Perspectives économiques à Madagascar

  • L’économie a progressé de 4.0 % en 2016 et devrait s’élever à 4.5 % en 2017, après cinq années de faible croissance. 
  • Cette perspective suppose cependant un environnement politique stable et la mise en oeuvre des réformes structurelles. 
  • Pour rattraper son retard en matière d’industrialisation et favoriser une croissance inclusive, Madagascar doit mener à bien sa stratégie de développement des zones économiques spéciales (ZES) tout en aidant les très petites entreprises à se transformer avec l’aide d’un secteur financier adapté aux besoins des «jeunes pousses».

Les perspectives économiques sont favorables, avec une croissance de 4.0 % en 2016 projetée à 4.5 % en 2017, axée sur la filière bois, l’agro-industrie, le bâtiment et les travaux publics, le tourisme et l’agriculture.

La performance de l’économie dépendra à terme des efforts de stabilisation du cadre macroéconomique, d’une amélioration de l’environnement des affaires pour attirer l’investissement privé, et du renforcement de la gouvernance, notamment de la Société nationale d’eau et d’électricité (Jirama – Jiro sy rano malagasy). Les perspectives économiques sont également subordonnées à la capacité des autorités et des acteurs à promouvoir un environnement politique apaisé favorisant la stabilité. Les autres risques de moyen terme sont les chocs climatiques récurrents (sécheresse au sud de l’île, inondations au nord). L’inflation devrait se maintenir à 7.0 % en moyenne annuelle à condition que les cours pétroliers se maintiennent sur le marché international et que le nouveau statut de la Banque centrale lui permette de renforcer son indépendance en matière de politique monétaire et d’orientation financière.

Le contexte social reste marqué par la pauvreté, la malnutrition et les inégalités croissantes, ellesmêmes attisées par une croissance démographique de 2.8 % par an. La population est relativement jeune, avec 76.2 % de moins de 35 ans. Le marché du travail est dominé par le sous-emploi et la précarité de l’emploi. Quatre travailleurs sur cinq ont un emploi fragile (faiblement rémunéré, ou/et précaire), alors que 400 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail.

Avec une part de 14.8 % dans le PIB, l’industrie malgache est très en retard au regard de nombreux pays africains. Cependant, le pays regorge d’entreprises de très petite taille, dont la majorité évolue dans le secteur informel. Pour répondre aux défis d’une transformation structurelle de l’économie propice à une croissance économique plus inclusive, le pays a besoin de combiner sa politique de développement des zones économiques spéciales (ZES) avec une politique de promotion de l’entrepreneuriat, notamment auprès des jeunes. Une telle approche suppose un cadre institutionnel et réglementaire propice au développement des entreprises de très petite taille, et, d’autre part, la mise en place d’un éventail d’incitations susceptibles d’améliorer leur productivité. Parmi ces incitations, il paraît crucial d’instaurer des services financiers accessibles et adaptés. Et pour intégrer les synergies entre entrepreneuriat et industrialisation, il faudra accentuer les politiques de soutien à l’innovation, notamment en créant des services financiers adaptés aux besoins des jeunes pousses (start-up).