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Perspectives économiques en Érythrée

Performances macroéconomiques et perspectives

La croissance du PIB réel a chuté à 3,1 % en 2019 (estimation) en raison de la faiblesse de la demande domestique finale d’investissements et d’exportations. Du côté de l’offre, les secteurs minier et agricole sont restés les principaux contributeurs à la croissance du PIB réel. Du côté de la demande, les investissements publics dans les infrastructures, notamment dans les secteurs de l’énergie, des routes et de l’irrigation, soutiennent la croissance. L’économie a connu une chute persistante des prix à la consommation pendant trois années consécutives (2017– 2019), soit une baisse de 13,3 % en 2017, de 14,4 % en 2018 et d’environ 27,6 % en 2019. La déflation est structurellement alimentée par le bas niveau des prix des biens de consommation importés, soutenu par le commerce de contrebande et un taux de change surévalué (de 14,9 % en termes réels).

Le solde budgétaire est estimé à 0,6 % du PIB en 2019, contre 10,9 % en 2018, et le crédit intérieur devrait croître de 1,4 %. Avec une dette totale de 248,9 % du PIB en 2019, l’Érythrée est déjà exposée à un risque élevé de surendettement, ce qui réduit sa capacité d’endettement. Si la majeure partie de cette dette est domestique, la dette extérieure est estimée à 64,4 % du PIB.

L’excédent de la balance courante est tombé à 11,3 % du PIB en 2019, en raison principalement d’une baisse des exportations nettes. En 2019, les réserves internationales brutes couvraient selon les estimations 3,1 mois d’importations, contre 2,7 mois en 2018, mais elles sont loin d’être suffisantes pour résister aux chocs extérieurs.

Facteurs favorables et défavorables

Les perspectives économiques sont positives, avec une croissance du PIB réel qui devrait atteindre 3,9 % en 2020 et 4,0 % en 2021. La croissance du revenu par habitant devrait passer de 1,8 % en 2019 à 2,6 % en 2021. Cette perspective s’appuie sur la levée des sanctions de l’ONU, les dividendes tirés de la poursuite de l’Accord de paix et d’amitié de septembre 2019 avec l’Éthiopie et la cessation des hostilités avec Djibouti. Cela a ouvert la voie au retour de différentes organisations internationales qui appuieront divers secteurs de l’économie. Les perspectives macroéconomiques du pays semblent positives, en particulier concernant la possibilité d’engager des réformes financières.

Les principales opportunités se trouvent dans le secteur minier, le tourisme et l’agriculture. L’augmentation des investissements dans le cuivre, le zinc et la potasse de Colluli devrait stimuler la croissance du secteur minier. La Société financière africaine et l’Afreximbank financeront conjointement la production de potasse. Des investisseurs provenant d’Italie et de la diaspora érythréenne ont exprimé leur intérêt pour le développement des îles et des côtes, ce qui stimulerait le tourisme. Dans le secteur agricole, les investissements des partenaires de développement vont principalement dans l’irrigation, le microcrédit et les moyens de subsistance alternatifs. L’Initiative pour la Corne de l’Afrique se concentre sur les infrastructures et le développement humain en tant que moteurs de croissance. Le surendettement pourrait entraîner une baisse de la note souveraine et à une augmentation des écarts de taux d’intérêt, ce qui limiterait la croissance. Étant donné la prédominance des entreprises d’État et leur dépendance à l’égard des financements publics, les retombées sur ces entreprises de l’empreinte de la dette souveraine pourraient réduire la production.

La dépendance à l’égard des exportations d’or et de zinc et des matières premières agricoles rend le pays vulnérable aux chocs extérieurs. La demande d’exportations de produits de base d’Érythrée pourrait être réduite par la faible croissance de l’économie mondiale, en particulier celle des principaux partenaires commerciaux en Europe et en Extrême-Orient. La vulnérabilité aux chocs climatiques et le retard de la transformation du secteur agricole ont réduit la productivité agricole. Compte tenu de la taille et de l’importance de ce secteur pour la sécurité alimentaire et l’emploi, une productivité plus faible pourrait limiter la contribution potentielle de l’agriculture (actuellement 20 % du PIB).

Les contraintes liées à la création d’une entreprise, au traitement des permis de construire, à l’enregistrement des propriétés, à l’accès à l’électricité, à l’obtention de crédits et à la protection des investisseurs minoritaires augmentent les coûts de financement et réduisent le retour sur investissement. L’inadéquation des compétences, le mauvais état des routes, la faiblesse du financement intérieur et l’insuffisance des technologies de l’information et des communications réduisent également le rendement des investissements et la croissance prévue. Les pouvoirs publics s’attaquent à l’inadéquation des compétences en renforçant les capacités et en élaborant des programmes appropriés pour l’enseignement et la formation techniques et professionnels. L’Érythrée affiche toujours un indicateur du développement humain faible, se classant au 182e rang sur 189 pays.

Source: African Economic Outlook (AEO) 2020