Perspectives économiques en Tanzanie

  • La croissance du PIB réel est estimée à 7.2 % en 2016 avec le même taux prévu pour 2017, principalement grâce à de solides performances dans l’industrie, la construction, les services de l’information et les secteurs de la communication.
  • La situation budgétaire est restée saine et l’État poursuit ses efforts pour améliorer la mobilisation des recettes ainsi que l’efficacité des dépenses publiques, ce qui contribuera au maintien de ces bons résultats. 
  • Le niveau d’industrialisation de la Tanzanie est faible, mais les autorités ont affiché leur détermination à mener à bien leur programme de développement à moyen terme, qui a pour objectif principal d’encourager l’industrialisation afin que le pays réussisse sa transformation économique. 

Le taux de croissance de 7.0 % enregistré en 2014 s’est maintenu en 2015 et a même, selon les estimations, progressé en 2016 pour atteindre 7.2 %. Ce chiffre fait de la Tanzanie l’une des économies les plus performantes et les plus stables d’Afrique. Les principaux moteurs de croissance sont les secteurs des services, de l’industrie, de la construction, et de l’information et de la communication. L’aide extérieure a été l’une des principales sources de financement des projets de développement. À moyen terme, la croissance devrait rester solide grâce aux mêmes secteurs. La chute des cours internationaux du pétrole a eu des répercussions positives, faisant baisser le prix de l’essence et de l’huile industrielle à la pompe. Elle a également réduit le prix de l’électricité et ainsi stimulé la production industrielle.

La croissance devrait se maintenir autour de 7.0 % à moyen terme dans la mesure où les résultats des principaux secteurs devraient rester stables et être renforcés par l’accroissement des investissements publics dans les infrastructures. Grâce au gazoduc de Mtwara, achevé en 2015, le pays dispose de gaz pour la production d’électricité, ce qui permettra aux industries de bénéficier d’une alimentation électrique plus régulière et moins coûteuse.

En 2015, la Tanzanie a montré l’exemple enviable de démocratie avec des élections générales nationales pacifiques, qui ont placé Président John Magufuli à la tête du gouvernement actuel et renouvelé les membres du parlement national. Les pouvoirs publics ont lancé un programme de développement sur cinq ans qui a pour objectif d’industrialiser tout le pays d’ici à 2025. En matière de gouvernance la Tanzanie se classe en permanence dans la première moitié des pays d’Afrique. Les grandes forces du pays dans ce domaine sont la sûreté et l’État de droit, la sécurité nationale, la participation, ainsi que les droits de l’homme et l’égalité hommes-femmes. Ses points faibles concernent le développement humain (dans le domaine de la santé et de l’éducation) et l’infrastructure.

Sur le plan du développement humain, la Tanzanie se classe 151e sur 188 pays, avec un indice de développement humain (IDH) de 0.521 en 2014. Cette valeur reste peu élevée et place le pays dans la catégorie inférieure. Les disponibilités caloriques au sein des foyers ont peu progressé depuis 1997 et l’on estime que la malnutrition chronique est à l’origine de plus d’un décès sur trois chez les enfants de moins de cinq ans (Rapport sur le développement humain en Tanzanie, 2014). L’un des défis majeurs reste le secteur de l’éducation, qui souffre d’une faible qualité d’enseignement, d’un décrochage en hausse, ainsi que d’un manque de compétences et d’une baisse du moral et de la motivation chez les enseignants.

Après une longue période de stagnation, le taux de pauvreté a baissé, passant de 34.4 % en 2007 à 28.2 % en 2012. Le taux d’extrême pauvreté est lui passé de 11.7 % à 9.7 % (Enquête sur le budget des ménages, 2011/12). Le recul de la pauvreté est plus significatif si l’on se réfère au seuil international de pauvreté, qui est de 1.90 USD par personne et par jour. Sur cette base, le taux de pauvreté a reculé de 59.9 % à 48.8 % entre 2007 et 2012. Les bons résultats du pays en matière de croissance économique et de réduction de la pauvreté se sont accompagnés d’une baisse de l’inégalité : l’indice de Gini est passé de 0.39 à 0.36 entre 2007 et 2012. Les éléments réunis pour établir l’indicateur de prospérité partagée suggèrent que cette baisse de l’inégalité est principalement due à une augmentation plus importante de la consommation dans les quintiles inférieurs. L’État soutient les ménages défavorisés par le biais du Programme de protection sociale productive (PSSN) du Fonds d’action sociale de Tanzanie (TASAF), de transferts conditionnels de fonds et d’un programme de travaux publics. Ces programmes devraient contribuer à faire reculer la pauvreté à moyen terme.