Perspectives économiques au Djibouti

Performance économique et perspectives

Ces dernières années, la croissance a affiché des taux supérieurs à 5 % et devrait se maintenir avec 6,8 % estimés pour 2017, et 6,9 % projetés pour 2018 et 2019. Elle est tirée par l’investissement continu dans les infrastructures, en particulier portuaires, justifié par le transit des marchandises avec l’Éthiopie. L’objectif à long terme de l’État est de faire de Djibouti un pays émergent à l’horizon 2035, et à court terme de relever le défi de l’accélération de la croissance et de la promotion de l’emploi. Les contraintes structurelles d’approvisionnement énergétique et hydrique sont l’un des grands défis de l’économie djiboutienne. Il est atténué par les raccordements électriques avec l’Éthiopie. L’économie du pays présente un double visage : d’une part, un secteur moderne, basé sur  les revenus des ports et des bases militaires louées par des contingents étrangers, et de l’autre, un large secteur informel.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Le déficit budgétaire, déjà en forte hausse (de 5,9 % du PIB en 2013 à 15,7 % en 2015) s’est creusé à 18,2 % en 2016. Il devrait toutefois redescendre à -15,5 % en 2017. Entre décembre 2015 et juin 2016, la masse monétaire a augmenté de 2,6 %. La parité entre le franc de Djibouti et le dollar EU est fixée à 177,7 depuis l’indépendance en 1973. L’inflation était de 3 % en 2014 et de 3,1 % en 2015 et est projetée à 2,3 % en 2018. L’endettement du pays reste critique. La dette est passée de 52,5 % du PIB en 2014 et 65,7 % en 2015, à 78,3 % en 2016 et devrait dépasser 79 % en 2017. Malgré l’embellie économique, l’extrême pauvreté et le chômage restent endémiques. Ce dernier affecte plus de 48 % des actifs, surtout les jeunes et les femmes, et la première n’a pas régressé depuis 2002 et touche environ 23 % d’une population inférieure à 1 million d’habitants.

Facteurs positifs

Djibouti mise sur le développement de ses infrastructures, notamment portuaires, pour promouvoir une croissance rapide et réduire la pauvreté. Le programme d’infrastructures financé, ces dernières années, par un afflux massif d’investissements directs étrangers reste concentré sur les ports, les routes et l’hôtellerie. La construction de voies ferrées et de nouveaux ports et terminaux spécialisés le long des côtes consolidera l’intégration régionale du pays, en renforçant son rôle de plateforme de commerce et de services pour les États de la sous-région. Le modèle de croissance et de développement du pays est concentré sur le transport et les services connexes, reposant sur l’exploitation de la position géostratégique du pays dans le golfe d’Aden, au carrefour de corridors maritimes commerciaux importants pour l’acheminement de biens et de pétrole.

Facteurs négatifs

La croissance et la diversification économique restent freinées, entre autres, par la faible qualité des infrastructures économiques, le coût élevé des services, et les faibles capacités institutionnelles. Des tensions sociales sont causées par un chômage élevé, affectant près de 48 % des actifs, les jeunes et les femmes en particulier, et par un niveau de pauvreté extrême, inchangé depuis 2002 à environ 23 % de la population. Djibouti est confronté à une faible diversification économique et une exposition relativement forte aux chocs environnementaux. De manière générale, le pays pâtit de la faible efficacité et de la médiocre qualité de ses services publics, en dépit des pratiques modernes récemment introduites en matière de gestion administrative. L’endettement croissant du pays pourrait ralentir ses efforts de développement. L’indice de gouvernance politique s’est globalement dégradé ces dernières années.