Perspectives économiques au Djibouti

  • Tirée par de grands projets d’investissement, la croissance s’est maintenue à 6.3 % en 2016, et devrait atteindre 6.7 % en 2017 et 6.8 % en 2018.
  • Après s’être creusé au cours de deux années consécutives, le déficit budgétaire s’est amélioré en 2016, mais le niveau d’endettement du pays demeure critique, avec une économie de services centrée sur les transports.
  • La faible densité du tissu économique et sa faible diversification appellent à une transformation structurelle de l’économie en vue de permettre au pays de réaliser son potentiel.

L’économie de la République de Djibouti connaît depuis quelques années une expansion continue avec des taux de croissance supérieurs à 5 %. Cette embellie est pour l’essentiel à mettre à l’actif des projets d’investissement en infrastructures ferroviaires, portuaires (port multi-usages de Doraleh, port de Tadjourah) et hydroélectriques. Dans les années à venir, le gouvernement entend poursuivre son ambitieux programme d’infrastructures, soutenu par des investissements étrangers, notamment en provenance de la Chine. Les entreprises chinoises sont engagées dans le lancement d’une importante zone franche industrielle et commerciale, mais également dans l’exploitation des ressources naturelles (poisson, sel, énergie), et enfin le développement du tourisme. Ces investissements pourront à l’avenir modifier la structure de l’économie, qui reste axée sur les services, notamment les transports et services connexes, en raison de la position géostratégique du pays dans le Golfe d’Aden, au carrefour de corridors maritimes importants pour l’acheminement de biens et de pétrole. Le gouvernement souhaite renforcer cet atout par rapport aux pays riverains en transformant le pays en plateforme et hub régional pour les services logistiques, commerciaux, et financiers.

Tirée par ces grands projets d’investissement, la croissance des dernières années, 6.3 % en 2016 contre 6.5 % en 2015, va se poursuivre avec des projections de 6.7 % en 2017 et 6.8 % en 2018. Malgré cette embellie, l’extrême pauvreté et le chômage restent endémiques. Le chômage affecte plus de 48 % des actifs, tandis que la pauvreté extrême, qui n’a pas régressé depuis 2002, touche environ 23 % d’une population de moins de
1 million d’habitants. De plus, l’endettement devient de plus en plus critique. Les nombreux investissements publics en infrastructures sont financés en partie par des emprunts non concessionnels importants. Le niveau d’endettement s’est aggravé, atteignant 79.6 % du PIB en 2016 et devrait dépasser 81.5 % en 2017, plaçant le pays en risque élevé de surendettement.

Pour amorcer la transformation structurelle de l’économie et propulser l’entrepreneuriat, le gouvernement a adopté, en mars 2014, un nouveau cadre de référence qui définit un cap sur le long terme pour le pays : la Vision Djibouti 2035. En outre, le gouvernement a lancé en 2015 un nouveau document de stratégie quinquennale, la Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi (Scape), première déclinaison à moyen terme de la Vision Djibouti 2035. L’objectif à long terme est de faire passer Djibouti au statut de pays émergent à l’horizon 2035, et à court terme d’accélérer la croissance et promouvoir l’emploi.