Les Assemblées annuelles 2018 du Groupe de la Banque africaine de développement se tiendront du 21 au 25 mai 2018 à Busan, en Corée. En savoir plus

Perspectives économiques au Burundi

Performance économique et perspectives

La croissance économique burundaise reste sévèrement affectée par la grave crise politique que traverse le pays depuis 2015, comme le montre le taux de croissance du PIB réel par habitant de -1,6 % en 2016. Avec son cortège d’évènements défavorables, tels que la suspension des aides financières des principaux bailleurs de fonds, l’assèchement des réserves de change, l’inflation des prix des produits d’importation et la baisse des investissements, cette crise a plongé le pays dans un état de fragilité économique, que reflète le taux de croissance toujours négatif en 2017 (-1,3 %). L’économie fortement dépendante du secteur agricole devrait rester en récession (de -0,3 %) jusqu’en 2018, avant de redevenir positive en 2019 (1 %).

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

La suspension des aides extérieures continue d’affecter la situation budgétaire en 2017, avec un déficit estimé à 8,2 % du PIB, malgré une augmentation de la taxation des produits de base. Il devrait encore se détériorer à court terme (projeté à -8,9 % en 2018 et -9,1 % en 2019). De son côté, le déficit du compte courant (-11,6 % du PIB en 2017) reflète à la fois les restrictions imposées aux exportations (café et thé) et l’insuffisance des réserves de change. Bien que légèrement en baisse, il devrait rester élevé en 2018 (-10,4 %) et 2019 (-9,3 %). En plus de ces facteurs défavorables, la tendance fortement baissière du franc burundais devrait contribuer à alourdir la pression déjà forte pesant sur les prix à la consommation, avec une inflation passant de 14,6 % en 2017 à 15,7 % en 2019. L’endettement intérieur devrait demeurer élevé tandis que la dette extérieure resterait relativement stable. La dette publique globale devrait, elle, grimper à 67,8 % du PIB en 2018 et 72,1 % en 2019.

Facteurs positifs

Le Burundi a fait des progrès dans l’amélioration de son système éducatif de base et s’apprête à lancer une vaste réforme visant à rallonger le cycle primaire, comme prévu dans les objectifs de développement du millénaire. Elle devrait contribuer, à moyen ou long terme, à renforcer le capital humain. Le pays pourrait également profiter de la timide envolée des cours du thé et du café, qui constituent à eux seuls plus de 80 % de ses recettes d’exportations. L’annulation, en 2009, de 75 % de la dette publique extérieure du pays au titre de l’initiative des pays pauvres très endettés (PPTE) devrait également continuer à porter ses fruits en stabilisant l’endettement extérieur. Enfin, bien que de plus en plus isolé sur la scène politique internationale, le Burundi devrait continuer à tirer parti de son intégration économique à la Communauté de l’Afrique de l’Est ainsi qu’à l’Union africaine.

Facteurs négatifs

La crise sociopolitique et sécuritaire que traverse le Burundi est de nature à peser négativement et lourdement sur l’économie et le climat des affaires, comme l’illustre le rapport Doing Business 2018 de la Banque mondiale, qui classe le pays en 164e position sur 190 pays, un recul de 7 places par rapport à 2016. La baisse des aides et financements extérieurs dont dépend fortement l’économie burundaise devrait également affecter négativement la situation budgétaire. Par ricochet, cela devrait peser sur le financement des grands investissements publics avec, à la clé, un ralentissement de la croissance. Enfin, la forte dépendance de l’économie à l’égard du secteur agricole (représentant plus d’un tiers du PIB), des exportations de produits de base, et des importations de combustibles et produits alimentaires rend le pays extrêmement vulnérable aux chocs extérieurs, comme en témoigne l’impact sévère des aléas climatiques et des mesures commerciales restrictives sur les recettes d’exportations et la balance commerciale