Les Assemblées annuelles 2019 du Groupe de la Banque africaine de développement se tiendront du 11 au 14 juin 2019 à Malabo, en République de Guinée équatoriale. En savoir plus

Perspectives économiques en Somalie

Performances macroéconomiques

La croissance du PIB réel était estimée à 2,9 % en 2018. Les contributeurs à l’offre étaient principalement l’agriculture, l’élevage, les services financiers et les télécommunications. La consommation publique et privée a largement contribué à la demande, représentant environ 83 % du PIB. Le déficit de la balance courante a pesé sur la croissance, car il a atteint 7,2 % en 2018, sous l’effet de la hausse des importations de biens de consommation et d’équipement, en particulier de denrées alimentaires, due aux sécheresses persistantes, à la hausse des prix du pétrole, et l’interdiction par l’Arabie saoudite d’importer du bétail somalien à la suite de l’épidémie de fièvre de la vallée du Rift.

Le budget est resté équilibré en 2018 grâce à une meilleure collecte des recettes nationales et à une gestion efficace des dépenses publiques. La Somalie est en surendettement, avec une dette à 65 % du PIB en 2017. La politique monétaire a stagné et les interventions sur les marchés des changes sont interrompues. L’inflation s’est limitée à quelque 5,1 % en 2018, en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires consécutive à des conditions météorologiques défavorables.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

La croissance du PIB réel devrait atteindre 3,5 % en 2019 et 2020. Le règlement de la situation de la dette d’ici 2019- 2020, subordonné aux résultats du Programme de surveillance des équipes du FMI, pourrait également permettre de rétablir la confiance des investisseurs.

Les risques de détérioration incluent un ralentissement de la croissance agricole causé par les inondations de mai 2018, l’insécurité persistante et les chocs climatiques dus à l’agriculture pluviale et au commerce de bétail.

Les principaux défis sont les suivants : contraintes liées aux infrastructures, faiblesse des institutions et capacités de l’État, et des systèmes de gestion des finances publiques, insécurité persistante, résilience limitée aux extrêmes environnementaux et importants arriérés envers les institutions financières internationales. La Somalie ne dispose pas d’infrastructures nécessaires à la fourniture des services de base : sécurité, santé, eau, éducation, énergie et transports. En effet, beaucoup ont été endommagées et détruites par les conflits. La guerre civile a également dévasté les institutions et la capacité de gouvernance. Le système de gestion des finances publiques est toujours confronté à des problèmes de transparence, de capacité et de légitimité, ce qui a retardé l’amorce et la mise en oeuvre des projets. La Somalie reste fragile en raison de l’absence de mécanismes répressifs efficaces, d’un taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes, et des incursions des insurgés du groupe Al-Shabaab et de ISIS, entre autres. Les inondations et les sécheresses ont anéanti beaucoup de progrès sociaux et développementaux. De plus, les faibles capacités institutionnelles et humaines du pays empêchent un allégement rapide de la dette par les institutions financières internationales.

Les principales opportunités incluent les forces suivantes : secteur privé dynamique, diaspora disposée à investir, intégration régionale, substitution des importations et promotion des exportations, industries agricole, agroalimentaire et halieutique naissantes, et jeunesse de la population.

La Somalie dispose d’entrepreneurs qui ont pu s’épanouir dans cet État déchiré par les conflits, et sa diaspora reste déterminée à investir dans la reconstruction économique et sociale. Elle pourrait également devenir un pôle économique régional grâce à son emplacement géographique stratégique et à son littoral, le plus long d’Afrique. L’immense déficit commercial du pays offre aux Somaliens l’occasion de produire pour les marchés nationaux et internationaux et de réduire leur dépendance à l’égard des importations. Le pays est également doté d’un énorme potentiel de production et de transformation de produits issus de l’agriculture et de l’aquaculture. Plus de 70 % de la population ont moins de 30 ans, et s’ils sont bien gérés, et se traduiront en un dividende démographique.

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