Les Assemblées annuelles 2019 du Groupe de la Banque africaine de développement se tiendront du 11 au 14 juin 2019 à Malabo, en République de Guinée équatoriale. En savoir plus

Perspectives économiques en Centrafrique

Performances macroéconomiques

L’économie centrafricaine enregistre une lente reprise après une période de crises sociopolitiques récurrentes depuis la fin de 2012. Le PIB réel a progressé de 4,3 % en 2018 contre 4,0 % en 2017, tiré par le secteur primaire, grâce à une reprise de l’exploitation forestière, des activités agricoles et de l’extraction minière.

Le solde budgétaire a connu une amélioration et enregistre un excédent de 1,0 % du PIB en 2018 contre un déficit de 1,5 % en 2017. Le taux d’inflation est à 3,9 % en 2018 contre 4,1 % en 2017, et est supérieur à celui de la norme communautaire de 3 % du fait des conditions sécuritaires difficiles et malgré le resserrement de la politique monétaire de la BEAC.

Le déficit du compte courant s’est rétréci passant de –9,4 % du PIB en 2017 à –8,3 % en 2018, grâce à l’amélioration du solde commercial.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

La reprise économique devrait se confirmer en 2019 et 2020, avec une croissance du PIB réel de 5,0 %. Le secteur primaire bénéficiant d’une reprise des activités agricoles et de la bonne tenue des extractions minières. Les investissements publics et la consommation privée devraient être les leviers de la croissance. L’inflation devrait, grâce à l’amélioration des conditions de sécurité et de la baisse des prix des denrées alimentaires, diminuer progressivement pour atteindre 3,2 % en 2020. L’excédent budgétaire devrait s’établir à +0,6 % du PIB en 2019 puis à +0,2 % en 2020, grâce à la hausse progressive des recettes intérieures et à la maîtrise des dépenses publiques. Le déficit du compte courant devrait diminuer pour se situer à 7,3 % du PIB en 2019, puis à 7 % en 2020, grâce à la reprise de la production intérieure, à l’amélioration des transferts courants et au rétrécissement du déficit de la balance commerciale.

Les perspectives économiques sont favorables, mais restent incertaines. En effet, l’évolution économique du pays dépendra largement de sa stabilité politique, de la poursuite des réformes, du secteur forestier et des investissements publics réalisés dans le cadre du plan national de développement. Par ailleurs, la faible diversification économique et la forte dépendance à l’aide extérieure (plus de 40 % du budget) et aux produits pétroliers, rendent l’économie centrafricaine vulnérable aux chocs extérieurs.

En dépit du retour à l’ordre constitutionnel en 2016, le pays reste fragile, notamment en matière de sécurité, et se caractérise par un réseau d’infrastructures limité, un faible indice du développement humain, une faible gouvernance ainsi qu’une forte vulnérabilité aux chocs externes.

Le retour de la paix sur l’ensemble du territoire et l’amélioration du climat des affaires sont, entre autres, des conditions nécessaires pour attirer des investissements privés et ainsi permettre au pays de bénéficier notamment de son énorme potentiel en ressources forestières et minières. D’ores et déjà, les autorités ont révisé le code de commerce et des impôts et soumis une charte révisée de l’investissement au parlement afin de renforcer le dialogue entre les secteurs public et privé.

La République centrafricaine dispose d’un potentiel forestier et écotouristique couvrant environ 34 millions d’hectares. L’exploitation d’une partie de ce potentiel forestier, qui recèle de riches variétés d’essences, a fourni en 2017 environ 40 % des recettes d’exportation. En outre, le pays possède une variété de ressources minières importantes telles que le diamant, l’or et l’uranium ainsi que le fer et le cuivre. Cependant, seul le diamant est exploité de manière artisanale et représente environ 35 % des recettes d’exportations, notamment grâce à la levée partielle de l’embargo du processus de Kimberley.

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