Perspectives économiques au Congo

  • Dans un contexte international difficile, marqué par le net repli des cours du pétrole, la croissance a fléchi à -2.4 % en 2016 contre 2.6 % en 2015 et devrait atteindre 0.5 % en 2017. 
  • Bien que la pauvreté soit passée de 50.2 % à 37 % de la population entre 2005 et 2011, les performances sociales du Congo demeurent mitigées, avec des indicateurs sociaux en contradiction avec son statut de pays à revenu intermédiaire (PRI). 
  • Malgré un fort potentiel, le secteur industriel ne s’est pas développé pour devenir la force motrice de l’économie et de sa transformation structurelle. 

La baisse des cours mondiaux du pétrole a continué à fortement affecter l’économie congolaise en 2016. La croissance a été négative à -2.4 % contre 2.6 % en 2015. Cette récession s’explique par le contrechoc pétrolier, qui a entraîné une contraction des activités pétrolières et le ralentissement de la croissance du secteur non pétrolier, lui-même induit par la baisse des investissements publics. La forte dépendance au pétrole rend pressants les efforts nécessaires pour bâtir une économie plus diversifiée et résiliente. Le taux d’inflation, à 4.3 % en 2016, devrait rester légèrement supérieur au critère de convergence de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), fixé à 3 % en 2017-18. La baisse marquée des revenus du secteur pétrolier a entraîné un déficit de 15.9% du PIB en 2016, malgré un resserrement de la politique budgétaire, ainsi qu’un creusement du déficit du compte courant de la balance des paiements, passé de -20 % à -24.2 % du PIB entre 2015 et 2016.

La croissance devrait atteindre 0.5 % en 2017 et 3.3 % en 2018, soutenue par le rebond de la production pétrolière, grâce à l’entrée en activité de nouveaux puits, ainsi que l’augmentation des productions de ciment et agricole. Cependant, la volatilité des prix du pétrole, la réduction de la marge de manoeuvre du gouvernement pour soutenir la croissance et l’affaiblissement de la stabilité macroéconomique constituent autant de risques majeurs. La réalisation de ces perspectives dépendra aussi de la capacité à mettre en oeuvre un ajustement ordonné et suffisant pour une sortie de crise ainsi que de l’accélération du rythme des réformes structurelles pour la diversification de l’économie.

Malgré les progrès constatés au Congo, les indicateurs sociaux restent inférieurs à ceux d’autres pays africains ayant un niveau de revenu similaire. Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Congo occupe la 136e place sur 188 pays en 2016 avec un indice de développement humain (IDH) de 0.591, en légère hausse par rapport à 2015. La pauvreté est passée de 50.2 % en 2005 à 37 % en 2011, mais reste supérieure à la moyenne des PRI comparables. Avec un coefficient de Gini de 0.465 qui classe le pays 90e sur 105 au niveau mondial, l’inégalité et la répartition des revenus restent des défis majeurs. Par ailleurs, le chômage affecte une part importante de la population active, notamment 30 % des 15-29 ans et 19 % des femmes.

En dépit des efforts de la dernière décennie, l’industrialisation n’est pas encore effective. Malgré le contrechoc pétrolier, qui s’est traduit par une diminution du PIB pétrolier, l’or noir demeure le moteur de l’économie, à hauteur de 40 % du PIB, contre 7 % seulement pour le secteur secondaire. L’industrie congolaise reste très peu diversifiée, ses exportations se limitant à trois catégories de produits qui ne représentent que 6.5 % des exportations totales en 2016. Afin de favoriser le développement industriel et entrepreneurial, le pays s’est doté d’une politique ambitieuse de diversification et d’industrialisation, via le Programme national de développement (PND) 2012-16 et la lettre de politique d’industrialisation du Congo. Dans le cadre du PND, des programmes visent à promouvoir un environnement favorable à l’entrepreneuriat et l’investissement privé. Cependant, leurs résultats restent faibles. L’intensification des efforts du gouvernement sera essentielle pour accélérer la construction d’une économie diversifiée et plus résiliente.