Les Assemblées annuelles 2018 du Groupe de la Banque africaine de développement se tiendront du 21 au 25 mai 2018 à Busan, en Corée. En savoir plus

Perspectives économiques en Tanzanie

Performance économique et perspectives

La croissance du PIB réel a ralenti à la fin 2016, après s’être maintenue à minimum 7 % entre 2013 et 2016. Elle est estimée à 6,5 % pour 2017. La construction, les industries extractives, les transports et les communications ont été les moteurs de la croissance en 2017. La croissance devrait rester robuste à 6,7 % en 2018 et 6,9 % en 2019, une des meilleures performances d’Afrique de l’Est. Elle pourrait être soutenue par une diminution du déficit commercial, avec une baisse des importations supérieure au déclin des exportations. L’investissement public, notamment la mise en œuvre actuelle de grands projets d’infrastructure, devrait stimuler la croissance en 2017 et au-delà. Combinée à la paralysie du crédit au secteur privé, l’incertitude de l’environnement des affaires pourrait toutefois entraver l’investissement privé.

Indicateurs macroéconomiques – Évolution

Des recettes plus faibles que prévu ont accru le déficit budgétaire à des taux inattendus de 3,7 % du PIB en 2015 et 2,1 % en 2017. La dépense publique a été de 20,7 % inférieure à l’objectif, bien que de 8,4 % plus élevée que dans l’exercice précédent. Le déficit budgétaire devrait légèrement augmenter en 2018, à environ 4,4 % du PIB. Même si la dette publique est soutenable, le coût de son service a considérablement augmenté ces dernières années et pourrait réduire la marge de manœuvre budgétaire. En septembre 2017, l’inflation était contenue à 5,3 % et devrait se maintenir autour de 5 % jusqu’en 2019. La Banque de Tanzanie a assoupli sa politique monétaire en 2017 pour gérer les contraintes de liquidité et soutenir l’extension du crédit, après que la croissance du crédit au secteur privé ait chuté de 24,8 % en 2015 à 7,2 % en 2016, puis à 0,3 % en août 2017.

Facteurs positifs

La stabilité macroéconomique générale continue de soutenir la croissance. L’État a fait de considérables efforts pour contenir les dépenses courantes et inefficaces, notamment en réduisant les salaires du secteur public et les dépenses non prioritaires, tout en augmentant les dépenses de développement, en particulier dans l’infrastructure, afin de soutenir la croissance à moyen terme. Il a également redoublé d’efforts pour améliorer la gestion des recettes fiscales, en luttant contre la corruption et la fraude fiscale, dans le but d’accroître la marge de manœuvre budgétaire. La Banque de Tanzanie a également assoupli sa politique monétaire en 2017 pour soutenir l’extension du crédit, même si cela n’a pas encore compensé la diminution des prêts au secteur privé.

Facteurs négatifs

De forts risques de détérioration menacent l’économie tanzanienne. L’incertitude de l’environnement des affaires résultant de changements dans les politiques, les réglementations et l’administration fiscale pourrait peser sur la confiance du secteur privé et ralentir la croissance et l’investissement, notamment dans le secteur extractif. La croissance du crédit a stagné, tandis que les prêts non performants sont passés  à plus de 10 %, ce qui pourrait affecter encore davantage l’investissement privé. Bien que les dépenses publiques de développement aient considérablement augmenté au cours des deux dernières années, une mise en œuvre trop lente des projets publics d’infrastructure pourrait entraver la croissance. En outre, des projections de recettes trop optimistes dans les budgets nationaux pourraient accroître les arriérés déjà élevés et saper la crédibilité du budget. L’endettement actuel est jugé soutenable, mais des mesures efficaces visant à suivre en permanence les coûts du service de la dette et à assurer un financement approprié seront mises en place pour garantir la soutenabilité budgétaire à long terme.