Perspectives économiques au Gabon

  • La croissance du PIB réel a diminué, passant de 4.0 % en 2015 à 2.9 % en 2016, principalement à cause des prix bas du pétrole. 
  • La diversification économique devrait tenir compte du chômage important, notamment chez les jeunes (46 % des moins de 25 ans sont sans emploi) et d’un taux de pauvreté de 4.3 %. 
  • Afin d’encourager l’entrepreneuriat et l’industrialisation, l’État met un accent particulier sur le développement de compétences professionnelles de la jeunesse. 

L’année 2016 a été difficile pour le Gabon en raison d’une conjoncture économique défavorable, liée à un prix du pétrole bas. Le baril de Brent a été en moyenne de 42.6 USD en 2016. Ce faible cours a eu un impact défavorable sur les recettes fiscales pétrolières, mais aussi sur les recettes fiscales des autres segments de l’économie. En effet, le programme d’investissement public, largement dépendant des recettes pétrolières, a un rôle moteur dans la diversification économique. Une plus faible commande publique a ainsi des effets négatifs sur l’exécution du Plan stratégique Gabon émergent (PSGE). L’élection présidentielle du 27 août 2016 a également suscité l’attentisme de certains opérateurs économiques. Cependant, certains relais de croissance s’affirment, comme le montre la croissance relative de l’agriculture dans la part du PIB. Ainsi, les perspectives récentes indiquent que le secteur hors pétrole connaît une plus forte croissance que les hydrocarbures. Cependant, les prévisions convergent vers un prix du baril ne dépassant pas 60 USD dans les prochaines années. La diversification économique sera donc d’autant plus cruciale pour asseoir la croissance.

Dans ce climat difficile, les autorités ont cependant continué la mise en place de réformes importantes pour assainir les finances publiques, stimuler l’économie et assurer les prestations sociales prévues dans le cadre de la stratégie d’investissement humain. Les efforts principaux ont porté sur la maîtrise de la masse salariale, la rationalisation des dépenses de fonctionnement, et des arbitrages budgétaires importants, préservant ainsi les dépenses sociales et les dépenses d’investissement publics. Par ailleurs, la quasi-totalité des subventions publiques au prix de l’essence à la pompe a été éliminée en début 2016. Les investissements publics ont porté pour une grande part sur l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football de janvier et février 2017, qui devrait stimuler la croissance économique. Cependant, la priorité à court et moyen termes sera l’apurement d’arriérés intérieurs envers le secteur privé, estimés à 600 milliards XAF (Franc CFA BEAC), qui handicapent la croissance et la diversification économique. Ainsi, le Gabon a exprimé son intérêt à renforcer sa coopération avec le Fonds monétaire international (FMI) à partir de 2017.

L’entrepreneuriat et en particulier celui des jeunes et des femmes, est un secteur qui peine à se développer en raison, notamment, de : i) la faible culture entrepreneuriale (les jeunes porteurs de projets étant confrontés à un environnement socio-économique qui ne favorise pas l’esprit d’entrepreneuriat) ; ii) la difficulté d’accéder aux services financiers adéquats et à long terme ; et iii) le manque de main-d’oeuvre qualifiée pour la gestion de l’entreprise. Conscientes de ces défis, les autorités gabonaises ont fixé une feuille de route pour l’émergence et la diversification économique, appelée le PSGE. L’un des objectifs est de réduire progressivement la dépendance envers les ressources pétrolières, notamment à travers la diversification de l’économie gabonaise. Un autre objectif à très court terme est d’accroître la part de l’agriculture dans la richesse nationale. Par ailleurs, bien que le Gabon soit engagé dans un ambitieux programme de réformes pour faire face à la baisse des cours du pétrole, des actions importantes sont encore nécessaires en vue de promouvoir une croissance inclusive, la transformation structurelle et la diversification économique.