchent de capitaliser les effets potentiels du dividende démographique. L’acquisition de compétences de haut niveau et la formation d’une main d’oeuvre hautement qualifiée demeurent l’un des grands défis du pays. La mise en oeuvre du DSCE 2010–2019 a conduit à la réalisation d’infrastructures financées en grande partie par des emprunts du secteur public. Toutefois, la croissance demeure en deçà de l’objectif de 5,5 % en moyenne sur la période.

Source: African Economic Outlook (AEO) 2020