Perspectives économiques en Centrafrique

Performance économique et perspectives

La stagnation de la croissance en 2017 par rapport à 2016 s’explique surtout par la détérioration de la sécurité. Celle-ci a accru le nombre des personnes déplacées, entravé la production agricole, le commerce et l’investissement étranger. En 2017, la croissance du PIB réel est estimée à 4,5 %, indiquant une certaine reprise économique, mais serait inférieure aux 5,3 % projetés. Cette croissance a surtout bénéficié de la reprise des activités des secteurs forestiers et miniers après la levée des sanctions internationales, ainsi que du dynamisme des services et du commerce. Le secteur agricole a continué de pâtir des problèmes de retour des agriculteurs et de l’insécurité affectant l’élevage. L’activité économique devrait néanmoins s’améliorer en 2018–2019, avec une croissance annuelle moyenne projetée à minimum 5 %. Les projections de croissance pour 2018 et 2019 reposent principalement sur l’amélioration de la sécurité intérieure, qui reste cruciale pour la relance agricole et la bonne exécution des plans d’investissement et de réformes économiques soutenus par les partenaires extérieurs.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

La poursuite en 2017 des actions de consolidation des finances publiques entamées pendant la période de transition a permis d’améliorer la mobilisation des ressources publiques intérieures, tout en rendant plus viable la gestion des finances publiques. Le déficit budgétaire est estimé à 1 % du PIB en 2017, en raison d’un accroissement de la dépense publique (principalement sociale). Celle-ci a dépassé 14,5 % du PIB en 2017, pour des recettes intérieures atteignant 8,9 % du PIB en 2016. Les pressions inflationnistes ont diminué grâce à la reprise progressive de la production vivrière, la sécurisation du principal corridor de transport pour les échanges extérieurs, et la stabilité monétaire générale au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. L’inflation est estimée à 3,8 % en 2017 contre 4,6 % en 2016. Les efforts d’apurement des arriérés ont permis de réduire la dette publique, dont le ratio par rapport au PIB est descendu à 38,3 % en 2017 contre 44,3 % en 2016. Le déficit du compte courant s’est creusé à 9,7 % en 2017 contre 5 % en 2016, à cause de la dégradation de la performance des exportations face à un volume des importations pratiquement inchangé.

Facteurs positifs

L’atout majeur de la RCA reste le retour à l’ordre constitutionnel après trois années de transition politique difficile, durant lesquelles les principales institutions républicaines prévues par la Constitution ont été mises en place. L’appui de la communauté internationale à la volonté des nouvelles autorités de promouvoir une société paisible, démocratique et prospère constitue un facteur positif. Celle-ci s’est notamment traduite par des résultats encourageants au niveau des réformes structurelles et économiques, en particulier dans les finances publiques.

Facteurs négatifs

La transition politique qui a suivi le renversement du régime de Bozizé par la rébellion Seleka a pris fin, mais le pays reste confronté à de graves problèmes de sécurité. Même si la situation s’est nettement améliorée à Bangui, les tensions communautaires et les affrontements entre groupes armés restent courants à travers le pays. Cette instabilité se traduit par une incapacité des services publics et des organisations humanitaires à fournir une assistance aux populations touchées par la crise. Par ailleurs, l’économie centrafricaine reste confrontée à de sérieux problèmes structurels liés au profond déficit d’infrastructures et à un environnement des affaires peu favorable à l’investissement privé.

You are currently offline. Some pages or content may fail to load.