Perspectives économiques au Kenya

Performance économique et perspectives

La croissance du PIB réel a atteint un solide 5,8 % en 2016, principalement grâce aux secteurs des services (66 %) et de l’industrie (19 %), avec une contribution de l’agriculture de 15 %, la plus faible de ces dernières années. Dans les services, la croissance a été menée par l’immobilier (12 %) et le transport et entreposage (10 %) ; dans l’industrie, elle a été tirée par la construction (8,2 %) et la fabrication (6,2 %). En 2017, la croissance du PIB réel devrait reculer à 5 % en raison de la faible croissance du crédit due au plafonnement des taux de prêt des banques commerciales, de la sécheresse, et de l’impasse politique prolongée qui a suivi l’élection présidentielle. L’économie est restée assez résiliente, avec une croissance de 4,8 %, où les services représentaient 82 % et l’industrie 17 %, avec une performance toujours médiocre de l’agriculture. La reprise devrait se maintenir avec une croissance du PIB projetée à 5,6 % en 2018 et à 6,2 % en 2019.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Les fondamentaux macroéconomiques globaux ont été stables en 2016. Les autorités ont poursuivi de prudentes politiques monétaire, fiscale et de change. La banque centrale a maintenu son taux directeur à 10 % pour stabiliser l’inflation à un taux à un chiffre (6,3 %). La politique budgétaire a été expansionniste et axée sur le financement de très grands projets d’infrastructure. Combiné à une moindre mobilisation des recettes, l’accroissement des dépenses publiques a creusé le déficit budgétaire à 8 % et augmenté à 54 % le ratio dette publique/PIB. Fin 2016, le risque de surendettement du pays a été classé comme faible. Le déficit de la balance des paiements s’était légèrement amélioré à 0,6 % du PIB pour l’année finissant en juin 2017, contre 1,7 % pour l’année précédente, grâce à l’amélioration des soldes des comptes courant, de capital et financier. Suite à quoi, la réserve de change a grimpé de 0,8 %, atteignant un nouveau sommet de 7,8 milliards de dollars EU en juin 2016. Cette augmentation ainsi que l’accord de précaution de 1,5 milliard de dollars EU conclu avec le Fonds monétaire international ont contribué à stabiliser le taux de change. Les perspectives pour 2017 sont mitigées. La sécheresse et la crise des élections présidentielles devraient affecter les résultats macroéconomiques. L’inflation devrait augmenter à 8,8 %, le déficit budgétaire rester à 7,8 % du PIB et celui du compte courant croître à 5,9 % du PIB. L’économie pourrait être plus solide à partir de 2018.

Facteurs positifs

L’économie du Kenya reste résiliente grâce à sa diversité, avec le secteur des services comme principal contributeur à la croissance du PIB. Le pays restant le principal centre régional pour les services de technologie de l’information et de la communication, financiers et de transport, cette situation devrait se maintenir. Les récents investissements dans le rail et la route et ceux prévus dans la deuxième piste de l’aéroport international Jomo Kenyatta sont des moteurs potentiels de croissance. La plupart des fondamentaux devant rester solides, la stabilité macroéconomique pourrait se maintenir. L’environnement des affaires s’est également amélioré ; le Kenya a gagné 12 places pour arriver en 80e position dans le rapport Doing Business 2018 de la Banque mondiale.

Facteurs négatifs

Une longue sécheresse (2016/2017) a négativement affecté la productivité agricole et entraîné une forte inflation des prix alimentaires. Les activités politiques prolongées et l’impasse des élections présidentielles ont nui à l’activité du secteur privé. Bien que pas réellement évalué, le plafonnement des taux d’intérêt pourrait avoir restreint l’expansion du crédit et ainsi réduit l’investissement du secteur privé. La poursuite des fortes dépenses publiques de consommation maintient le déficit budgétaire à près de 10 % du PIB, tandis que la maturité de la dette publique pourrait entraîner un surendettement.