Les Assemblées annuelles 2019 du Groupe de la Banque africaine de développement se tiendront du 11 au 14 juin 2019 à Malabo, en République de Guinée équatoriale. En savoir plus

Perspectives économiques au Congo

Performances macroéconomiques

La croissance du PIB réel était estimée à 2,0 %, après deux années successives de contraction du PIB réel en 2016 (–2,8 %) et 2017 (–3,1 %), ce qui est encourageant mais insuffisant pour réduire le taux de pauvreté de 40 %. La croissance est impulsée par la remontée des prix du pétrole et le relèvement de la production nationale d’hydrocarbures, grâce à de nouveaux investissements privés dans les champs pétroliers de Moho Nord et une hausse des exportations pétrolières. Le déficit budgétaire s’est rétréci (12,5 % du PIB en 2017 contre 4,8 % en 2018) grâce à une augmentation des recettes de 13 % et une diminution des dépenses de 24 % dans le cadre de la consolidation budgétaire engagées dans le cadre du programme régional CEMAC.

Dans le cadre de la stratégie régionale de la CEMAC lancée en 2017, le Congo a visé à remédier aux déséquilibres budgétaire et extérieur provenant de la chute des prix pétroliers en 2014. Ses efforts ont commencé à produire des résultats, mais des efforts supplémentaires restent nécessaires.

Le surendettement du pays suite aux récents investissements publics constaté reste préoccupant. L’encours total de la dette publique, d’environ 10,6 milliards USD à fin 2017, soit 118,5 % du PIB, a quasiment sextuplé par rapport à son niveau de 2010 (20 % du PIB). Malgré une baisse du taux d’endettement à 86 % due à la reprise de la croissance et l’augmentation des recettes budgétaires, une restructuration de la dette reste nécessaire pour en rétablir la soutenabilité à moyen terme.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

La relance de l’économie amorcée en 2018 devrait se renforcer en 2019 avec un taux de croissance de 3,7 %, grâce à une hausse de la production de pétrole et de la remontée des cours pétroliers mondiaux. La mise en production d’une nouvelle centrale a permis d’améliorer la production électrique et de rendre ainsi le secteur manufacturier plus compétitif. En outre, les réformes entreprises notamment pour améliorer le climat des affaires devraient attirer de nouveaux investissements. Cependant, une baisse de la production pétrolière due à l’épuisement de certains puits pourrait faire baisser la croissance de –0,1 % en 2020. L’inflation devrait rester maîtrisée en 2019 (1,6 %) et en 2020 (2 %) et les déficits du budget et de la balance courante devraient s’améliorer.

Trois risques pèsent sur ces projections : 1) une baisse des prix pétroliers pourrait accroître les pressions sur les comptes budgétaires et extérieurs ainsi que sur un secteur financier dépendant fortement des recettes pétrolières ; 2) L’augmentation du ratio des prêts improductifs ces deux dernières années due aux arriérés du gouvernement vis-àvis des fournisseurs privés doit être maîtrisée ; et 3) l’échec du processus Désarmement-Démobilisation-Réinsertion pourrait nuire à l’environnement politique et sécuritaire aujourd’hui apaisé.

À l’instar d’autres pays de la CEMAC, le Congo doit relever d’importants défis. Avec un secteur pétrolier représentant en 2017 55 % du PIB, 85 % des exportations et 80 % des ressources budgétaires, l’économie congolaise résiste mal à la chute des cours pétroliers. Sa nécessaire diversification requiert une amélioration du climat des affaires et de la gouvernance économique. Une amélioration de la gouvernance reste essentielle au rééquilibrage macroéconomique, à la viabilité des finances publiques et à la bonne gestion de la dette et des dépenses.

Profitant du boom pétrolier, le Congo a investi massivement dans le développement des infrastructures (transport et énergie) pour appuyer ses efforts de développement. Il dispose d’un potentiel agricole énorme pour la création d’activités à plus forte valeur ajoutée et d’emplois productifs. Le Congo dispose d’immenses potentialités en ressources naturelles dont les forêts et les mines

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