Perspectives économiques en Ethiopie

  • La croissance du PIB réel s’est infléchie à 8.0 % en 2015/161, contre 10.4 % pour l’exercice précédent, et elle devrait se maintenir à 8.1 % en 2016/17 et 2017/18. 
  • Des manifestations de protestation contre la marginalisation politique et économique ont secoué les régions d’Oromia et d’Amhara en 2016. En octobre 2016, les autorités ont déclaré l’état d’urgence pour une durée de six mois et adopté une panoplie de mesures pour ramener le calme. 
  • Les plans nationaux de développement de l’Éthiopie mettent au premier plan la promotion d’une industrialisation tirée par les exportations, et misent en particulier sur l’industrie légère. La contribution du secteur industriel au PIB, à l’emploi et aux exportations est cependant encore faible. 

La croissance du PIB réel a été de 8.0 % en 2015/16, marquant un ralentissement par rapport à 2014/15 (10.4 %). Les principaux moteurs de la croissance ont été les secteurs des services et de l’industrie. La croissance du secteur agricole a été compromise par la sécheresse due au phénomène El Niño. Pour 2016/17 et 2017/18, la croissance devrait être tirée par des investissements dans l’énergie et les infrastructures de transport, les réformes en cours pour stimuler l’industrialisation (notamment la création de parcs industriels), et une progression constante des services. L’agriculture devrait rebondir et croître à un rythme régulier.

L’inflation globale devrait se maintenir sous la barre des 10 % en 2016/17, conformément à l’objectif fixé par la Banque nationale d’Éthiopie (BNE) pour garantir la stabilité des prix. Les pressions inflationnistes devraient s’atténuer grâce à la stabilité des prix des produits alimentaires. Les investissements dans des infrastructures publiques à forte intensité d’importation devraient être poursuivis à court terme car le gouvernement soutient la mise en oeuvre de projets d’infrastructure dans les secteurs de l’énergie et des transports routiers afin d’améliorer l’environnement des affaires. Le déficit de la balance des opérations courantes devrait rester supérieur à 10 % à court terme, étant donné que les recettes d’exportation représentent encore seulement 30 % des importations. Les principaux risques viennent des incertitudes qui planent sur les cours internationaux des produits de base et de la faiblesse de la demande mondiale.

La Stratégie de développement industriel de 2004 sert de guide à l’Éthiopie pour concrétiser son ambition qui est de parvenir à une industrialisation fondée sur l’agriculture et orientée vers l’exportation. Cependant, la part du secteur industriel dans le PIB reste faible, à 12.2 % en moyenne entre 2006/07 et 2015/16. L’expansion de l’industrie a été tirée par la construction, alors que la contribution de l’industrie manufacturière au PIB reste modeste, à 5.4 % en 2015/16. Le deuxième Plan de croissance et de transformation pour la période 2015/16 – 2019/20 (GTP II) donne la priorité à l’industrialisation orientée vers l’exportation. L’approche prônée par le GTP II pour promouvoir l’industrialisation s’inscrit dans le droit fil de l’Initiative pour un développement industriel inclusif et durable (Inclusive and Sustainable Industriel Framework – ISID). L’Éthiopie, qui est un des trois pays pilotes de cette initiative, a élaboré un Programme de partenariat-pays (Programme for Country Partnership – PCP) en collaboration avec d’autres partenaires, dont l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), pour mettre en oeuvre l’ISID. La Stratégie de 2011 en faveur du développement des micro et petites entreprises a pour objet de renforcer le rôle des entrepreneurs d’Éthiopie dans l’industrialisation du pays. Elle est centrée sur l’amélioration de l’environnement des affaires, de l’accès au financement et des liens avec le marché. Des mesures visant à promouvoir le développement du secteur privé ont également été mises en oeuvre (privatisation d’entreprises publiques, réformes de la réglementation des affaires, développement des infrastructures, etc.).