Perspectives économiques en Guinée Equatoriale

  • Le PIB réel s’est contracté de 8.2 % en 2016 et devrait de nouveau diminuer de 5.9 % en 2017. Cette récession est liée à une plus faible production dans les secteurs pétrolier et gazier.
  • Les importantes recettes tirées de l’exploitation des hydrocarbures ont permis de poursuivre en 2016 les grands changements structurels que connaît le pays depuis plus de 20 ans, tant sur le plan des infrastructures que du développement humain.
  • Un des défis majeurs pour stimuler l’entrepreneuriat est l’ouverture du marché, en particulier l’amélioration du climat des affaires et une meilleure intégration régionale.

En 2016, l’économie de la République de Guinée équatoriale (RGE) reste marquée par la prédominance des hydrocarbures, qui représentaient 85 % du produit intérieur brut (PIB) et plus de 94 % des exportations en 2015, selon le Fonds monétaire international (FMI). Les autres secteurs relativement importants sont la construction (7 % du PIB en 2015), l’agriculture, la foresterie et la pêche (2 % du PIB), ainsi que le commerce (1.6 %). Bien que ces secteurs progressent relativement par rapport au secteur des hydrocarbures, cette amélioration reste très marginale depuis 2013. La diversification économique, qui tarde à se matérialiser, demeure un objectif important pour la croissance et la stabilité économique du pays à moyen et long terme. Ces trois dernières années, la chute du prix du pétrole a affecté lourdement l’effort de développement du pays.

La chute des cours a des conséquences immédiates et durables sur le budget de la RGE, d’autant qu’elle s’accompagne d’un déclin de la production, estimé à 155 000 barils équivalent pétrole par jour en 2015, en baisse de près de 5 % en volume par an ces 10 dernières années. Cette chute des prix affecte également la structure de la balance des paiements, en raison de plus faibles recettes d’exportation. La baisse des recettes de l’État pèse directement sur le reste de l’économie, au vu de l’importance des commandes publiques dans la stimulation des secteurs hors hydrocarbure. Il est à noter que les dépenses d’investissements reflétées dans la Loi de finances 2015 (1 951 milliards de francs CFA) correspondent à 85 % des recettes prévues. La Loi de finances 2016, sur fonds de récession, indique que les autorités ont choisi de maintenir un fort niveau d’investissements, tout en préservant les grands équilibres.

Le secteur privé équato-guinéen ressemble à celui de beaucoup d’autres pays en développement, malgré des caractéristiques propres. Les grandes entreprises exploitent les matières premières et sont presque exclusivement étrangères. En face, se trouvent les petites entreprises locales, désavantagées par la faiblesse du climat des affaires. Le mouvement de réformes a été amorcé, mais le chantier avance lentement. La sortie de ce schéma grâce à la constitution d’une classe locale d’entrepreneurs nécessitera encore du temps et de l’engagement politique. C’est le défi à relever au cours des prochaines décennies. La Guinée équatoriale possède en effet d’importants atouts propices à l’entrepreneuriat et à l’industrialisation. Les infrastructures dont s’est doté le pays sont de classe mondiale, tant au niveau routier, portuaire que sur le plan de l’énergie. Un autre avantage majeur dans le développement de l’entrepreneuriat en Guinée équatoriale réside dans la diversité culturelle de sa population et le retour d’une diaspora bien formée et désireuse d’investir dans le pays. Cette frange de la population est formée essentiellement par des jeunes qui parlent plusieurs langues et qui représentent un atout propice à l’entrepreneuriat et à l’innovation, outils nécessaires à la relance de l’économie.