Perspectives économiques aux Comores

Performance économique et perspectives

Les perspectives des Comores, un État fragile, se sont améliorées avec la fin de la crise de l’électricité qui a sévi en 2014 et 2015. La croissance devrait passer de 2,8 % en 2016 à 3,4 % en 2017, et s’établir à 3,7 % en 2018 et 4,1 % en 2019. Elle repose sur un vaste programme d’investissements publics (routes, hôpital national) et privés (tourisme et hôtellerie). La régularisation des salaires des fonctionnaires entraînera une relance de la consommation privée, également soutenue par les envois de fonds de la diaspora. Du côté de l’offre, les perspectives de croissance reposent sur une reprise nette dans les secteurs primaires et moindre dans les services. Du côté de la demande, la consommation finale est le principal moteur de la croissance. Toutefois, avec une pression fiscale supérieure à 10 % la situation budgétaire demeure très fragile.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Élu en mai 2016, le Gouvernement a hérité d’une situa tion budgétaire difficile, en l’absence de programme de coopération avec le Fonds monétaire international depuis décembre 2015. Le budget 2017 a été jugé trop ambitieux. La pression fiscale devrait, en effet, passer de 13 % du PIB en 2016 à 22,3 % en 2017, et les dépenses d’investissement à 29,8 % du PIB en 2017 contre 10,7 % en 2016. L’inflation reste maitrisée à moins de 3 %, grâce à la gestion prudente de la Banque centrale. Le solde commercial devrait légèrement se dégrader en raison de la reprise économique, mais cette tendance sera amortie par les importants envois de fonds de la diaspora (en moyenne 25 % du PIB). Le risque d’endettement des Comores est considéré comme « modéré » dans le dernier cadre d’analyse de la viabilité de la dette du Fonds monétaire international (2014), qui intègre désormais les envois de fonds de la diaspora.

Facteurs positifs

Grâce à l’achat de nouvelles centrales, la production électrique a repris et dynamise des pans entiers de l’économie (tourisme, hôtellerie, commerce et distribution de produits alimentaires frais, etc.). Un deuxième facteur important est la hausse des prix internationaux des principaux produits d’exportation du pays, en particulier la vanille (variété bourbon), dont le prix au kilo est passé de 60 dollars EU en 2014 à 400–500 dollars EU en 2017. Contrairement à Madagascar, le principal exportateur mondial, les Comores, qui viennent en deuxième position, ont augmenté leur production. Celle-ci devrait passer de 23 tonnes à 90 tonnes en 3 ans. La vanille représente 80 % des exportations et occupe 45 % de la population active. Le troisième facteur positif est l’amélioration des relations diplomatiques avec l’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe, qui  se traduit par d’importantes aides budgétaires et extrabudgétaires, en appui à la politique d’investissements publics, notamment les routes Moroni-aéroport et Ouani-Bambao.

Facteurs négatifs

Le climat politique actuel constitue un gros risque pour l’économie comorienne. Le pays pourrait renouer avec l’instabilité politique et institutionnelle en raison de la tentative des nouvelles autorités pour remettre en cause le principe constitutionnel de présidence tournante entre les trois principales îles du pays, qui depuis 2001, garantit une stabilité institutionnelle et assure une alternance pacifique du pouvoir. Depuis l’éclatement de la coalition Juwa-CRC qui a porté le président au pouvoir, les Comores connaissent une cohabitation entre l’exécutif et le législatif. Le passage des lois au Parlement n’est assuré que grâce au soutien de l’ex-majorité battue aux dernières élections. Un autre facteur tout aussi important est le coût élevé de l’électricité, maintenu grâce aux importantes subventions du carburant allouées aux deux entreprises publiques d’électricité MAMWE et EDA. Elles absorbent d’importantes ressources budgétaires et créent en permanence des tensions de trésorerie pour l’État. Enfin, le pays reste confronté à un taux de fécondité élevé et au poids important du secteur informel dans l’économie.