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Perspectives économiques en Centrafrique

Performances macroéconomiques et perspectives

L’économie centrafricaine s’améliore malgré un environnement marqué par une situation sécuritaire et humanitaire difficile. Le taux de croissance du PIB réel est en hausse, 4,5 % en 2019 contre 3,8 % en 2018, grâce à la reprise soutenue des activités agricoles et des extractions minières. En revanche l’inflation est passée à 3,5 % en 2019 (contre 1,6 % en 2018) en raison de problèmes dans l’approvisionnement en denrées alimentaires et de la situation sécuritaire dans certaines zones de production agricole. Le solde budgétaire était excédentaire en 2019 (2,4 % du PIB contre 0,4 % en 2018), grâce à une meilleure maitrise des dépenses publiques et une hausse progressive des recettes, suite à la mise en place de mesures fiscales. À la suite du programme de réformes du FMI, dont la mise en oeuvre a été jugée satisfaisante, un autre programme triennal (2020–2022) est en cours de négociation pour renforcer et consolider le cadre macroéconomique. En dépit d’une position extérieure structurellement déficitaire, le déficit du compte courant a diminué, passant de 8,3 % du PIB en 2018 à 5,2 % en 2019 en raison de la reprise de la production intérieure et de l’amélioration des transferts courants. Le pays présente un risque élevé de surendettement, mais le ratio de la dette publique est passé de 48,5 % du PIB en 2018 à 42,2 % en 2019, reflétant une politique d’emprunt prudente du gouvernement. Environ 58 % des demandeurs d’emploi ont entre 20 et 29 ans. Les inégalités sociales sont très élevées, notamment dans les zones rurales affectées par les conflits. Les femmes représentent 53,7 % de la population active ; leur taux d’analphabétisme est plus élevé que celui des hommes, et 80 % des femmes âgées de 15 à 49 ans n’ont pas eu accès à l’éducation.

Facteurs favorables et défavorables

Les perspectives économiques sont favorables avec un taux de croissance du PIB réel projeté à 4,8 % en 2020, en raison de la relative accalmie sécuritaire qui devrait suivre l’accord de paix et de réconciliation signé le 6 février 2019 à Bangui entre le gouvernement et les groupes rebelles. L’augmentation de la capacité de production hydroélectrique de Boali et le projet de construction de la centrale hydroélectrique de Boali 2 devraient accroître les capacités électriques de 10 MW et améliorer l’approvisionnement en eau. Pour relancer l’agriculture et l’élevage, un projet est en cours pour développer les chaînes de valeurs et augmenter la productivité pour les filières porteuses du manioc, du maïs, du riz et du bétail. En vue d’améliorer son intégration en Afrique centrale et ses exportations sous-régionales, la Centrafrique a ratifié l’accord de Zone de libre-échange continentale africaine. La réalisation de différents projets structurants prévus dans le cadre du plan national de développement devrait contribuer à relever les nombreux défis de développement du pays. Le projet de modernisation de l’aéroport de Bangui devrait permettre la promotion des échanges. La Centrafrique, pays fragile ayant traversé une très longue période d’instabilité institutionnelle et politique, fait face aujourd’hui à un déficit infrastructurel, au chômage des jeunes, à des inégalités sociales criantes et à la faiblesse des capacités humaines. L’index de développement humain classait en 2018 la Centrafrique au 188e rang mondial sur 189 pays (52e en Afrique). La volonté et la capacité du pays de relever ces défis se heurtent au manque de financement, à l’instabilité sociopolitique et aux faiblesses administratives. La mise en oeuvre de l’accord de paix accuse un certain retard et les tensions sécuritaires et la polarisation politique postélectorale risquent de fragiliser l’environnement sociopolitique en 2020–2021. La capacité à attirer l’investissement privé reste encore sujette à l’approvisionnement régulier en électricité, à une plus grande stabilité économique et politique, à l’amélioration de l’accès au financement de long terme du secteur privé ainsi qu’à l’assainissement de l’environnement des affaires.

Source: African Economic Outlook (AEO) 2020