Perspectives économiques aux Comores

  • La croissance économique s’est élevée à 2.1 % en 2016, en raison d’une crise de l’électricité persistante, mais les efforts du nouveau gouvernement pour la résoudre et assainir les finances publiques laissent présager d’une croissance de 3.4 % en 2017 et 4.1 % en 2018. 
  • Les élections de 2016 ont débouché sur une alternance politique, avec l’élection d’un nouveau président et des gouverneurs des trois îles de l’archipel, tous issus de l’opposition.
  • Avec une base économique très étroite et une prédominance du secteur informel, les Comores restent faiblement industrialisées (10 % du PIB) et envisagent de se doter d’une stratégie en ce sens, dans un cadre régional. 

L’année 2016 a été marquée par une légère reprise de la croissance à 2.1 % (un niveau inférieur à la croissance démographique, 2.4 %), contre 1 % en 2015. La croissance attendue serait de 3.4 % en 2017 et 4.1 % en 2018, en raison des efforts faits par le nouveau gouvernement pour résoudre la crise d’électricité et améliorer la gestion des finances publiques. Le secteur de l’électricité a été érigé en priorité en juin 2016, et la capacité de production de la société nationale d’eau et électricité (Mamwe) renforcée. Le secteur industriel, principal moteur de la croissance, est suivi par les services et l’agriculture. Parmi les sous-secteurs les plus dynamiques figurent la pêche, l’énergie, les technologies de l’information et de la communication (TIC), ainsi que les autres services. Avec l’arrivée du deuxième opérateur téléphonique (Telma) en décembre 2016, et surtout la volonté du gouvernement de résoudre définitivement la crise d’électricité avec l’inauguration officielle d’une nouvelle centrale électrique en février 2017, les perspectives économiques pour 2017 et 2018 s’annoncent bonnes.

Par ailleurs, depuis sa prise de fonction en juin 2016, le nouveau gouvernement a montré sa détermination à assainir les finances publiques, en prenant des mesures rigoureuses pour réduire les effectifs de la fonction publique et mieux mobiliser les ressources fiscales intérieures en vue de financer la politique d’investissements publics. Dans la Loi de finances 2017, le gouvernement entend doubler le taux de pression fiscale à 22.1 % contre 11.1 % en 2016. Les dépenses d’investissement sont évaluées à 33.02 % du PIB en 2017 contre 14.6 % en 2015. Pour rappel, les difficultés budgétaires de ces dernières années se sont traduites par une contraction du Programme d’investissements publics (PIP), passé de 26 % à 14.6 % du PIB entre 2012 et 2015.

Le tissu industriel reste embryonnaire (moins de 10 % du PIB). Les autorités ont lancé en 2013 une stratégie visant à améliorer l’environnement des affaires, en renforçant les droits et recours des investisseurs et des créanciers, en instaurant un dialogue public-privé structuré, et en formant les entrepreneurs aux logiciels de gestion Business Edge. En dépit de ces efforts, le faible niveau des investissements et initiatives d’entrepreneuriat viables indique que de nombreux autres obstacles demeurent, notamment institutionnels. S’y ajoutent le coût élevé des facteurs de production, le difficile accès aux marchés, la faible gouvernance économique et le rôle de l’État dans l’activité économique.

Conscient du rôle du secteur privé dans la création d’emplois et la croissance inclusive, le gouvernement poursuit ses efforts dans l’amélioration de l’environnement des affaires, afin de promouvoir la transformation structurelle et la diversification de l’économie.