Les Assemblées annuelles 2019 du Groupe de la Banque africaine de développement se tiendront du 11 au 14 juin 2019 à Malabo, en République de Guinée équatoriale. En savoir plus

Perspectives économiques en Tanzanie

Performances macroéconomiques

La croissance du PIB réel, 6,7 % en 2018 enregistre un ralentissement si par rapport à son niveau de 7,1 % en 2017. L’impulsion du côté de l’offre provient des secteurs des services avec une contribution au PIB de 39,3 %. Le principal contributeur du côté de la demande est la consommation privée avec 63,9 %. Le ralentissement de la croissance a été causé par le secteur extérieur et le déficit de la balance courante (malgré la dépréciation en termes réels du shilling tanzanien), et causé par un volume plus élevé des importations en 2018 qu’en 2017. Importations de matériel de transport, de construction, de matières premières industrielles et de produits pétroliers dans le cadre de grands projets d’investissement public, tels que le chemin de fer Standard Gauge Railway. En outre, le montant des importations s’est accru en raison de la hausse du prix de produits clés tels que le pétrole brut.

Le déficit budgétaire de la Tanzanie se creuse à environ –3,9 % en 2018 contre –1,2 en 2017 en raison d’une hausse des dépenses en capital sur des projets d’infrastructure. La dette publique augmente à environ 39,3 % en 2018 contre 38,2 % en 2017. En 2018, la dette extérieure représente environ 74,9 % de la dette publique totale et 34,5 % du PIB. Le risque de surendettement reste cependant faible, car la dette extérieure est essentiellement composée de prêts à conditions préférentielles.

La politique monétaire, plus favorable en 2018 qu’en 2017, a permis l’augmentation des liquidités internes et la réduction des taux appliqués aux emprunts, pour une offre de crédit privé accrue. L’inflation a ralenti en 2018, grâce au meilleur approvisionnement en produits alimentaires.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

Les perspectives à moyen terme sont positives, avec une croissance de 6,6 % en 2019 et en 2020, soutenue par d’importantes dépenses d’infrastructure. L’inflation devrait augmenter légèrement, de 4,8 % en 2018 à 5,2 % en 2019 et à 5,1 % en 2020, en raison de la hausse des dépenses publiques.

Cependant, plusieurs facteurs de risque sont présents : l’inquiétude croissante du secteur privé au sujet des incertitudes en matière de politique économique ; des arriérés intérieurs accrus risquant d’entraver l’assainissement budgétaire et de nuire au secteur privé.

La Tanzanie fait face à d’importants défis : la lenteur des progrès en matière de croissance inclusive ; les goulets d’étranglement en matière d’infrastructures ; la vulnérabilité au changement climatique. Malgré la forte croissance économique, la pauvreté et les inégalités de revenus demeurent élevées. Un des défis en termes de développement sur le plan social est le chômage des jeunes qui s’est accru de 7,3 % en 2016 contre 5,7 % en 2012. Les goulets d’étranglement sont particulièrement notables dans les secteurs des transports et de l’énergie. Les agriculteurs, dont les revenus dépendent de l’agriculture pluviale, sont exposés aux chocs de revenus. Enfin, les entreprises publiques, du fait de leur inefficacité, présentent un risque financier.

Cependant, plusieurs facteurs positifs favorisent les opportunités de développement : la paix et la stabilité politique ; l’abondance des ressources naturelles ; l’emplacement géographique stratégique du pays, et l’immense potentiel de développement touristique. En outre, l’Agence de traitement de la zone d’exportation, créée en 2008, a, pour accélérer les exportations de produits manufacturés et aider à la réalisation de la transformation structurelle du pays, déjà permis d’attirer près d’un milliard de dollars d’investissements directs étrangers et de relancer le secteur manufacturier, devenu l’un des plus dynamiques d’Afrique.

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