Vous êtes ici

Perspectives économiques au Sud-Soudan

Performances macroéconomiques

Selon les estimations, le PIB réel s’est contracté de 3,8 % en 2018 (estimation) contre 6,3 % en 2017, appuyée par un léger redressement des cours mondiaux du pétrole. Concernant l’offre, le secteur pétrolier est toujours le principal facteur de croissance, et représentait environ 70 % du PIB en 2017, suivi de l’agriculture (10 %), de l’industrie manufacturière (7 %) et des services (6,1 %). Concernant la demande, la consommation publique a été le principal contributeur, après la hausse de 56 % des salaires de la fonction publique en 2017. La balance courante, avec un déficit de 12,7 % du PIB en 2018, a freiné la croissance. Les principaux facteurs de baisse du PIB sont les suivants : augmentation de l’impôt sur le revenu, inflation élevée, conflits internes, interruptions de la production pétrolière, chute des prix du pétrole et faible production agricole.

Le déficit budgétaire était estimé à 1,5 % du PIB en 2018, contre un excédent de 5,8 % en 2017. Une analyse récente de la soutenabilité de la dette place le Sud-Soudan si dans la catégorie des pays en surendettement, la dette publique totale étant estimée à 48,5 % du PIB en 2018 et la dette extérieure publique à 32,6 % du PIB. L’inflation est restée élevée, à environ 104,1 % en 2018, principalement en raison d’une croissance incontrôlée de la base monétaire. La livre sud-soudanaise s’est encore dépréciée en 2018 et l’économie souffrait toujours de graves pénuries de devises, alimentant un marché parallèle actif.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

Selon les estimations, le PIB réel devrait se contracter encore de 2,6 % en 2019 et de 2,5 % en 2020. L’amélioration des perspectives de croissance est principalement due à des augmentations prévues des cours mondiaux du pétrole et de la production pétrolière. La signature de l’accord de paix en juin 2018 et l’ouverture de quatre points de passage frontaliers avec le Soudan sont des opportunités vitales de relance économique. La vulnérabilité de l’agriculture au changement climatique, la forte volatilité des prix du pétrole et les actuels conflits dans les États du Nil Bleu, du Darfour et du Sud-Kordofan sont les risques majeurs auxquels le pays est confronté.

Parmi les principaux défis, relevons les suivants : persistance des menaces internes et externes contre la paix, sécurité et stabilité, région pétrolière contestée d’Abyei, faibles capacités institutionnelles et humaines, étroite base économique et infrastructures délabrées. La paix, la sécurité et la stabilité sont les défis les plus pressants. Les limites territoriales d’Abyei restent contestées et pourraient relancer les hostilités entre les populations affectées de part et d’autre de la frontière, avec de terribles conséquences sociales, sécuritaires et économiques. Les institutions et les ressources humaines restent faibles, car le pays a cruellement besoin d’un soutien massif à tous les niveaux en matière de services d’éducation financière et technique. La lourde dépendance au secteur pétrolier est une source de fragilité économique et de vulnérabilité et souligne le besoin urgent de diversifier l’économie. De plus, les décennies de guerre civile ont détruit les infrastructures de base du pays et une grande partie de ses capacités de production.

L’abondance des ressources naturelles du pays, ses potentiels sites hydroélectriques et son intégration régionale comptent parmi ses principales opportunités. Le Sud-Soudan est doté d’abondantes ressources naturelles, dont une grande quantité de terres agricoles pluviales fertiles et potentiellement irrigables, de ressources aquatiques et forestières et de ressources minérales, notamment le pétrole. Plusieurs sites hydroélectriques potentiels sur le Nil Blanc pourraient également fournir jusqu’à 3 000 M W et satisfaire les besoins du pays en matière de sécurité énergétique. En outre, l’intégration régionale peut être un moteur majeur de développement économique, notamment sous la forme d’investissements et d’importations en provenance de pays voisins et de blocs régionaux, et peut également créer un marché porteur pour diversifier l’économie.