Perspectives économiques en Somalie

  • Estimée à 3.7 % pour 2016, la croissance du PIB réel de la Somalie devrait, d’après les projections, régresser à environ 2.5 % en 2017, sous l’effet d’un recul de la production agricole, puis remonter autour de 3.5-4.5 % en 2018-19.
  • En matière de développement, les principaux défis auxquels le pays doit faire face dans l’immédiat sont la création d’emplois pour les jeunes, la prestation de services sociaux, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé, et la création de moyens d’existence durables.
  • L’entrepreneuriat privé est un des principaux atouts de la Somalie et le secteur privé est un partenaire majeur des acteurs du développement. 

Avec un secteur manufacturier et industriel quasiment inexistant, l’économie somalienne demeure fragile car elle repose essentiellement sur l’agriculture et l’élevage, les envois de fonds des travailleurs émigrés et les télécommunications. La petite industrie qui existait avant la guerre civile a totalement disparu et les machines ont été vendues à la ferraille. Les produits de l’agriculture et de l’élevage exportés ou consommés dans le pays ont une très faible valeur ajoutée. La dépendance à l’égard des matières premières, principale source de devises du pays, constitue une contrainte structurelle reflétant sa base économique étroite et sa vulnérabilité à la dynamique du marché, aux fluctuations des prix et aux chocs environnementaux.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel devrait régresser à environ 2.5 % en 2017, et l’inflation devrait ressortir à 1-2 %. Ce ralentissement résultera d’une baisse de la production agricole imputable à une saison des pluies inférieure à la normale. En revanche, les secteurs de la construction, des télécommunications et des services devraient continuer d’afficher une croissance satisfaisante. Le déficit du compte courant extérieur devrait rester élevé, mais il sera probablement comblé par les envois de fonds des travailleurs émigrés et par des subventions. Le taux de change du shilling somalien (SOS) par rapport à un dollar américain (USD) devrait rester dans la fourchette de 22 200 à 23 000, dans laquelle il se situe depuis janvier 2015. Le cadre budgétaire pour 2017 cible une situation à l’équilibre avec un déficit zéro, sur la base de projections réalistes et de nouvelles mesures concernant les recettes, ainsi que des dépenses prudentes.

Selon la Banque mondiale, les niveaux de pauvreté sont extrêmement élevés en Somalie où environ la moitié de la population (51.6 %) vit en dessous du seuil de pauvreté. Ce phénomène est aggravé par un État en déliquescence, l’insécurité généralisée et des catastrophes naturelles comme les inondations ou la sécheresse. Avec un revenu par habitant de 435 USD d’après les estimations de la Banque mondiale, la Somalie est la cinquième économie la plus pauvre du monde. Environ 70 % de la population (qui compte environ 12 millions d’habitants) a moins de 30 ans. Le taux de chômage des jeunes, estimé à 67 %, est un des plus élevés de la planète. Les jeunes n’ont guère de perspectives d’avenir, ce qui accroît leur vulnérabilité et peut les pousser à rejoindre des groupes militants ou à sombrer dans la délinquance.

La mise en oeuvre du nouveau Plan national de développement (PND) 2017-19 nécessite un environnement plus propice à un développement durable et des améliorations significatives de la situation politique, des conditions de sécurité et de la gouvernance du pays. Le PND reposera également sur un dialogue constant entre le gouvernement, les citoyens et le secteur privé.

Le secteur privé est un atout majeur de la Somalie, où les entrepreneurs locaux prospèrent dans une économie privée d’État et déchirée par les conflits. Les envois de fonds de la diaspora ont financé des investissements du secteur privé dans les domaines de l’élevage, du commerce, des services de transfert d’argent, des transports et des télécommunications. Comme indiqué dans le PND 2017-19, le gouvernement fédéral cherche à renforcer l’économie nationale en instaurant les cadres réglementaires nécessaires pour soutenir l’entrepreneuriat et un secteur privé dynamique.