Perspectives économiques en Ouganda

Performances macroéconomiques

La croissance du PIB réel atteint 5,3 % en 2018 contre 5,0 % en 2017. Du côté de l’offre, elle est tirée par l’industrie (9,7 %), les services (8,2 %) et, plus modestement, l’agriculture (4,5 %). Du côté de la demande, la croissance a été principalement tirée par des investissements plus importants dans l’infrastructure publique. Cependant, la balance courante enregistre un déficit (–4,3 % en 2017 et –4,9 % en 2018) du fait de la hausse des importations de biens d’équipement.

En 2018, le déficit budgétaire se creuse, atteignant environ –4,7 %, en grande partie à cause des investissements continus dans les infrastructures publiques, financés par des emprunts auprès de sources extérieures et intérieures. Le ratio dette/PIB du pays est à 40,0 % en 2018, la dette extérieure en constituant 28,1 %. L’évaluation de soutenabilité de la dette 2017 a indiqué que l’Ouganda présente un faible risque de surendettement. L’inflation diminue à environ 3,2 % en 2018 contre 5,6 % en 2017 principalement grâce à la baisse de l’inflation alimentaire et à une politique monétaire prudente.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs

La croissance du PIB réel devrait légèrement augmenter et atteindre 5,5 % en 2019 et 5,7 % en 2020. Elle sera portée à court et moyen terme par : les investissements accrus dans l’infrastructure ; les investissements étrangers directs dans les sous-secteurs de l’exploitation minière et pétrolière ; et les réformes d’amélioration du climat des affaires. Selon les estimations, le déficit de la balance courante devrait se stabiliser à –4,9 % en 2019 puis se creuser à –5,4 % en 2020, et le déficit budgétaire, lui, devrait se réduire à –4,4 % en 2019 et –4,3 % en 2020. L’inflation globale devrait augmenter et atteindre 4,3 % en 2019 et 4,8 % en 2020.

Les facteurs de risque les conditions météorologiques défavorables, principalement du fait de la forte dépendance du pays à l’agriculture pluviale et les lenteurs dans l’exécution des projets d’infrastructures. Malgré les récents et importants investissements du gouvernement dans les infrastructures publiques, agricoles, de transport, d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’énergie, elles restent en quantité et en qualité insuffisantes pour répondre aux objectifs de transformation économique et de développement du pays. L’Ouganda est toujours confronté à des pénuries de main-d’oeuvre qualifiée, notamment dans les services et la manufacture. Dans le milieu des affaires, de pesantes réglementations pour l’enregistrement et l’obtention de licences commerciales ainsi que le lourd fardeau des impôts minent la compétitivité.

L’Ouganda continue de souffrir de faiblesses en matière de gestion et de gouvernance du secteur public. Si la crédibilité et les contrôles au niveau du budget s’améliorent, leur niveau reste faible. Les contrôles sur les engagements sont peu efficaces et contribuent à l’accumulation d’arriérés, tandis que l’inadéquation des contrôles de gestion financière a conduit à des erreurs d’enregistrement des dépenses. La gestion des investissements publics souffre d’un manque de capacités institutionnelles et humaines qui ont souvent pour résultat des retards dans les projets. Enfin, l’Ouganda est extrêmement vulnérable au changement climatique, particulièrement les sécheresses.

Cependant, l’agriculture reste une opportunité stratégique pour atteindre les objectifs de développement du gouvernement. L’Ouganda bénéficie également d’abondantes ressources naturelles, notamment de ressources en pétrole, en gaz et en minéraux, ainsi que d’un habitat naturel abritant une faune diversifiée qui pourrait soutenir l’industrie touristique. Le pays continue d’afficher une forte croissance économique et une grande stabilité des prix, grâce à la prudence de ses politiques macroéconomiques. Enfin, son emplacement stratégique le rend accessible aux marchés d’Afrique centrale et de l’Est, y compris les membres du Marché commun d’Afrique de l’Est et d’Afrique Australe. Le pays est donc une potentielle plaque tournante du transport, de la logistique et du transit du commerce régional.

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