Perspectives économiques au Soudan

  • La croissance économique devrait ralentir en 2016 pour atteindre 3.0 % en raison de la baisse de la production pétrolière et des déséquilibres macroéconomiques. Elle devrait monter à 3.4 % en 2017 et 3.6 % en 2018, suite à une meilleure performance dans le secteur non pétrolier et à la levée temporaire des sanctions américaines.
  • Les efforts déployés par les pouvoirs publics pour élargir l’espace démocratique à travers le dialogue national sont de bon augure pour les performances économiques et la stabilité politique.
  • La proportion d’entrepreneurs soudanais en dehors du secteur agricole est assez importante, mais en raison du nombre limité de programmes en faveur de l’entrepreneuriat, du manque de formations techniques et d’un environnement des affaires difficile, une stratégie nationale cohérente est nécessaire pour stimuler et exploiter l’énergie et le talent des entrepreneurs, et promouvoir une croissance inclusive.

La croissance économique du Soudan a été freinée par un certain nombre de facteurs, dont l’effondrement des relations de correspondance bancaire pendant la période 2014-16, la baisse des recettes pétrolières résultant de la chute des prix à l’exportation, le vieillissement des champs pétrolifères et la diminution des droits de transit payés par le Soudan du Sud pour l’acheminement du pétrole. La croissance du produit intérieur brut (PIB) est estimée à 3.0 % en 2016, contre 4.9 % l’année précédente, mais elle devrait remonter à 3.4 % en 2017 et à 3.6 %, en 2018. À court et moyen termes, la croissance dépendra de l’évolution des secteurs de l’agriculture et des minéraux, du développement des compétences, et de la mise en oeuvre de politiques macroéconomiques prudentes et de réformes structurelles visant à améliorer le climat des affaires. La guerre civile qui continue de sévir dans certaines régions du pays et les faibles cours mondiaux des produits de base exportés représentent des risques majeurs.

Les déséquilibres macroéconomiques, qui ont creusé de 2 points de pourcentage le déficit budgétaire en 2016, continuent de freiner la croissance. Bien que le déficit de la balance des opérations courantes se soit réduit de 1.1 point de pourcentage en 2016, il sera plus important en 2017 (4.9 % du PIB selon les prévisions) et devrait continuer de se creuser pour atteindre 5.6 % en 2018. Combler le déficit budgétaire et celui de la balance des opérations courantes est une priorité absolue pour le gouvernement, compte tenu en particulier des faibles recettes fiscales, de la diminution des recettes issues de l’exportation du pétrole et des difficultés à obtenir des financements à des conditions de faveur. Cependant, la levée partielle et conditionnelle des sanctions commerciales des États-Unis début 2017 devrait favoriser la stabilité économique et stimuler l’investissement direct étranger (IDE) et les envois de fonds des travailleurs émigrés dans les pays du Golfe, au profit des plus vulnérables.

Sur la période 2009-11, la proportion d’entrepreneurs soudanais en dehors du secteur agricole a reculé de 56.8 % à 47.3 %, tandis que celle des entrepreneurs urbains progressait de 46.3 % à 49.8 % et que celle des femmes entrepreneures passait de 14.9 % à 17.3 %. Il faut donc améliorer l’environnement des affaires, d’autant que l’indice global du Soudan sur le score de la distance de la frontière de la Banque mondiale s’est dégradé, tombant de 49.3 en 2009 à 44.8 en 2017. D’une manière générale, l’entrepreneuriat n’est pas encouragé dans le pays comme débouché professionnel, en témoignent l’absence de plan national pour développer l’entrepreneuriat et le petit nombre d’établissements secondaires d’enseignement technique (98) par rapport aux établissements secondaires d’enseignement général (3 128).