Perspectives économiques au Sud-Soudan

  • Les performances macroéconomiques ont continué de se détériorer en raison de la situation fragile du pays et du niveau encore faible des cours mondiaux du pétrole, alors que la croissance a reculé de 0.2 % en 2015 et que les déficits du budget et de la balance courante se sont fortement creusés.
  • Le 14 décembre 2016, le président a annoncé le lancement d’une initiative de dialogue national dans le but de protéger le peuple du Soudan du Sud et de préserver son unité en mettant fin à ses souffrances, en relançant l’économie et en mettant au premier plan la construction de l’État et de la Nation.
  • Le Soudan du Sud n’a pas d’expérience assez large et significative du développement du secteur privé sur laquelle s’appuyer pour promouvoir une culture de l’entrepreneuriat.

Les performances économiques ont continué de se détériorer en raison de la guerre civile, de la forte chute de la production pétrolière et de l’effondrement des cours mondiaux du pétrole. Il s’ensuit que le gouvernement n’est pas en mesure de lever les ressources indispensables au financement des dépenses liées à la consolidation de la paix. En effet, même le financement du budget ordinaire 2015/16, tel qu’approuvé par l’assemblée, représente un défi considérable. Le Soudan du Sud est le pays le plus dépendant du pétrole au monde ; un produit qui représente la quasi-totalité de ses exportations, environ 60 % de son produit intérieur brut (PIB) et plus de 95 % des recettes publiques durant les exercices financiers précédents. Les cours mondiaux du pétrole se sont effondrés, tombant de 110 USD en 2014 à 30 USD pour ensuite remonter à environ 50 USD le baril début 2017. En 2015/16, les recettes pétrolières nettes devraient atteindre à peine 17 % de celles de l’exercice précédent, ce qui a eu un impact négatif sur les performances économiques. La croissance du PIB réel a reculé de 0.2 % en 2015. Le déficit budgétaire et le déficit de la balance courante se sont considérablement creusés, sous l’effet d’une forte chute des réserves de devises, d’une augmentation de l’endettement intérieur et extérieur, de la dépréciation du taux de change parallèle de la monnaie nationale et d’une inflation galopante des prix à la consommation. Le PIB était en chute libre (-13.1 %) en 2016. Les perspectives économiques restent sombres et elles dépendront du succès de la mise en oeuvre de l’accord de paix, d’une remontée significative des cours mondiaux du pétrole et de la mise en oeuvre des mesures économiques et budgétaires annoncées en septembre 2016.

Le 14 décembre 2016, le président Salva Kiir a annoncé le lancement d’une initiative de dialogue national dans le but de protéger et de préserver l’unité du peuple du Soudan du Sud, de mettre fin à ses souffrances, de relancer l’économie et de mettre au premier plan la construction de l’État et de la Nation. Ce dialogue est à la fois un processus et une tribune à travers laquelle le peuple du Soudan du Sud est censé redéfinir les fondements de son unité nationale, mieux cerner les questions de citoyenneté et d’appartenance, contribuer à la restructuration de l’État et renégocier le contrat social, et ranimer ses aspirations au développement en lien avec son nouveau statut de nation. Le dialogue national n’est pas contraire aux dispositions de l’Accord pour le règlement du conflit en République du Soudan du Sud. La situation politique reste tendue. En août 2015, les parties au conflit civil du Soudan du Sud ont signé un accord de paix, négocié sous les auspices de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD). Une étape clé de cet accord de paix a été la formation d’un gouvernement d’unité nationale, enfin annoncée le 29 avril 2016. Le 7 juillet de la même année, de nouveaux combats ont cependant éclaté entre l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS) et l’Armée populaire de libération du Soudan dans l’opposition (APLS-DO), ce qui a ouvert la voie à une nouvelle vague de violences. Depuis, il règne un calme précaire dans le pays.

La situation humanitaire globale continue de se détériorer de façon alarmante. En novembre 2016, l’effectif de déplacés internes était encore estimé à 1.67 million de personnes, alors que plus d’un million de personnes avaient trouvé refuge dans des pays voisins et que 201 997 cherchaient refuge auprès des Nations unies. D’après un rapport des Nations Unies, de nombreuses régions sont au bord de la famine, en particulier certaines zones de l’État d’Unité. On estime que 4 .8 millions de personnes sont au stade « crise » ou « urgence » sur l’échelle de de l’insécurité alimentaire. Or, la crise alimentaire et les déplacements de populations ne peuvent que s’aggraver si l’insécurité persiste.