Perspectives économiques en Centrafrique

  • Malgré une révision à la baisse, le PIB réel devrait augmenter de 5.1 % en 2016, porté par la reprise des industries extractives. 
  • Alors que le pays connaît une certaine stabilité macroéconomique et tente de mettre en oeuvre des réformes structurelles, les autorités ne contrôlent toujours pas l’ensemble du territoire et les populations sont encore victimes de violences. 
  • En raison des crises politiques récurrentes qui surviennent dans le pays, le développement de l’entrepreneuriat, de l’industrie et du secteur privé est extrêmement risqué et peu attractif, même pour les Centrafricains. 

La reprise économique timide entamée en 2014 se consolide progressivement, avec un taux de croissance du PIB réel qui devrait atteindre 5.1 % en 2016. Cette embellie trouve d’abord ses racines dans la reprise du secteur des industries extractives, qui enregistre un bond de 22.8 % à la suite de la levée de la suspension partielle du processus de Kimberley. Les pressions inflationnistes, fortes pendant la crise, devraient s’atténuer en 2017 et 2018 en raison de la reprise du transport sur le corridor Douala-Bangui, et notamment grâce à l’amélioration de l’offre des denrées alimentaires.

Le pays fait toujours face à des violences entre les anciennes factions de l’ex-Seleka, notamment pour le contrôle des zones minières. Des coupeurs de route et d’autres individus armés sévissent également en établissant des barrières illégales pour collecter des taxes auprès des commerçants ou en s’opposant aux éleveurs pour les dépouiller de leur bétail. Les organisations non gouvernementales (ONG) ne sont pas épargnées, alors qu’elles apportent leur aide aux populations. La situation ne pourra pas se calmer tant que les politiques appropriées et le programme de désarmement, démobilisation et réintégration des ex-combattants (DDR) ne seront pas mis en place. La République centrafricaine (RCA) a cependant maintenu une certaine stabilité macroéconomique et a progressé dans la mise en oeuvre des réformes structurelles. Avec l’appui des partenaires au développement, elle a achevé le plan national de relèvement et de consolidation de la paix pour un coût total de 3.16 milliards de dollars (USD), et l’a présenté à la communauté internationale le 17 novembre 2016 à Bruxelles. Son plaidoyer a été un succès et a produit des annonces venant pour l’essentiel des bailleurs traditionnels.

Les crises récurrentes en RCA empêchent le développement du secteur privé et minent les bases de l’industrialisation et du développement du pays. Elles présentent un environnement à très haut risque, au point que même les nationaux s’abstiennent d’investir. Ce contexte défavorable a tendance à encourager l’expansion des activités entrepreneuriales « destructrices », sur fond de développement du trafic et de fraude, notamment dans le secteur des ressources naturelles telles que les mines, les forêts, etc. En plus de la perspective de la disparition de ses entreprises, la RCA fait face à la désindustrialisation et à une paupérisation de sa population. Le processus ne peut être inversé qu’avec une politique de retour à une sécurité durable et avec la mise en oeuvre des réformes adéquates.