Perspectives économiques en Ouganda

  • La croissance de l’économie ougandaise a ralenti pour s’établir à 4.8 % en 2016 contre 5.5 % l’année précédente, mais devrait augmenter considérablement en 2017 à 5.1 % et 5.8 % en 2018. 
  • L’Ouganda n’a pas réussi à améliorer nettement ses indicateurs du développement humain. Le Plan national de développement (PND II) prévoit toutefois des investissements substantiels, susceptibles de faire progresser le développement du capital humain. 
  • Avec une part importante de sa population active (35.5 %) composée d’entrepreneurs, l’Ouganda est l’un des pays du monde où l’entrepreneuriat est le plus présent. Pourtant, il lui  manque une stratégie ou une politique spécifique pour apporter un réel appui à ces entrepreneurs. 

L’économie ougandaise se montre extrêmement résiliente. La croissance du produit intérieur brut (PIB) s’est établie à 4.8 % en 2016, contre 5.5 % en 2015. Selon les projections réalisées dans le cadre des Perspectives économiques en Afrique 2017, le PIB progressera de 5.1 % en 2017 et de 5.8 % en 2018. L’inflation non corrigée devrait légèrement s’accentuer, pour passer de 5.3 % en 2017 à 5.8 % en 2018, sous l’effet de la hausse des prix des denrées alimentaires imputable à des conditions météorologiques défavorables.

En 2016, afin d’appuyer sa gestion macroéconomique, le pays a continué à déployer de vastes programmes d’infrastructure, parallèlement à une politique budgétaire prudemment expansionniste et à une politique monétaire avisée afin de maintenir la stabilité des prix et du taux de change, ainsi que la soutenabilité de la dette. Il a essentiellement cherché à relever de 0.5 % par an le ratio recettes fiscales/PIB dans le but de stimuler la croissance. Cependant, des capacités institutionnelles toujours insuffisantes pour mettre en oeuvre les projets d’investissements publics empêchent la croissance du PIB d’atteindre tout son potentiel, en la maintenant en deçà de 7.0 %.

Le compte d’opérations courantes devrait se dégrader, pour passer de 6.5 % du PIB en 2015 à 8.4 % en 2016, et demeurer fragile, notamment en raison des importations de facteurs de production nécessaires aux grands projets d’infrastructure et d’une réduction de la demande mondiale d’exportations. Selon la Banque d’Ouganda, l’encours des réserves de change à la fin de 2016 équivalait à 4.3 mois d’importations.

Le déficit budgétaire du pays devrait se creuser légèrement, à 4.8 % du PIB en 2015/16, contre 4.3 % du PIB en 2014/15, et osciller entre 4.9 % et 5.0 % sur 2015-18. D’après la Banque d’Ouganda, les faibles niveaux d’absorption des dépenses de développement financées par des fonds extérieurs ont entraîné, sur l’exercice 2015/16, un déficit budgétaire sensiblement inférieur aux 7.0 % de PIB prévus dans le budget 2015/16. Le niveau d’absorption des aides publiques et prêts à l’appui de projets est faible, à respectivement 58 % et 73 % selon les estimations.

Dans le but d’accélérer la croissance et de la rendre plus inclusive, l’Ouganda a intégré l’industrialisation dans sa stratégie globale de développement sur la période couverte par le Plan national de développement NPD II. Le secteur industriel est émergent dans le pays. Durant l’exercice 2015/16, il a représenté environ 18.0 % du PIB. Sur la période 2011-15, il était encore largement dominé par l’activité manufacturière (47% du PIB sectoriel, en moyenne). Venaient ensuite la construction (37 %), l’électricité (6.0 %), l’eau (2.0 %) et les industries extractives (8.0 %). La part relative de l’industrie et de l’activité manufacturière n’a guère évolué au cours des dix dernières années. Une proportion importante de la population active est constituée d’entrepreneurs, principalement dans les services. Cependant, le pays n’a pas adopté de politique ou stratégie globale pour améliorer la croissance de l’entrepreneuriat. Il a intégré le développement de l’entrepreneuriat dans certaines de ses politiques et stratégies, telles que la politique relative aux microentreprises et petites et moyennes entreprises (MPME).