Perspectives économiques au Soudan

Performance économique et perspectives

Entre 2011 et 2016, la croissance du PIB réel était en moyenne de 3,3 %, contre 7,1 % sur 2000–2010, et elle est estimée à 3,5 % pour 2017, suite à la baisse de la demande intérieure causée par la suppression des subventions de l’énergie ainsi qu’à la diminution des importations résultant de la dépréciation du taux de change et des sanctions des États-Unis, définitivement révoquées en octobre 2017. En 2018/2019, elle est projetée à 3,7 % en moyenne, grâce à la consommation privée et publique et aux réformes induites par la levée des sanctions. L’impact immédiat des réformes freinera la croissance, qui devrait reprendre à moyen terme avec l’accroissement de l’offre intérieure et des exportations.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Malgré des pertes de recettes en 2017, les dépenses publiques sont restées constantes ; le déficit budgétaire devrait croître à 2,4 % du PIB, contre 1,8 % en 2016, mais selon le Fonds monétaire international, il serait en réalité plus important (7,7 %), car les subventions liées aux taux de change officiels ne sont comptabilisées que dans le bilan de la Banque centrale. La politique monétaire reste expansionniste pour répondre aux besoins croissants de financement du budget. Combinée aux prêts à l’agriculture, l’augmentation des achats d’or par la Banque centrale (représentant 39 % des exportations) a étendu la réserve monétaire de 27,5 % à la fin 2016 à 52 % en juin 2017. L’inflation est montée en flèche de 17,2 % en septembre 2016 à 35,1 % en septembre 2017. Le compte courant a rétréci, reflétant la baisse des importations. La dette extérieure publique, principalement constituée d’arriérés, reste élevée et non soutenable.

Facteurs positifs

L’arrêt définitif, le 6 octobre 2017, de vingt années de sanctions économiques devrait renforcer la compétitivité et stimuler la croissance économique. L’unification du taux de change devrait accroître les recettes de 5,2 % du PIB sur l’exercice, offrant au pays une plus vaste marge de manœuvre pour les dépenses sociales et d’investissement. Elle améliorera également les exportations d’or. Une mise en œuvre rigoureuse du taux de change et les réformes des impôts et des subventions prévues pour 2018 permettront une diversification vers l’agriculture et l’industrie manufacturière. En améliorant les services portuaires, la réhabilitation des corridors commerciaux transfrontaliers fournira au Soudan une base solide pour la mise en œuvre des accords bilatéraux signés en 2016 avec le Tchad, l’Égypte et l’Éthiopie pour stimuler le commerce et la coopération régionale, et incluant des questions de sécurité. Le Gouvernement de consensus national formé en mai 2017 poursuit les négociations avec les États-Unis pour obtenir la suppression du Soudan de la liste des soutiens du terrorisme, capitale pour le très nécessaire allègement de la dette pour le pays pauvres très endettés.

En septembre 2017, les États-Unis ont retiré le Soudan de la liste des pays dont les citoyens sont soumis à des restrictions de voyage et ont définitivement levé les sanctions contre lui un mois plus tard. Ce développement positif offre au pays une occasion de s’intégrer dans l’économie mondiale et de stimuler la croissance économique grâce au commerce et à des flux financiers sans entraves.

Facteurs négatifs

Le règlement définitif des conflits au Darfour, dans le Nil bleu et au Kordofan du Sud est important pour les profondes réformes macroéconomiques et structurelles requises pour un développement durable du pays. Malgré les réformes du taux de change et des subventions, fondamentales pour la stabilité macroéconomique, l’inflation pourrait significativement augmenter, nécessitant des mesures pour améliorer l’offre et protéger les pauvres. La refonte de l’environnement des affaires reste un défi. Durant la première moitié de 2017, l’investissement direct étranger a chuté à 4,8 milliards de dollars EU contre 5,8 milliards, un an plus tôt. Perdant deux places, le Soudan est 170e sur 190 pays dans le rapport Doing Business 2018 de la Banque mondiale, en raison de faiblesses majeures dans la protection des investisseurs minoritaires, l’accès au crédit, et le commerce transfrontalier. Son score pour l’indice de développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement était de 0,490 en 2016 (moins que la moyenne de 0,497 du groupe des pays à faible développement humain), suggérant que des efforts accrus sont nécessaires pour améliorer les capacités institutionnelles et réduire les inégalités.

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