Perspectives économiques au Congo

Performance économique et perspectives

En raison de la baisse continue des cours du pétrole – le principal produit d’exportation du pays – et du manque de réactivité des secteurs non pétroliers, la croissance du PIB réel devrait diminuer de 4 %, après une contraction de 2,8 % en 2016. Exacerbée par la dépendance du pays vis-à-vis des revenus pétroliers, la baisse des cours mondiaux du pétrole continue de saper les efforts du Congo pour diversifier son économie et accroître sa résilience. Une reprise économique est projetée à 3,1 % pour 2018 et 2,1 % pour 2019. Elle s’appuiera sur l’augmentation de la production pétrolière résultant de la mise en production du champ pétrolier de Moho-Nord, représentant 19,3 % de la production nationale.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Les faibles perspectives de croissance et la baisse des recettes pétrolières continuent de peser sur le solde budgétaire. Les mesures de contrôle des dépenses publiques devraient toutefois avoir réussi à contenir le déficit budgétaire à 4,4 % du PIB en 2017, contre 12,9 % en 2016. Le solde budgétaire devrait redevenir positif avec 2,8 % du PIB projetés pour 2018 et 4,2 % pour 2019. La BEAC gère la politique monétaire depuis l’instauration de la parité fixe entre le franc CFA et l’euro. L’inflation est estimée à 1,6 % pour 2017, contre 3,6 % en 2016, plus que les 3 % autorisés dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. La dette publique extérieure congolaise, en particulier auprès des créanciers chinois, a atteint 110 % du PIB en 2016 et devrait encore augmenter. Elle accroît le risque de surendettement et menace sérieusement les plans de l’État pour renforcer la résilience. Le chômage reste un défi majeur : environ 30 % de la population active de 15 à 24 ans est sans emploi.

Facteurs positifs

Le Congo est toujours confronté aux faibles prix du pétrole et à l’absence de réformes structurelles stimulant son potentiel inexploité. Cette situation constitue toutefois une occasion d’entamer une diversification. Une relance de l’industrie et de la construction serait le principal moteur de la croissance. Outre ses abondantes ressources naturelles pétrolières, forestières et minérales, le Congo peut exploiter sa position stratégique en Afrique centrale et ses 170 km de littoral atlantique pour stimuler son économie. Les projets de réhabilitation et modernisation des trois aéroports internationaux congolais appuieront les investissements étrangers. Dans les transports, des progrès ont été réalisés sur les principaux corridors économiques, certaines autoroutes ont été modernisées et d’autres construites. Enfin, l’État a lancé d’ambitieuses réformes, telles que « La marche vers le développement », pour améliorer la qualité de la vie dans les cinq prochaines années.

Facteurs négatifs

Malgré des avancées importantes, le Congo reste en retard par rapport à d’autres pays africains ayant un niveau de développement similaire. Sa forte dépendance vis-à-vis des produits pétroliers exacerbe une position extérieure déjà fragile. Un coûteux environnement des affaires entrave la concurrence et l’investissement, décourageant les investisseurs potentiels. Le Congo est tombé de la 177e à la 179e place (sur 190 pays) dans le rapport Doing Business 2018 de la Banque mondiale. En 2016, l’Indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement classait le Congo 135e sur 188 pays, avec une note de 0,592. Le niveau de pauvreté, tombé de 50,2 % en 2005 à 36,9 % en 2011, reste l’un des plus élevés d’Afrique. Avec un coefficient de Gini de 0,489 en 2011, le Congo est le deuxième pays le plus inégalitaire de l’Afrique, après l’Afrique du Sud. La lente croissance économique dans les pays développés ou les autres partenaires économiques du Congo pourrait avoir un effet négatif sur la demande de produits d’exportation.