Perspectives économiques au Sud-Soudan

Performance économique et perspectives

Le Sud-Soudan est le pays du monde le plus dépendant du pétrole : celui-ci représente la majeure partie de ses exportations, environ 60 % du PIB, et plus de 95 % des recettes de l’État. La performance économique a été affectée par les turbulences mondiales et la fragilité du pays. La baisse combinée des cours et de la production du pétrole, consécutive au déclenchement de la guerre civile a sérieusement réduit la croissance. Par rapport aux 5,3 % de 2015 et aux 13,1 % de 2016, la contraction du PIB réel devrait diminuer à 6,1 % en 2017.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Depuis 2013, la chute des prix du pétrole et la maigre production pétrolière ont réduit le pourcentage des recettes budgétaires par rapport au PIB, entraînant une sérieuse diminution des réserves de devises et une accélération de l’inflation. En 2016, le déficit budgétaire était de 25,2 % du PIB ; s’il est de nouveau financé par des emprunts de la Banque centrale ou par l’accumulation d’arriérés, il continuera à alimenter une dépréciation de la monnaie et une forte inflation. La dette publique brute est passée de zéro en 2011 à 15,5 % du PIB en 2017. Depuis le passage à un régime de change flottant en décembre 2015, la livre sud-soudanaise s’est considérablement dépréciée par rapport au dollar EU. Le chômage et le sous-emploi des jeunes sont préoccupants ; plus de 50 % des jeunes sont sous-employés et seuls 12 % de la main-d’œuvre travaillent dans le secteur formel.

Facteurs positifs

En août 2015, un accord de paix a été signé sous l’égide de l’Autorité intergouvernementale pour le développement. Sa mise en œuvre mettra le pays sur la voie d’une reprise et d’un développement économiques. Ses abondantes ressources naturelles comprennent des terres agricoles fertiles potentiellement
irrigables, des ressources aquatiques et forestières, et des ressources minérales. Elles sont susceptibles de tirer un agenda de développement économique durable. Bien que 70 % des terres soient cultivables, seuls 4,5 % sont exploités. Le manque d’investissement dans les technologies et les intrants agricoles à haut rendement est le principal obstacle à l’accroissement de la productivité agricole. En raison de son enclavement, le Soudan du Sud s’est engagé dans l’intégration régionale en rejoignant la plupart des organisations régionales. L’adhésion à ces organisations devrait faciliter le redressement et rapidement produire des avantages une fois la stabilité restaurée. La remontée des prix pétroliers fournira des ressources fiscales supplémentaires pour atténuer les contraintes budgétaires, à condition que les capacités institutionnelles et humaines soient renforcées dans la gestion des finances publiques.

Facteurs négatifs

Les perspectives économiques restent sombres en raison des fragilités politiques, sociales et économiques non résolues et des turbulences mondiales persistantes. La guerre civile  a entraîné une grave crise humanitaire et sociale et détourné les ressources des besoins de développement. En septembre 2017, environ 2 millions de personnes étaient toujours déplacées à l’intérieur du pays, plus de 1,8 million avait fui vers les pays voisins et 213 000 cherché refuge auprès des Nations Unies. Environ 6 millions de personnes ont été confrontées à une insécurité alimentaire grave. Étant donné la dépendance excessive du pays vis-à-vis des exportations de pétrole brut, de légers changements dans la production, les prix ou la demande du pétrole peuvent rapidement entraîner des chocs économiques massifs. La longue guerre civile a laissé au pays des infrastructures extrêmement sous-développées et un capital humain limité, deux éléments essentiels pour une croissance économique et un développement durables. Selon le rapport Doing Business 2018 de la Banque mondiale, les environnements des affaires et de l’investissement sud-soudanais sont parmi les plus contraints du monde.